« Prendre la parole »

Dans l’évangile de dimanche (Matthieu 16, 13-19), nous nous trouvons face à un dialogue d’amitié. Il y a déjà quelque temps que les disciples cheminent avec Jésus. Dans cette relation Jésus a le désir de savoir ce que les gens pensent de lui. Qui, mieux que ses apôtres, peuvent répondre à ses questions, eux qui partagent son quotidien.

La deuxième question de ce dialogue est plus personnel « et vous, que dites-vous ? »(v.15). Ici pas de dérobade possible, c’est à chacun de ses disciples de se situer. Pierre s’aventure, et c’est un cri du cœur : « Pour moi, tu es la Messie, le Fils du Dieu vivant » (v.16). Nous voici, devant une réponse étonnante. On l’aurait peut-être attendue de Jean, l’ami intime… mais c’est Pierre le pêcheur, celui qui aura peur au moment décisif de la vie de Jésus, qui rend ce témoignage. En réponse à sa déclaration de foi, Pierre en dépit de ses limites, recevra la charge de conduire l’Eglise naissante.

Mais en cette fête de Saints Pierre et Paul, nous ne pouvons pas laisser passer de côté l’expérience de Paul. En homme convaincu de la vérité de la loi et de sa tradition juive, il a commencé par refuser avec violence, l’annonce chrétienne. Mais après sa conversion, il a pris la parole pour proclamer son expérience du Ressuscité à temps et à contre temps.

L’expérience du Christ dans chaque vie est unique. Osons avoir une parole personnelle à partir notre relation avec le Christ ressuscité. Osons partager au tour de nous cette expérience pour nous aider à comprendre que le Christ vient à nous là où nous sommes et là où nous en sommes.

Aujourd’hui 6 frères dominicains vont recevoir le sacerdoce (Paul-Adrien, Jean-Dominique, Nicolas, Thomas-Marie) et le diaconat (Marie-Augustin et Laurent). Ils vont oser proclamer en Eglise et face au monde, qu’ils ont reconnu le Christ « messie » et que désormais, leur vie sera à sa suite. Prions pour eux, et avec Pierre et Paul, que notre expérience du « Messie, Fils du Dieu Vivant », nous comble de joie.

 

Sr Amanda Mancipe

 

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« Je suis le pain vivant ! »

Evangile selon Saint Jean 6,51-58

« Moi, je suis le pain vivant… », v.51

« Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ?» v.52

Juifs et hommes de notre temps s’interrogent. Oui ‘cette chair’, ce ‘pain vivant’ que nous devons manger pour VIVRE reste une énigme pour bon nombre de nos contemporains. Essayons de percer ce mystère de l’Eucharistie vécu, que dans la Foi.

Dans le Nouveau Testament, à Cana, le vin coule à flots…lors du dernier repas de Jésus, dans la Chambre Haute, après la bénédiction Il déclare : « Je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu’au jour ou je le boirai de nouveau, avec vous…  » Mt 26,29

Qu’est-ce à dire sinon que nous devons :

« Reconnaître dans le pain ce qui a été pendu à la croix et dans le calice ce qui a coulé du côté ouvert », dit St Augustin. Comme lui nous croyons que « nous sommes un seul pain, un seul corps, si nombreux que nous soyons ».

Belle fête à chacun (e), et osons dire dans l’Esprit: « Notre Père… donne-nous notre Pain de ce jour ».

Sr Françoise-Marie op

Françoise-Marie Béguin

 

 

 

 

Cette fois, c’est parti !

Bonjour à tous.

Avec le retour du temps ordinaire, notre blog démarre. Un des rendez vous régulier en sera le commentaire de l’évangile du dimanche par l’une de nous.

 

Il m’est donné de commenter ce somptueux passage de Jn 3,16-17 traduit ainsi par la Bible de Jérusalem :

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »

La vie éternelle n’est pas pour plus tard. Elle est donnée maintenant à qui croit que le Christ n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver. Lui est jugé par le monde. Lui prend la place des coupables et des maudits. Lui porte la malédiction, pour que nous en soyons délivrés. Il n’y a pas d’autre jugement que celui là.

Ce faisant, il reste avec nous, du côté des coupables, jusqu’à ce que nous puissions enfin croire à notre innocence première, à la beauté que nous sommes, quoi que nous ayons fait, qui que nous soyons. Croire cela, c’est découvrir que l’on porte en soi la vie éternelle, cette vie que la mort ne peut entamer. C’est d’ailleurs difficile à croire…

Mais Jésus le Christ y croit pour nous, lui qui trahi, disait pourtant à son Père en parlant des siens : ils ont gardé ta Parole, Ils ont cru que tu m’as envoyé. (Jn 17). Que craindre, si notre micro foi a pour socle la confiance que le Fils fonde en l’homme, chacun de nous, qu’il aime tant ?

Croire que Dieu croit en nous. En vivre. Annoncer que le Dieu des chrétiens n’est pas venu pour juger, mais sauver. Sauver de la peur, de la fatalité, de la désolation. Vaste programme.

Alors, on s’y met ?

Sr Anne Lécu o.p.

Soeur Anne Lécu