Pierre, m’aimes-tu ?

Nous avions demandé à notre soeur Andrée d’écrire un petit commentaire biblique pour le 27 juillet. Elle l’a écrit le 6 juillet. Nous ne savions pas qu’il serait publié après sa mort, survenue dans la nuit le vendredi 18 juillet. Nous remercions le Seigneur de nous l’avoir donnée pour soeur.

Soeur Andrée Paulet

En laissant résonner en moi ces jours-ci le passage d’Évangile de ce dimanche, et plus précisément les deux petites paraboles sur le trésor et la perle, me sont spontanément revenues à l’esprit les « courses au trésor » de notre enfance ou celles que nous avons lancées dans différents camps ou colonies de vacances : quelle ardeur ne mettions-nous pas dans la recherche de la piste qui menait au but !

Plus sérieusement, me sont revenus aussi ces mots de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Ma seule paix, mon seul bonheur, mon seul amour, c’est Toi, Seigneur ! ». Que n’a-t-elle pas laissé, abandonné, qui n’a-t-elle pas quitté, pour être pleinement donnée à son Seigneur … ! (cf. plus bas).

Mon frère Timonien, le Père Marcel, n’invitait-il pas les retraitantes de février à « tricoter » le Notre Père, alors, pour entendre pleinement le message d’un court extrait de l’Évangile, ne faut-il pas de même le tricoter avec l’ensemble de l’Évangile, et dans ses 4 versions ?

Ainsi, ces petites paraboles sont à rapprocher, me semble-t-il, de celles de la brebis ou de la drachme perdue, qui disent si bien la joie de la découverte. Allons comme Thérèse jusqu’à la découverte du SEUL trésor qui nous comblera le cœur, seul trésor digne de ce nom, sans nous laisser leurrer par de faux trésors qui n’apportent qu’un plaisir passager… « Là où est votre trésor, là sera votre cœur » (Mt 6.21) … c’est tout au long de la vie, jour après jour, que nous avons à découvrir sa valeur inestimable, et peu à peu le préférer vraiment à tout !

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » demandait Jésus à Pierre … Un jour, en moi, cette question est devenue : »m’aimes-tu plus que ceci ? », plus que …ce que tu es entrain de faire : travail, mots croisés, ouvrage, … ? Es-tu capable de t’arrêter pour me donner un peu de temps, gratuitement, simplement par amour pour moi ? Vaste et exigeante question ! Mais que dit le texte du jour ? … « Il va vendre TOUT ce qu’il possède, et il achète le champ (ou la perle) »

TOUT … Que l’Esprit Saint nous vienne en aide ! C’est tout au bout que nous connaîtrons vraiment la valeur du trésor.

Soeur Andrée Paulet

Jésus seul.

Composé par Ste Thérèse de Lisieux, pour une novice

 

Mon cœur ardent veut se donner sans cesse,
Il a besoin de prouver sa tendresse.
Ah !qui pourra comprendre mon amour ?
Quel cœur voudra me payer de retour ?
Mais, ce retour, en vain je le réclame ;
Jésus, toi seul peux contenter mon âme.
Rien ne saurait me charmer ici-bas;
Le vrai bonheur ne s’y rencontre pas.

 

Ma seule paix, mon seul bonheur,
Mon seul amour, c’est toi, Seigneur !

 

O toi qui sus créer le cœur des mères,
Je trouve en toi le plus tendre des pères.
Mon seul Amour, Jésus, Verbe éternel,
Pour moi, ton Cœur est plus que maternel !
A chaque instant, tu me suis, tu me gardes ;
Quand je t’appelle, ah ! jamais tu ne tardes.
Et si parfois tu sembles te cacher,
C’est toi qui viens m’aider à te chercher…

 

C’est à toi seul, Jésus, que je m’attache ;
C’est dans tes bras que j’accours et me cache.
Je veux t’aimer comme un petit enfant ;
Je veux lutter comme un guerrier vaillant.
Comme un enfant plein de délicatesses,
Je veux, Seigneur, te combler de caresses ;
Et, dans le champ de mon apostolat,
Comme un guerrier je m’élance au combat !

 

Ton Cœur, qui garde et qui rend l’innocence,
Ne saurait pas tromper ma confiance ;
En toi, Seigneur, repose mon espoir :
Après l’exil, au ciel j’irai te voir.
Lorsqu’en mon cœur s’élève la tempête,
Vers toi, Jésus, je relève la tête ;
En ton regard miséricordieux,
Je lis : Enfant… pour toi, j’ai fait les cieux!

 

Je le sais bien, mes soupirs et mes larmes
Sont devant toi tout rayonnants de charmes ;
Les Séraphins, au ciel, forment ta cour,
Et cependant tu cherches mon amour…
Tu veux mon cœur… Jésus, je te le donne !
Tous mes désirs je te les abandonne ;
Et ceux que j’aime, ô mon Époux, mon Roi,
Je ne veux plus les aimer que pour toi.

15 août 1896.

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