Un homme avait deux fils.

Un homme avait deux fils.

Et l’on pense à Adam, père d’Abel et de Caïn. Une histoire de jalousie entre celui qui veut s’installer et cultiver la terre et celui qui préfère l’itinérance avec son troupeau. Une histoire de jalousie qui se termine dans le sang.

Un homme avait deux fils.

Et l’on pense à Abraham, père d’Ismaël et d’Isaac, du fils de la promesse et du fils de l’autre promesse, discrète, faite à une servante étrangère, Agar, avant même la promesse solennelle d’une descendance pour Abraham.

Et l’on pense au vieil Isaac et à ses deux jumeaux, Ésaü et Jacob, qui déjà se battaient dans le ventre de leur mère, Ésaü et Jacob en rivalité eux aussi, Jacob allant jusqu’à dérober le droit d’ainesse de son frère et lui voler La bénédiction qui lui revenait. Une histoire de jalousie qui aurait pu se terminer pas dans le sang, mais qui voit une réconciliation possible, encore que fragile. Les deux frères prendront des chemins différents.

Un homme avait deux fils.

Et l’on pense au fils prodigue qui va dilapider l’héritage qu’il a réclamé comme si son père était mort et au fils aîné, fidèle mais incapable de se réjouir du retour du cadet.

Qu’est-ce qu’être fils ? La question traverse toutes ces histoires.

Qu’est-ce qu’obéir au Père ?

Les vieilles histoires des frères qui se jalousent ou se retrouvent, ou tentent de marcher ensemble devant Dieu nous aident à voir qu’il n’y a pas d’un côté le fils exemplaire et de l’autre celui qui ne l’est pas. Mais celui qui se drape dans ses certitudes à plus de chance de se tromper que celui qui se sait imparfait, ronchonnant et qui finalement, peut-être en trainant des pieds, finit par faire ce que le Père lui a demandé.

Simplement, à un moment donné, c’est à ses fruits que l’arbre se reconnaît. C’est à l’action réellement entreprise pour aider le monde et les autres à vivre, et non simplement à l’intention, que le fils se reconnaît. Aimer se vit en acte et en vérité. Un amour qui ne serait pas incarné dans des gestes réels serait vain.

Or, les supposés « grands pécheurs » qui aiment en acte font rarement de grands discours. Leur obéissance au Père n’est pas contrainte ; elle est la réponse qu’ils choisissent de donner à Celui qui les a relevés, parce qu’il ne les jugeait pas.

Soeur Anne LécuOui, le jour où nos œuvres nous jugeront, prions Dieu d’être du côté de ceux ne craignent pas de faire demi tour pour finalement accomplir ce qu’ils ont à vivre, et qui peut-être même ignorent le bien qu’ils font, la joie qu’ils donnent.

Anne Lécu o.p.

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