Belle fête de Noël à chacun

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  Habiter. Demeurer dans sa maison. Combien de millions d’enfants de femmes et d’hommes, en cette nuit de Noël, vont implorer de pouvoir habiter un foyer. Car Noël c’est cela tout d’abord. Une oïkos. Une maison qui nous ressemble, où l’humain se construit, demeure, est chez lui. Notre Dieu n’a pas fait l’homme comme l’animal, qui, lui, va de repaire en repaire, furtif, pressé. Non, le petit d’homme, lui, demande un lieu où se trouver, où se retrouver, lui-même, avec les siens. En cette nuit, le petit d’homme qu’est l’enfant Dieu semble ne pas rencontrer de maison justement. Pas de place déjà, toujours, pour qui n’a rien à vendre ou ne peut réclamer son dû. Alors qu’il vient chez nous, personne ne sera là pour accueillir le Christ, sinon quelques bergers, ces marginaux de la société d’alors. 

Mais nous sommes invités à regarder plus à l’intérieur. Comme entre les lignes, au fond des yeux et du cœur. Car il y a bien une maison. Fragile, mais unique, irremplaçable, d’une telle beauté : celle de l’amour. Ainsi se nomme la maison de Dieu, son séjour habituel celui qu’il veut offrir aux hommes, à chacun, ce soir. Alors même que l’occupant romain se profile déjà comme soupçonneux et dangereux, une sécurité fondamentale est proposée, par Dieu lui-même qui arrive en son monde en entrant dans le nôtre. Celle du bon amour et la douce présence.

Oui, Dieu vient nous visiter d’une visite incroyable, bouleversante. Du sein de la précarité de son premier logis, il annonce en sa chair de nouveau-né de l’humanité, qu’il prend en sa sûreté tous ceux qui cherchent un lieu où habiter vraiment, quelles que soient leurs maisons de pierre, de toile, de bois, de tôle ou de cartons. Il nous visite, lui, la vie (Jn 1, 4), car il n’a pas créé l’homme pour être sans feu ni lieu. C’est en nos existences qu’il construit son toit, ou plutôt, c’est avec elles qu’il fait son habitat. Il tisse sa vie à la nôtre, comme une robe sans couture. Celle-là même que des soldats romains tireront au sort un vendredi désolé de l’histoire.

Notre cœur est souvent frileux, peureux, étriqué. Il nous semble aussi que nous sommes si loin de ce que nous disons, annonçons. Sans doute. Mais ce soir, ce n’est pas le souci. En cette nuit, Dieu n’a qu’une question pour son Fils. Peut-il venir se blottir chez nous ? Désirons-nous être ainsi visités par un petit qui fait entrer le temps de l’éternité en nos histoires ? Un enfant n’exige rien. Simplement accueillir une visite inouïe. Car ce petit garçon-là n’est pas comme les autres. Dans son silence se tient déjà la Parole tout entière de Dieu, celle qui annoncera « venez à moi vous qui peinez ». Oui, recevant l’enfant Dieu, c’est lui qui nous recueille et l’âme de la maison n’est plus la même. C’est le souffle du Dieu vivant qui l’anime. Laissons-le faire.    

Très beau Noël à chacune et à chacun Que la Paix du Dieu fait chair, tunique sans couture, puisse demeurer en tous.    

Véronique Margron op.

 

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