Celui-ci est mon fils bien-aimé.

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C’est bien souvent sur des montagnes que le Bible raconte les histoires les plus importantes. Et c’est souvent de nuit.

C’est sur une montagne qu’est monté Abraham avec son fils, son fils unique, chéri, celui que  – croyait-il  – Dieu lui demandait. Et quelle nuit ! C’est sur une montagne que ce fils, l’unique, et le premier d’une multitude de frères, lui est rendu.

C’est sur une montagne que Moïse a reçu de Dieu la loi qui fait vivre, et c’est en descendant de cette montagne qu’il entendit le peuple danser autour d’un veau. Et c’est pourtant là, au coeur de cette immense déception, sur cette montagne, que Dieu, qui jamais ne se lasse, de nouveau dicta la loi à son ami Moïse, dont le visage resplendissait de cette rencontre infinie et intime. Moïse transfiguré, lui l’homme qui ne savait pas parler, transfiguré au point de laisser un voile couvrir son visage, peut-être par délicatesse envers ceux qui n’auraient pas compris.

C’est sur une montagne, dans le désert, qu’Elie voulut mourir, de lassitude et de désespoir, et pourtant, Dieu vint le relever en lui faisant porter des galettes par des corbeaux, en le laissant dormir aussi, le temps qu’il lui fallait pour être prêt à le reconnaître, lui le grand Dieu, créateur du ciel et des mondes, de l’homme surtout, ce grand Dieu qui ne fait pas de bruit, qui n’est ni dans le feu, ni dans le vent, ni dans les cris de guerre, mais dans le silence d’une brise ténue, légère, aussi silencieux que le souffle de l’homme, quand il respire.

Et voilà Jésus qui prend avec lui ses plus proches et qui monte sur une montagne. Peut-être d’ailleurs est-ce la nuit, le texte ne le dit pas. Mais pour qu’ils soient ainsi éblouis et qu’ils souhaitent dresser des tentes, qui sait ?

Mais le plus important, ce n’est pas encore cela, ni cet éclat, ni la rencontre avec Moïse et Élie, ni la stupéfaction de Pierre. Le plus important c’est la voix. Cette voix qui désigne le Christ « Celui-ci est mon Fils bien aimé ». Cette voix désigne le fils unique, que le Père accepte de perdre en le donnant à ses frères. Cette voix désigne en même temps le fils unique qu’est l’homme depuis les commencements du monde. Abraham aussi est le fils bien aimé de Dieu. Et Isaac, et Moïse et Elie, chacun d’eux est le fils bien aimé de Dieu. Et toi, et moi, chacun de nous le sommes.

La transfiguration du Seigneur, c’est cette promesse faite à Pierre, à Jacques, à Jean, pour qu’après la résurrection ils comprennent et qu’ils l’annoncent : la chair de l’homme, son corps, sa vie, est transfigurée par l’incarnation du Verbe, car c’est devenu la maison de Dieu. Et chacun de nous sommes ce fils bien-aimé qu’il aime de façon unique.

Si nous pouvions seulement croire que c’est vrai, combien de violences seraient évitées !

Sr Anne Lécu o.p        Soeur Anne Lécu

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