L’entretien de Jésus avec Nicodème

L’Evangile de ce quatrième dimanche de carême s’enracine dans « l’entretien de Jésus avec Nicodème ».

On peut toujours imaginer une palette de raisons pour expliquer, ou justifier, la démarche nocturne de ce savant qui connaît les Ecritures sur le bout des doigts. Pourtant, le niveau, la qualité de l’échange c’est Jésus qui les fixe … La barre est haute car il s’agit des Ecritures connues par Lui sur le bout du cœur.

Il est question de naître d’en haut, de naître d’Esprit. Il est question de devenir une personne neuve, à tout âge, de redevenir un enfant en somme, pour se laisser guider par l’Esprit.

Déconcertant pour un notable juif. ….

Les perspectives de Nicodème et de Jésus sont difficilement conciliables. Le dialogue tourne court…

Tout érudit qu’il soit, et il l’est, Nicodème avoue – non pas son incrédulité- mais son incompréhension d’intellectuel. Une dimension lui échappe : « Comment cela peut-il se faire ? » (verset 9). Cependant l’aveu d’ignorance du pharisien pourrait ouvrir une brèche vers la vie de relation que Jésus lui offre.

« Si vous ne devenez comme des petits enfants …… vous n’entrerez  pas …» (Mc 10,15)

Mais Nicodème ne l’entrevoit pas … ne la soupçonne même pas cette communion, du moins pas encore….. Ses connaissances théologiques ne lui servent à rien sinon à l’égarer un peu plus.

Jésus ne cherche pas à le convaincre : comment le pourrait-il, puisque son témoignage n’est pas reçu ?

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1,11)

« Vous n’accueillez pas notre témoignage » ( Jn 3,11)

Mystère de l’univers de la foi …

En fait, Jésus ne peut toucher qu’un corps blessé, qu’un cœur désarmé et ouvert, qu’une oreille à l’écoute.

Jésus ne peut être reconnu par l’homme que dans sa pauvreté, dans sa maladie, sa faiblesse, sa petitesse, dans la misère de son péché.

L’évocation du serpent d’airain dressé dans le désert n’arrive qu’à la fin de la méditation de Jean. Elle est là pour appuyer tout ce qui précède : la conversion du cœur, voilà l’esprit d’enfance retrouvé, la voilà la « re-naissance » possible dans l’Esprit, dans l’amour.

Et c’est bien de retournement dont il s’agit : passer des certitudes de l’intelligence à l’assurance du cœur qui croit tout, espère tout, attend tout … C’est le cœur de l’homme qui est à changer.

Jean s’appuie sur les textes de la première alliance pour s’adresser à ce notable, membre de l’éminent Sanhédrin. Il s’agit pour Nicodème de passer de convictions ancestrales à la fragilité d’un signe : un signe … qui guérit par un seul regard ?

Le véritable caducée c’est le Christ en croix. Oui, la mort de Jésus est salvatrice

La croix : le signe, la manifestation, la preuve que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique  pour que tout homme qui croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle». (verset 16)

Le vrai problème n’est pas le mal que nous avons commis mais bien l’amour de Dieu qui nous sauve. La part de ténèbres qui nous habite, nos terres en friche n’empêchent pas que nous soyons fait pour la lumière, la beauté, la vérité, l’unité.

La croix est Vie pour tous ceux qui la regardent comme telle. Le regard croyant et la prière au Christ crucifié peuvent nous libérer du mal, faire la vérité en chacun, à condition de ne pas en rester aux questions … de Nicodème  et ce n’est pas toujours si facile ….. Sa démarche nocturne n’est-elle pas, peut-être, le signe d’une certaine nuit spirituelle ?

Soeur Françoise Chantal       Sr Françoise Chantal

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s