Jésus vient, et il se tient au milieu, en disant : « Paix à vous ».

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Jésus vient, les portes étant closes, et il se tient au milieu, en disant : « Paix à vous ».

Thomas (dont le nom signifie jumeau), notre frère le plus ressemblant, n’est pas là lorsque Jésus vient rencontrer les siens. Il n’est pas là où vient le Christ, « au milieu » de nos existences, malgré les portes fermées.

Il peut nous arriver d’être ailleurs qu’au milieu, dans des périphéries cette fois peu réceptives à l’évangile, quand nous nous faisons le centre de notre existence, alors que là, est la place de Dieu.

Pas de crainte cependant. Nous avons des ancêtres prestigieux, qui comme Thomas étaient ailleurs. Augustin par exemple, pousse ce cri dans ses confessions : « Tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! Mais quoi ? Tu étais au dedans de moi, et j’étais, moi, au dehors de moi-même. Et c’est au dehors que je te cherchais ! ». Thérèse de Jésus, dont nous fêtons les 500 ans ces jours-ci, s’effondre à l’aube de ses 39 ans et tombe aux pieds d’une statue du Christ quand elle comprend que pendant près de vingt ans, elle était là peut-être physiquement mais en même temps absente à sa présence.

Thomas le premier, a eu ce cri de reconnaissance, de stupeur et de joie : « Mon Seigneur et mon Dieu »

Thomas, Augustin et Thérèse et tant d’autres viennent nous assurer de cette magnifique nouvelle : quand nous ne sommes pas là, Dieu revient. A la deuxième heure, à la cinquième et jusqu’à la onzième heure, il revient, et se tient là, « au milieu », et nous donne rien de moins que sa paix. Parce que désormais notre foi a un socle autrement plus solide que nous-mêmes et nos efforts si vigoureux soient-ils. Elle a pour socle la foi de Jésus lui-même, qui à l’heure de sa passion et de la trahison des siens, dans sa grande prière au Père, témoignait pour nous de notre propre foi. « Ils ont gardé ta parole ; ils ont cru que tu m’as envoyé » (Jn 17).

Cette confiance déposée indistinctement entre les mains de son Père et entre nos mains est pour l’éternité marquée de la trace des clous et de la plaie dans son côté. Nous pouvons nous y blottir, car ces plaies crient que la finitude de l’homme, sa douleur même, sont devenues maison pour Dieu. L’eau qui s’en écoule a lavé toute accusation. Son sang s’est uni à celui des martyres connus et inconnus de tous les temps. Il nous en est promis mystérieusement un vin de fête. Le Christ, confondu avec les bandits, a déchargé les bandits de leur fardeau. L’accusateur de nos frères a été rejeté.

Thomas d’un coup, comprend cela. « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Si le Christ lui-même a déposé entre nos mains sa confiance, nous pouvons nous appuyer sur cet acte de foi définitif pour croire, sans voir. Et proclamer avec Jean, en unissant nos voix à celle d’un peuple innombrable : « Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi » (1 Jn 5,4). Cette foi, fondée en lui, marquée par ses blessures, qui se déploie « avec douceur et respect » (1 P 3,16).

Anne Lécu o.p.    Soeur Anne Lécu

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