TOUCHER POUR POUVOIR TOUCHER

Canaanite Woman, Très Riches Heures  Duc de Berry circa 1410

Marc 5, 21-43

 D’abord deux figures sont en scène, féminines : une femme et une fillette et dans les deux cas, la foi est au cœur de ces démarches   entreprises auprès de Jésus.

L’histoire commence par un appel au secours. Au comble de l’angoisse, un père, Jaïre, chef de la synagogue. Ce notable juif fait preuve  d’une vénération et d’une confiance très grandes envers  Jésus. Sa prière révèle une foi profonde. Sa fillette est á toute extrémité  entre la vie et la mort. Jésus sans mot dire, est sensible á la détresse de cet homme qu’accompagne une telle foi. Il s’en va avec lui, suivi par une foule littéralement écrasante.

C’est dans ce contexte  de bousculade populaire que survient une femme. Elle est atteinte d’hémorragies chroniques depuis douze ans. Elle perd son sang, considéré chez les sémites  comme étant le siège de la vie : cette femme est donc dans une situation de mort lente. Rappelons-nous que cette femme se trouve en état d’impureté légale : tout contact avec elle est sévèrement proscrit (Lv 15, 19-27).

Or sa foi ardente la pousse à toucher, ne fut-ce que furtivement dans son dos, le vêtement de Jésus : ce geste aujourd’hui  peut nous paraître bizarre. Marc, nous en donne la raison. Dans l’ancien Orient, le vêtement est le symbole de la personnalité : toucher le vêtement de quelqu’un, c’est l’atteindre  lui-même. Il y a aussi la pratique, usuelle dans l’Antiquité, du contact physique du malade avec le corps du guérisseur.

La femme n’est pas la fille de Jaïre, toute innocente, toute impuissante á se délier sans l’intervention d’un tiers. Mais elle sait aussi que si elle ne fait rien, elle deviendra complice du désastre qu’elle subit, elle ne veut pas se résigner, elle veut vivre et activement contribuer á son salut. Cette femme a donc besoin  de poser elle-même ce geste pour montrer qu’elle ne se juge ni impure ni indigne. Et comment  ne le ferait-elle  pas mieux  qu’en touchant ce Jésus qu’elle a élu sauveur ? C’est elle, elle-même  qui décide qu’elle ne serait plus impure : l’estime d’elle-même lui est venue. Parce qu’elle a  réussi á changer son regard sur elle-même, elle va enfin oser toucher.

Marc joue ici, comme pour Jaïre, avec le double sens possible du verbe grec qui peut signifier á la fois « guérir » et « sauver », manifestant ainsi que l’enjeu de cette  scène dépasse  la simple guérison physique, soulignant l’importance de ce contact avec la personne de Jésus. Il est celui qui saisit la main de notre humanité, nous touche dans le sommeil de la mort et qui par sa parole, nous  relève, nous remet débout.  Croire c’est entrer en contact avec le Christ, marcher derrière lui  et passer de la crainte á la confiance totale.

Tout « miracle » ou « geste de puissance » est un signe dont la signification échappe á ceux qui ne sont pas prêts á l’accueillir.

Lève-toi ! Dieu t’appelle á vivre !

Soeur Diana Mireya SierraSoeur. Diana Mireya Sierra op.

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Une réflexion au sujet de « TOUCHER POUR POUVOIR TOUCHER »

  1. Muy interesante tu punto de vista hermana. La mujer ha sido siempre puesta en la Biblia en en un segundo plano, pero no debemos desconocer que por ella y muchos otros personajes que para muchos pueden ser insignificantes en la Biblia y que aun nos falta por desvelar es que esta y le da sentido ese mensaje salvador del Reino. Que Dios te bendiga y continúe y laminando tu vida

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