Donner à manger

Dans les lectures de ce dimanche 26 juillet (17ème dimanche du temps ordinaire), il est beaucoup question de nourriture : il s’agit de manger ou plutôt de donner à manger… Depuis Elysée (2R4; 42-44) où le verbe manger est présent 5 fois, en passant par le psaume 144 et l’évangile de Jean (6,1-15), il s’agit de nourrir…

Ici, la préoccupation de Jésus n’est pas de savoir pourquoi ces gens l’ont suivi. L’important n’est pas le pourquoi de leur présence : ils sont là et expriment ainsi leurs besoins d’être guéris, consolés, nourris … aimés en définitive. Jésus ne cherche pas à savoir comment sa parole est reçue, si c’est à cause d’elle qu’ils sont là. Mais il est centré sur le comment satisfaire ce besoin élémentaire de manger.

Déjà dimanche dernier, Jésus était saisi de compassion parce qu’ils étaient « comme des brebis sans berger ». Comment ne pas être touché, à nouveau, par cette sollicitude d’un Dieu qui sait de quoi nous sommes pétris…

L’évangile de Jean est un tout et plus haut au v.44 du chapitre 5, Jésus répondait aux Juifs qui refusaient son témoignage rendu au Père : « Comment pourriez-vous croire, vous qui tenez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de DIEU seul. »

Alors, cette multiplication des pains s’éclaire sous un nouveau jour. A ceux qui veulent se présenter comme les bergers du peuple, Jésus vient enseigner où se trouve la vraie racine de l’incroyance : la recherche de la gloire personnelle qui nous fait valoir aux yeux des autres.

Or la foi suppose que l’on s’ordonne sans réserve à Dieu et que l’on attende de lui seul, la gloire, comme Jésus l’a fait.

C’est donc aussi ce qu’il enseigne à ses disciples : se mettre au service de l’humain, en leur demandant tout simplement de faire ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, en s’appuyant inconditionnellement sur la grâce de Dieu. Il faut pour cela « beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, se supporter les uns les autres avec amour, en ayant soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la Paix.» (St Paul .Eph.4,1-6) Tout un programme, bien loin d’un faire -valoir personnel.

C’est bien ce chemin que Jésus a pris pour rejoindre notre humanité et plus précisément c’est au cours du dernier repas que Jésus nous révèle qu’il est la vraie nourriture, qu’il est le DON de Dieu et se donne à manger à tous ceux qui croient en LUI. L’objectif à terme, est de réaliser notre vocation qui est de ne former qu’un seul Corps et un seul Esprit.

Peut être en ce temps estival prendrons nous davantage de temps pour les repas. Reconnaissons -les comme de vrais temps de convivialité, où l’on fait plaisir aux autres par la qualité de nos préparations, où l’on se retrouve pour refaire nos forces, partager nos vies, et par là donner un peu de notre vie, du meilleur de nous-mêmes. Une manière simple de se donner dont nous ne sommes pas toujours conscientes.

Bel été à chacune, à chacun !

 

Sr Christine Panin   photo

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