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Sur le chemin qui traversait la Galilée, Jésus parlait avec les siens, il les enseignait et il est venu leur dévoiler sa résurrection. Eux ne comprenaient pas. Comment pouvoir imaginer un el destin pour leur maître ? Ils ne devaient en parler à personne. On peut les imaginer en discuter entre eux. Comme ils ne comprenaient pas, ils ont du inventer des explications à tout cela et finalement ils se sont querellés. Dans ce cafouillage, ils ont cherché qui parmi eux s’imposait, qui était le plus fort.

Nous savons notre tendance humaine à affirmer nos opinions, même si au fond de nous-mêmes nous ne comprenons pas bien les situations en jeu.

Mais pourquoi les disciples craignaient-ils d’interroger Jésus. Nous pensons qu’ils avaient peur de comprendre qui était cet homme extraordinaire qu’ils suivaient tous, le plus fort certainement, peut-être aussi fragilisé par les hommes que nous sommes ?

Arrivés à Capharnaüm, ils se retrouvent tous dans une maison qui les accueille. Le Christ les fait assoir et leur demande de quoi ils parlaient en chemin. Mis au courant de cette querelle dont les disciples ne sont pas fiers, Jésus leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Et prenant un enfant, il l’embrasse et leur dit : « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même, et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille mais celui qui m’a envoyé ».

Dans un premier temps, Jésus répond à l’objet de leur querelle quand ils cherchent à savoir qui est le plus grand parmi eux.

Dans un second temps, Jésus prend un enfant, et il l’embrasse, donnant ici la preuve qu’il l’aime comme il aime les disciples. Là, Jésus leur fait comprendre qu’il faut être pur comme cet enfant, simple loin des fourberies humaines qui déclenchent les disputes et les ruptures qui font tant de mal. « Qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé ».

Si l’on peut suivre Jésus en se mettant à la place des disciples, nous restons dans le doute, le questionnement, quant à la personne de Jésus qui les instruit, qui les guide, et nous comprenons qu’ils auront besoin de vivre la Passion pour que réellement leurs yeux s’ouvrent.

 

Sr Martine Bourquin,       IMG_3147

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« Pour vous qui suis-je ? »

Mais qui est Jésus ? Une question de toujours qui engage notre réponse mais aussi toute notre vie !

Il ne suffit pas d’être un contemporain de Jésus pour découvrir qui il est. L’évangile de ce dimanche nous le relate. Jésus s’en inquiète même : « au dire des gens, qui suis-je ? ». Diverses sont les réponses : « Jean-Baptiste, Elie, un prophète ». Puis vient le tour des disciples de devoir se prononcer.

Pierre, l’homme au tempérament bien trempé se lance : « Tu es le Christ ! ». Quelle profession de foi ! Aux yeux des disciples, Pierre a tout bon car il reconnait que Jésus est le messie.

Jésus se dévoile alors, annonçant sa mort et sa résurrection. C’est sans doute aussi une belle occasion saisie par Jésus pour faire cheminer les disciples, les inviter à poursuivre leur chemin de reconnaissance et d’intimité avec lui, si proche d’eux, homme parmi eux … mais qu’ils doivent découvrir comme étant aussi le tout autre.

Quelle stupeur pour les disciples ! C’est donc à la hauteur de son enthousiasme que Pierre fait à Jésus « de vifs reproches », d’homme à homme à l’écart. Que lui a-t-il dit ? Nous n’en savons rien, si ce n’est qu’il n’y est sans doute pas allé de « mains mortes » puisqu’il s’entend «passe derrière moi, Satan !»

Oui Jésus lui répond à la hauteur de sa foi mais aussi de son tempérament, de ses illusions sans doute.

Comme il est doux qu’un « Pierre » avec son tempérament de feu suive Jésus.

Que nous soyons jumeau de Pierre ou plutôt de Jean, chacun de nous est invité à entrer un peu plus avant « dans les pensées de Dieu » en acceptant de passer à la suite du Christ de la mort à la vie, de l’ombre à lumière et ce, jour après jour !

Alors bons passages ! Tout un programme en ces jours de rentrée !

Sr Élisabeth Lemière o.p.

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« Ephata, Ouvre-toi ! »

Nous constatons qu’en général dans l’Évangile, une parole de Jésus suffit pour produire la guérison,  une guérison qui n’est pas attribuée uniquement à son action, mais à la foi de ceux qui la demandent. C’est dans ce sens que l’on a bien présent à l’esprit, toutes les fois que Jésus a dit: « ta foi t’a sauvé »…Il arrive aussi que la guérison soit obtenue à distance, comme dans le cas du serviteur du centurion (Mt 8,15; Lc 7,6): Jésus ne verra même pas cet homme.
 
Dans l’Évangile de ce dimanche, on lui amène un sourd-muet pour qu’il lui impose les mains. Ce geste qui est assez fréquent, est fort significatif, parce qu’il y a d’abord le contact direct, qu’en réalité est aussi une bénédiction. Il nous fait comprendre que quelque chose se passe d’une personne à l’autre. Tout aussi éloquent est le geste de saisir la main d’une personne étendue, pour la faire se lever (Mt 9,25), il s’agit là d’une résurrection…
 
Très surprenantes sont les guérisons de la femme qui touche le vêtement de Jésus à son insu (Mt 9,20), et celle du sourd-muet de l’Évangile  d’aujourd’hui. On peut penser à de la magie…Déjà l’imposition des mains peut être, à tort, prise pour un geste efficace par lui-même. A vrai dire, ce geste est un langage: il dit la connivence entre celui qui le produit et celui qui le reçoit; il signifie le don que fait le guérisseur de sa propre puissance, de lui-même. Il y a là, une des expressions plus extraordinaires du langage de l’amour. C’est merveilleux que les gestes de Jésus puissent être pris dans ce sens: par le geste de la salive, Il passe lui-même dans le corps de l’infirme.
 
A l’écart de la foule, Jésus instaure une relation de personne à personne avec celui qui est muré en lui-même. Quel respect pour cet homme! Quel discrétion!. Mais aussi, quel enseignement avons-nous dans cette attitude! Suivant son exemple nous sommes invitées à l’heure actuelle, peut être plus qu’auparavant,  à   mettre en pratique  cette dynamique compatissante, prudente, et miséricordieuse, envers ceux et celles avec qui nous vivons ou que nous rencontrons à la croisée de nos chemins.  
Bonne route !
Soeur Maria Fabiola Velasquez o.p.      images