Or, le peuple était en attente… (Luc 3, 15)

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Soyez dans la joie ! Gaudete !

Oui, c’est un dimanche de joie, parce que nous attendons le Sauveur et qu’il vient. C’est un dimanche de joie, plus encore cette année, car nous nous apprêtons à plonger dans la miséricorde pour près d’un an.

Jean annonçait au peuple dans l’attente un baptême de conversion. Il donnait des conseils afin que chacun puisse se tenir prêt pour accueillir Celui qui vient. Il savait que son baptême n’était qu’un plongeon dans l’eau, et que le feu du Verbe ne ferait pas que « nettoyer » les fautes, mais qu’il les brûlerait. La miséricorde est au pardon ce que le baptême dans l’Esprit et le feu est au baptême de Jean.

La miséricorde de Dieu a commencé à la création du monde, quand l’amour de Dieu, brûlant, s’est déployé en création, belle, bonne, infiniment bonne. La miséricorde a culminé quand il a de ses mains, fait l’homme à son image, et qu’il s’est reposé heureux, tellement heureux d’une si belle œuvre.

La miséricorde de Dieu, c’est sa prévenance, quand il annonce un fils au vieil Abraham, ou quand il accompagne le peuple hors de l’esclavage en se faisant feu pendant la nuit et nuée pendant le jour. La miséricorde de Dieu, c’est à l’heure de l’exil quitter le temple, (comme nous le raconte Ezéchiel 10), pour aller chez les exilés. La miséricorde de Dieu, c’est encourager les prophètes à encourager le peuple. «  Ne crains pas Sion, ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi ».

La miséricorde de Dieu, c’est la présence de Dieu toujours fidèle, forte, contre vents et marées, cette présence qui reste là, aux côtés de l’homme, même quand il s’éloigne loin, loin. Et c’est en même temps le bouleversement des entrailles de Dieu, qui s’adapte, prend des chemins vertigineusement tortueux, pour rester avec nous, tellement cela seul compte pour lui, être « avec nous ».

« Dieu avec nous », pour les fêtes, dans les malheurs, dans la vie la plus ordinaire.

« Dieu avec nous » sur les chemins, à l’heure de la pêche et à l’heure de la mort.

« Dieu avec nous », crucifié, entre deux compagnons d’infortune, confondus avec eux, afin qu’ils ne meurent pas seuls.

« Dieu avec nous » dans un tombeau.

Souvenez-vous, c’est le nom de notre Dieu. C’est le nom de celui qui vient : Emmanuel. Dieu avec nous.

Le baptême d’Esprit Saint et de feu que Jean annonce, c’est cette plongée dans un amour brûlant qui fait de nous des Christ. Car Dieu a choisi d’être si pauvre qu’il n’a que nos mains, nos mots et notre amour pour être aimé. La véritable conversion, celle qui va au delà du partage avec celui qui n’a pas, au delà d’une morale respectable, c’est croire qu’avec l’incarnation du Verbe de Dieu, c’est désormais nous la maison de Dieu. Sa tente. Son Temple. C’est croire que plus rien, jamais, ne pourra dissoudre cette alliance de « Dieu avec nous ».

Oui, le peuple est dans l’attente.

Si nous ne savons plus très bien parfois ce que Noël peut signifier, c’est cela : croire que chaque vie humaine porte l’image du Fils unique de Dieu, et que nul ne peut défaire cette ressemblance.

Vivre de la miséricorde de Dieu aujourd’hui, c’est nous préparer à faire naître le Verbe en nous et à le reconnaître présent dans la vie de nos compagnons de route. En somme, il nous revient d’abriter Dieu.

C’est une joie immense.

Et difficile.

C’est même sans doute impossible.

Mais « rien n’est impossible à Dieu ».

Anne Lécu o.p.    Soeur Anne Lécu

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