Visitation

Avec la rectitude de jugement qui le caractérise, saint Luc évoque de façon imagée la rencontre de Marie chez sa cousine Élisabeth.

D’une part, Élisabeth, mue par l’expérience d’un âge avancé interprète en son sein le tressaillement de son fils comme un sursaut de joie, saluant la présence bénie du Messie dont il sera le précurseur. D’autre part, marie, elle, fait l’éloge de Dieu dans un vibrant Magnificat qui honore sa modestie et son humilité. A des degrés d’importance différents, une même attente habite ces deux mères au sujet de l’avenir de leur enfant respectif.

L’attente fait partie de la vie chrétienne. Nous l’attestons par ces mots après la consécration eucharistique : « … et nous attendons ta venue dans la gloire ».

Selon le dessein de Dieu, et comme le dit saint Jean dans son prologue évangélique : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » Cet avènement est une première réponse à l’attente du Messie. Faisant son entrée dans le monde, la venue du Fils de Dieu est l’aventure la plus merveilleuse que l’humanité n’ait jamais connue. Tout au long de l’existence chrétienne, l’attente d’un royaume éternel motive la pratique des vertus et de la Parole de Dieu. Cependant, il ne faut pas oublier que le Christ s’est incarné dans un monde de pécheurs. Et l’attente parfois – tout en guidant notre marche vers les hauteurs surnaturelles – est parfois mise en échec par des facteurs de régression, tels que la lâcheté, l’inertie ou le découragement. La crainte de Dieu, mal comprise, éclipse parfois les bonnes résolutions ! C’est le moment de raviver l’espérance en se laissant émouvoir par les charmes et la tendresse du divin nouveau-né de la Crèche.

Le désir de perfection de cette dernière semaine d’Avent passe par le gage de rédemption universelle de l’humanité. Cette vérité incite les âmes consacrées, en ce Jubilé de la Miséricorde, à un redoublement de ferveur et d’amour de Dieu et du prochain.

Sr Suzanne Dangel       DSC09477

Dans l’Eglise Notre Dame de l’Arche d’Alliance, à Paris, dans le XVe,  Jean-Baptiste danse dans le ventre d’Elisabeth de la même façon que David dansait devant l’Arche d’Alliance. Les deux vitraux renvoient l’un à l’autre et font danser le texte biblique dans lequel nous sommes pris.

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