Le Seigneur a libéré son peuple

«  Avec des cris de joie, répandez la Nouvelle, portez-la jusqu’au bout du monde, le Seigneur a libéré son Peuple, Alleluia ».

C’est le chant de joie qui ouvre la célébration de ce dimanche ; La paix,…la joie… ce sont aussi les dons du Ressuscité. Il nous les confie…car Il nous annonce qu’Il s’en va…

Il s’en va…mais Il reviendra,…bien plus… Il reste avec nous, aussi… Il demeure avec nous…« Vous avez entendu  ce que je vous ai dit : je m’en vais et je reviens vers vous…Je vais vers le Père… mais le défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom , Lui vous enseignera tout ! Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Ces paroles de Jésus sont prononcées peu avant «  son Heure ». Cela ressemble comme à « ses.., dernières volontés ».Bientôt les premières communautés chrétiennes vivront dans la foi . Ces Paroles seront «  au passé » pour elles. Pourtant Jésus a dit : je reviens. Et c’est l’Esprit qui leur rafraichit la mémoire. C’est Lui qui leur rappelle les paroles de Jésus. Ainsi Il reste présent au milieu d’eux..

Ces Paroles de Jésus sur sa mort et sa Résurrection se sont réalisées. Alors cette promesse de revenir et d’être toujours avec eux se réalise aussi. Jésus est auprès du Père, mais demeure bien avec eux. L’Esprit leur donne mémoire fidèle de tout ce qu’a dit Jésus. La promesse se réalise, car ses disciples «  l’aiment vraiment », comme lui a affirmé Pierre. Ils gardent sa Parole et le Père aussi les aime. Jésus et son Père viendront et feront en eux leur demeure !

Et, s’il en est besoin, le Défenseur, l’Esprit Saint leur enseignera tout, leur fera faire mémoire de tout ce que Jésus leur a dit.   Comme le soulignait Paul à ses auditeurs : «  cette promesse de Dieu à nos Pères, voilà que Dieu l’a accompli pour nous, leurs enfants ».

Des siècles après, en nous appuyant sur l’histoire des chrétiens au cours du temps, voici que nous, disciples de ces premières communautés des nations, nous savons que les événements prédits se sont accomplis. Nous aussi, qui avons reçu  l’Esprit, gardons mémoire de ce qu’a dit le Christ..

Alors, avec l’Esprit, n’est ce pas aussi pour nous le temps de témoigner de l’Evangile du Ressuscité, le temps de la foi partagée avec nos frères, dans la simplicité du vécu et de la vie quotidienne : «  avec joie, répandons la Nouvelle jusqu’au bout du monde … ». N’attendons plus … aujourd’hui ne fermons pas notre cœur…

                                                                                                                                                Sr Catherine de la Présentation        photo

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Bon pasteur, … de tous

Avec toutes nos excuses pour le retard de la mise en ligne de ce texte de méditation en écho aux lectures de ce dimanche…

 

« Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif,
ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône
sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie.
Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Les migrants continuent d’affluer, par dizaines de milliers, et de risquer leur vie pour fuir le chaos et la violence… qui sera leur pasteur ?

Attendons-nous que Jésus revienne, sur le rivage de la Méditerranée, pour les accueillir et « les conduire aux sources des eaux de la vie ? »

Cette migration ne s’arrêtera pas, du moins jusqu’au jour où nous serons arrivés à transformer les murs en portes grandes ouvertes et le troupeau en communauté, chrétiens et non-chrétiens, riches et pauvres, tous ensemble…

Ce n’est pas pour demain,

Mais si chacun, chacune de nous, à sa place, comprend qu’il y va de la survie de l’humanité, et agit en conséquence, quelque chose de grand peut advenir. Comment puis-je, un peu, être le signe de ce Pasteur qui, depuis toujours, a pitié des foules sans berger ?

Malheureusement, je ne peux pas aller à Calais ni à Idomeni. Mais je peux me joindre d’une manière ou d’une autre à ceux qui le peuvent, les aider.

 

Sr Marie-Thérèse Perdriault o.p.     IMG_0077

L’expérience apostolique de Pierre

Aujourd’hui, nous retrouvons l’Apôtre Pierre, un des premiers à avoir été appelé par Jésus et à avoir vécu proche de lui. Lui et ceux qui l’accompagnent, sont complètement perdus après les événements qui se sont passés à Jérusalem. Alors Pierre se lance, il décide de reprendre son métier de pêcheur, ses compagnons vont avec lui.

Et l’expérience tombe à plat. De plus à l’arrivée quelqu’un a faim : « avez-vous de quoi manger » ? « Non », c’est l’aveu de l’échec. Un ordre est donné « Jetez le filet à droite et vous trouverez » et c’est ce qui se produit. Pierre entend du Disciple que Jésus aimait : «  c’est le Seigneur ! ».

Pierre ne peut pas oublier qu’au tout début quand Jésus a appelé ses premiers disciples il y avait eu une pêche surabondante après des moments difficiles avec cette promesse : « sois sans crainte désormais ce sont des hommes que tu pêcheras » cf. Lc 5, 10. Mais ici la reconnaissance de ce même Jésus qui est là vivant vient fonder l’expérience apostolique et une nouvelle compréhension de la mission qui attend Pierre et ses compagnons.

Jésus alors entame un long dialogue avec Pierre qui le conduit à confesser son amour inconditionnel.

Ce dialogue nous révèle que Jésus passant par la mort n’a pas oublié les « faux pas de Pierre », il lui a gardé son amour, sa confiance tout comme sa décision d’en faire le chef des Apôtres. S’instaure par trois fois une communion qui lie à jamais la vie de Pierre à celle de Jésus ressuscité. Dans cette relation Jésus explique qu’on ne peut donner suite à « sa » mission sans amour. « Paître les brebis » c’est recevoir en héritage les brebis : les plus proches les apôtres et, tous ceux et celles qui recevront la Bonne nouvelle de l’Evangile. Tous et toutes, appelés comme les apôtres, et à leur place, à entrer dans la vie de foi et d’amour proposée par le Christ Jésus.

Cette profession d’amour de Pierre touche encore au cœur aujourd’hui. Pierre pour les chrétiens, c’est le Pape François qui prêche l’Evangile, mais tout près de chez nous, et pour chacun Pierre, c’est celui-ou celle qui accueille, écoute, accompagne nos situations d’adultes ou de jeunes, heureuses ou malheureuses. Il est là, parfois silencieux, parfois très attentionné, de lui vient comme une clarté qui réchauffe le cœur. Par lui se transmet quelque chose qui vient de plus loin que tout ce que nous pouvons atteindre, cette expérience apostolique est héritage inépuisable que de génération en génération l’Eglise a su conserver et garder vivant parce que le Christ ressuscité demeure au milieu des siens.

Que le Seigneur donne à tous de rencontrer des « témoins d’amour du Ressuscité » qui conduisent à voir Jésus ressuscité vivant en nos petites vies humaines qui sont plus nobles que ce que nous pouvons l’imaginer jusqu’à dire : « oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime ».

Monique Colrat op    versailles nov 2015

« La paix soit avec vous »

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L’insolite, le merveilleux, attire bien souvent par curiosité, quoi de plus humain.

Mais ici, nous pouvons voir la Foi agir comme un remède d’une très grande efficacité.

Nous voyons dans le livre des Actes des apôtres, des croyants se tenir sous le portique de Salomon, c’est-à-dire sur le parvis des païens. Ceux-ci regardaient agir les disciples que Jésus a appelés mais ils n’osaient pas se joindre à eux, comme s’ils étaient à un spectacle. Cependant, ces croyants sont demandeurs, nous dirions aujourd’hui de sacrements mais ne me demandez pas plus car je suis un consommateur. Je viens quémander une guérison pour tel malade ou pour telle personne tourmentée par un esprit impur. Si cela est possible, bien sur. De la part des croyants, on peut sentir une certaine peur ou crainte face à leurs demandes. Leur espoir de guérison, même s’ils ne peuvent pas être touchés par les disciples, l’ombre du passage de Pierre près d’eux, leur suffit. Si tu veux, tu peux être guéri.

Jean énumère divers aspects de la condition chrétienne que sont l’épreuve qui peut mener à la persécution inaugurée sur la croix ; la royauté où le Christ est vainqueur de la mort et des puissances ; la persévérance marquée par la fidélité au sein de l’épreuve et de la tentation. Nous pouvons tous mettre des mots, des évènements, sous ces trois aspects. Voici que Jean se trouve dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. L’Esprit vient en lui le jour du Seigneur c’est-à-dire le jour où les croyants se réunissent pour célébrer la Résurrection du Christ. Là, l’Esprit va se manifester en lui : « ce que tu vois, écris-le et envoie le aux sept Eglises. Ces sept églises ne sont pas parfaites, allez lire ces passages dans le livre de l’Apocalypse. L’auteur loue chacune des églises dans ce qu’elle a réalisé de bien mais aussi l’auteur montre ces défaillances, à corriger car elle peut mieux faire. Jean, dans une vision, va voir sept chandeliers d’or et au milieu le Fils de l’homme, le Christ lui-même. Ce chandelier qui reste allumé dans le sanctuaire jour et nuit. De ce jour, le sanctuaire est le Christ en personne.

Le sanctuaire sera le lieu où la communauté est appelée à se rassembler pour élever vers le Christ son action de grâce. Ne crains pas Jean, je suis le premier et le dernier, l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. Ce que tu viens de voir, écris-le ainsi que ce qui est et ce qui doit arriver.

Le Christ a choisi Jean pour lui révéler sa proximité. Cela ne suffit pas. Après tous ces évènements que les croyants viennent de vivre, les disciples sont peur et s’enferment. Ils verrouillent la porte de leur refuge. Rien n’y fait, le Christ les rejoint : « La paix soit avec vous », le Christ les rejoint au profond de leur être : « que votre cœur ne cesse de se troubler et de craindre » c’est bien moi, je ne vous abandonnerai pas. Touchez mes plaies, c’est bien moi, pourquoi craindre ? Jésus souffle sur eux, recevez l’Esprit Saint, cette force qui vous permettra de remettre les péchés : pouvoir, donné aux disciples. Mais Thomas est absent et ne peut croire à son retour que le Christ était là. Je ne croirai que si je vois. Pas de problème mais heureux qui croit sans avoir vu. N’avons-nous pas besoin de signes pour croire ? Est-ce si facile dans notre monde de témoigner ? N’avons-nous pas besoin de cette force du Christ pour accomplir les œuvres que le Père à travers le Fils nous a montré ?

Luc 24 « …il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes… ». Il leur dit encore : « C’est comme il a été écrit : le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous, ce que mon Père a promis. »

Ainsi, la foi qui se borne à postuler des miracles est insuffisante : seule la foi sans réticence en Jésus et en sa parole mène à la vie. La foi repose non sur la vue mais sur des témoignages de ceux qui ont vu. C’est par cette foi que les chrétiens entrent en communion profonde avec le Christ ressuscité. Cette foi est très fragile comme une plante, si vous ne l’arrosez pas elle meurt ainsi en va-t-il, entretenez votre foi afin de la fortifier et qu’elle résiste à toutes tentations et tempêtes car il y en aura.

ALLELUIA !

Soeur Corine Haramant

Les pèlerins d’Emmaüs

L’instant où le Christ disparaît de la vue des Pèlerins d’Emmaüs, une représentation rare si ce n’est unique que le Père Xavier Nucci, supérieur de la Communauté Jésuite de la rue de Blomet, a évoqué avec beaucoup d’enthousiasme lors d’une eucharistie de semaine il y a quelques jours à la Chapelle du 310 à Paris. Tellement de conviction dans ses paroles et d’admiration devant cette œuvre qui le touche par sa beauté mais aussi l’approche spirituelle qu’il y perçoit que j’ai recherché sur internet le tableau en question et son explication.

Je vous partage ce que j’ai découvert car je ne connaissais pas cette toile et vous invite à la contempler tout comme je l’ai fait : par là, je trouve qu’on s’approche du mystère de la proximité du Christ à la fois présent et absent …

Très beau temps pascal !

Sr Catherine Aubry

 

 

Mise en scène et puissance dramatique

 

Rembrandt représente la scène du repas d’Emmaüs. A première vue, le décor pourrait être celui d’une scène de genre, avec des hôtes installés autour d’une table et une servante au loin en train de travailler. Rembrandt réduit la scène au minimum, dans un décor très humble.

Mais par un puissant jeu de clair-obscur et de contre-jour, Rembrandt crée une sensation de surnaturel. Contrairement aux représentations que l’on rencontre traditionnellement, le visage du Christ n’est pas éclairé par sa transfiguration, mais seule sa silhouette apparait, fugitive et spirituelle. Étrangement, la lumière qui, à première vue, paraît être celle d’une bougie, semble en réalité émaner de la tête du Christ, irréelle. Le moment représenté est précisément le passage biblique « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. ». D’une certaine façon, le Christ apparait dans la lumière, mais disparaît en même temps dans l’obscurité, comme une ombre, on ne distingue pas ses traits mais seulement sa silhouette. Cela donne un véritable effet dramatique à la scène. Le christ se révèle en même temps qu’il disparaît. Le disciple, éclairé par la lumière, exprime dans un geste théâtral sa surprise. On devine son sursaut lorsqu’il reconnaît le Christ.

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