Faites cela en mémoire de moi

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« Devenez ce que vous recevez ! » prêche Augustin.

Pour que nous comprenions ce qui est en train de se passer la nuit pendant laquelle il est livré, Jésus prend du pain, le bénit, rend grâce, le rompt et le donne aux siens. Il signifie par ce geste que c’est sa vie qui est prise, offerte en action de grâce, rompue, versée, répandue, donnée.

C’est bien un sacrifice, mais c’est un sacrifice d’action de grâce. Il offre sa vie comme on dit merci. C’est peut être Jean qui nous fait le mieux approcher ce mystère. La nuit où il fut livré, Jésus déposa son vêtement, comme il dépose sa vie entre les mains des siens, et se mit à laver les pieds de ses amis.

C’est le même mystère.

Christ à genoux devant les siens ne fait pas que leur montrer un exemple à suivre. Il remercie son Père du cadeau qu’ils sont pour lui. Il rend grâce à son Dieu de ce que la vie des hommes est devenue la maison de Dieu, et leur corps, son temple. Cet amour qui va jusqu’au bout de l’amour n’a pas un cheveu de ressentiment ou de colère. Il aime, il aime infiniment comme l’amour seul peut aimer au delà de la déception. Il persiste à remercier son Père pour ses amis et à l’assurer qu’ils ont gardé sa parole (Jn 17,6).

« Faites cela en mémoire de moi » (1 Co 11, 23-26)

Oui, faisons cela.

Que nos vies à leur tour soient prises, bénies, offertes en remerciement, rompues, données. Qu’elles soient un remerciement pour nos proches, une action de grâce pour ce monde fût-il bouleversé, une supplication, une offrande. Le plus simplement du monde, car tous, nous donnons de notre vie, de notre temps, sans bien y faire attention. Tous, nous pouvons être généreux. C’est la joie de notre Dieu. Qu’il nous y aide.

Soeur Anne Lécu o.p.

Soeur Anne Lécu

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L’Esprit de vérité

Jésus dit : « Quand viendra l’esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière ». Nous avons l’impression que ses disciples si chanceux d’avoir suivi Jésus pendant trois ans, d’avoir entendu tout son enseignement, d’être témoins de ses colères contre l’injuste comme des guérisons miraculeuses, ses disciples donc sont là, riches de témoignages, plein de bonne volonté, mais incapables d’en tirer partie.

Mais vient l’Esprit, celui qui délie les langues, ouvre les yeux, comme si, grâce à lui, cet Esprit, cela permettait d’être de très fins récepteurs du monde, de ressentir la douleur des autres au delà de notre vue, de notre ouïe ! Grâce à lui nous détectons avec finesse la souffrance qui nous entoure, mais comment y remédier ?

C’est l’Esprit qui nous permet d’être de fins stratèges, car nous avons l’Évangile pour nous guider, nous le lisons, nous le décortiquons, nous le travaillons, il est une force vive dont nous nous nourrissons, et l’Esprit est là, il nous guide pour que nous devenions des êtres de foi et de justice.

Si ce n’est pas toujours facile c’est dans l’insistance, dans la quotidienneté de ses enseignements que l’Esprit travaille en nous. Il nous donne la main pour nous aider être dans nos vies des bâtisseurs d’amour.

 

Sr Martine Bourquin     IMG_0088

Prêcher, au féminin aussi ?

Nous reproduisons ici l’intervention de notre soeur Véronique Margron pour le blog de Ouest-France, publiée le 14 mai 2016

 

L’hospitalité de la Parole de Dieu

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin : c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » (Evangile de Jean, 20, 1-2) Et c’est ainsi, par des femmes que la rumeur de la résurrection va se répandre…jusqu’à nous ! Sans les femmes, les « saintes femmes » dit-on dans la tradition, point de transmission. Marie Madeleine, apôtre des apôtres en quelque sorte.

 

Devant la force de cette mémoire vive, comment ne pas s’interroger sur notre situation aujourd’hui dans l’Eglise, quant à la prédication de l’évangile.

Faut-il rappeler les paroles essentielles de l’apôtre Paul dans sa 1ere lettre aux Corinthiens (9, 16) ? « annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! »

Voilà pourquoi je crois, avec tant d’autres, que tout laïc, au nom de son baptême qui l’institue comme « prêtre, prophète et roi », est en devoir de prêcher, d’une manière ou d’autre.

J’appartiens à un Ordre, l’Ordre dominicain, dont le sens même est la prédication, lui qui fut confirmé comme « sainte prédication » par le pape Innocent III en 1215. La « Sainte Prédication de Prouilhe » naquit dans l’effervescence d’une Eglise qui cherche à retrouver l’authenticité des ses commencements. Elle prit corps dès 1207 lorsque des laïcs rejoignirent Ia balbutiante aventure de Dominique et quand quelques femmes, converties à l’évangile, virent se mettre sous sa protection. Aventure de la prédication, à l’image du groupe qui accompagnait Jésus, passant «à travers villes et villages, proclamant le Royaume de Dieu » (Luc 8, 1-3).

 

Alors oui, tous nous sommes envoyés pour prêcher l’évangile et annoncer un Dieu proche de chacun, à commencer par ceux et celles qui se croient les plus lointains. Un Dieu qui vient « converser avec le monde », comme aime à le dire le Frère Bruno Cadoré, maître de l’Ordre.

« Vos fils et vos filles prophétiseront » ! (Joël, 2, 28) Ils parleront «de la part de Dieu ». Proclamer le Royaume de Dieu, prêcher l’Evangile de la paix, prend de nombreuses formes, dans la vie la plus ordinaire de chacun. Parmi celles-ci, quelques unes se trouvent davantage liées à des temps de la vie de l’Eglise, essentiels à la vie chrétienne, comme la catéchèse, la formation, ou la pastorale des funérailles.

Dans sa tribune, le fr. Enzo Bianchi, prieur de Boze, (publiée le 2 mars dernier dans l’Osservatore Romano), plaide pour l’octroi de la faculté de prêcher aux laïcs, et donc aux femmes, dans les assemblées liturgiques, dont l’eucharistie. Il rappelle opportunément qu’avant que Grégoire IX (1228) ne décrète l’interdiction de la prédication aux laïcs, parmi les diverses formes de prédication, une prévoyait un mandatum praedicandi accordé à de « simples fidèles ». C’était le cas par exemple de Robert d’Arbrissel (1045-1116), qui prêchait devant le clergé, les nobles et le peuple, avec l’approbation du pape Urbain II. Ou encore de Norbert de Xanten (1080-1134) qui reçut l’officium praedicandi de Gélase II. Mais il y avait aussi des femmes ( !). Parmi elles, Hildegarde de Bingen (1098-1179), abbesse de son couvent bénédictin, près de Mayence, et proclamée docteur de l’Église par Benoît XVI. A la demande d’évêques, elle prêcha dans leurs cathédrales. Le pape Eugène III lui-même venait l’écouter.

 

Ainsi donc, il ne s’agit pas de donner un nouveau droit aux laïcs. Pas davantage de les cléricaliser. Mais de répondre au mieux à l’impérieuse mission de l’Eglise d’annoncer la bonne nouvelle du Christ à tous.

La prédication, afin que l’hospitalité du Christ soit manifestée à tous, par la voix de sensibilités, d’engagements, d’expériences de vie variés car parole de prédication est là pour accueillir les humains, pour que la communauté et chacun puissent remettre sa détresse et son espérance au Christ lui-même.

Pour ce faire, tous nous sommes requis. Prêtres et laïcs, hommes et femmes. Non pour faire un panel représentatif de l’Eglise, mais parce que la voix la plus singulière, si elle ancrée en Christ et envoyée par l’Eglise, est celle qui peut devenir la plus universelle.

 

 

Véronique Margron, op.

 

 

Pentecôte : que de fêtes, que d’invitations

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Nous le savons, comme de nombreuses autres fêtes, pentecôte fut d’abord une fête agricole de fin de moisson, précédée par celle de début de moisson, 7 semaines nécessaires pour la moisson !!

Y revenir fait écho en moi et m’interroge : et si Pentecôte était l’occasion de nous demander ce que nous avons moissonné durant ces 50 jours ?

 

Au-delà des fêtes agricoles, des souvenirs de l’Alliance de Dieu avec son peuple en ont fait des fêtes religieuses : Pâque où l’on commémorait la libération de l’esclavage égyptien puis 50 jours après, le souvenir du don de la loi à Moïse.

Me vient alors une seconde interrogation : et si Pentecôte était l’occasion de faire mémoire de cette histoire d’Alliance avec ce Dieu qui nous veut libres ?

 

Enfin, et si fêter Pentecôte aujourd’hui, au terme de 50 jours de résurrection la suite du Christ, premier Ressuscité nous invitait à moissonner les germes de vie nouvelle dans nos vie ? Car faire mémoire, telle est aussi l’œuvre de l’Esprit en nous qui « nous fera souvenir » de tout ce qui nous a été dit, vécu, donné, reçu.

                  Mais cette expérience ne sera possible que dans l’Esprit. Étrange manifestation, certes puissante, mais ô combien difficile à relater. La lecture des Actes des Apôtres de ce jour nous le révèle : « un bruit survient COMME un violent coup de vent […] des langues qu’on AURAIT DITES de feu …».

                  Comme il est difficile de mettre des mots sur la puissance de l’amour humain, nous le savons, mais aussi divin ! Telle est l’expérience de notre vie d’intimité avec lui. Mystère que ce Dieu, tout proche et si lointain parfois. Et pourtant, efficacité et fécondité sont là : « parler dans nos langues des merveilles de Dieu ». Dans la force de l’Esprit, plus de difficultés de communication, plus de réticence ni de peur pour témoigner !

« Dieu aide à communiquer entre nous car Il se communique à nous. Il est par nature communication », disait une personne détenue en groupe biblique mercredi dernier. Laissant résonner la lecture des Actes, il poursuivait : « c’est vrai, ici il y a plein de langues différentes. L’autre jour, en promenade, il y avait un gars à l’air sympa, je suis allé vers lui. Nous ne parlons pas la même langue. J’avais tellement envie de lui parler et de l’aider qu’on a réussi à nous comprendre. Ici Dieu a ouvert mes yeux et délier ma langue. Dehors je ne lui aurai jamais parlé ! »

L’amour a donc déjà explosé derrière les barreaux, dans nos vies … mais nous savons aussi que nous avons tant besoin que cette explosion de vie se produise à nouveau, afin que l’étincelle de vie éternelle déposée en nous devienne flamme de vie pour nous-mêmes et pour tous ceux que nous rencontrons.

Alors Viens Esprit Saint, viens lumière de nos cœurs … de moissonneurs, d’hommes libres, d’héritiers du Christ !

Sr Élisabeth LEMIERE  DSCN6623

 

Simplement prier

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Prier, rester relié. Pour ne pas perdre totalement pied au moment où le drame point, où l’angoisse étrangle. Prier pour aimer. Prier comme façon d’aimer. Prier pour remettre ceux que l’on aime à qui seul peut les garder, les protéger.

Prier, pour que le cœur du Père recueille chacun en sa tendresse. Non pour nous retirer du monde, mais pour trouver la force de l’aventure de la prédication du Dieu à la même peau que nous, du Dieu qui s’offre à toute histoire.

Prier comme geste intime, mystérieux, singulier, solitaire. Geste qui ne renferme pas l’orant sur lui-même, mais dit sa passion pour autrui, ses amis, pour tous. Bons et méchants. Prier, pour laisser passer la seule force qui vaille, celle de Jésus, qui sera la vulnérabilité de ses entrailles et sa mort en croix.

Prier, pour qu’ils demeurent un. Non pour qu’ils deviennent tous les mêmes, qu’ils suivent « comme un seul homme » – illusion de l’indifférencié, de l’indistinction. Le satan, lui, vient tout confondre, diviser, fracasser, faire prendre le mensonge de l’illusion pour la vérité et semer le venin du soupçon : puis-je aimer ? Dois-je me méfier, me barricader ? Et si mon Dieu me voulait du mal ?

Supplier pour être « un », c’est d’abord nous réunifier, retrouver ce qui nous fonde, nous, si souvent divisés aux tréfonds de notre vie. Entre ce que nous disons et faisons ; entre ce qui est obscur et lumineux en nous ; entre ce qui nous fait aimer et ce qui nous fait haïr. Entre ce que nous vivons au plus intime et notre rôle social. La prière du Christ supplie que nous ne fassions qu’un, comme la vigne et ses sarments. C’est elle qui nous fonde en lui et dans son amour pour le Père, dans la communion, loin de toute confusion comme de toute arrogance.

C’est l’amitié de Dieu en son Fils, l’amitié des hommes, qui ouvrent au labeur de l’unité. En nous comme entre nous. Sans entrailles, sans proximité, rien de possible. Être un, pour l’œuvre du Père, c’est ouvrir des brèches dans la mort.

Jésus prie pour trouver courage près du Père, pour les siens et pour nous désormais. Pour affronter la vie, témoigner de la vérité de Dieu qui prend avec elle toute détresse, qui nous supplie de nous arrêter aux bords de tous les chemins de Jérusalem à Jéricho.

Prier le Père qu’il fasse partager la gloire du Fils. Étrange formulation pour qui va passer le torrent du Cédron et entrer au jardin des Oliviers : gloire à l’envers promise à ceux qui veulent aimer dans la suite du Christ. Aimer pour de vrai, pour que d’autres vivent pleinement et librement. C’est ce que vécut avec d’autres, en sa chair, Pierre Claverie, frère dominicain, évêque d’Oran, assassiné il y a 20 ans. « Où serait l’Église de Jésus-Christ si elle n’était pas d’abord au pied de la Croix ? Jésus meurt abandonné des siens et raillé de la foule. Je crois qu’elle meurt de ne pas être assez proche de la Croix de son Seigneur. Sa force et sa fidélité, son espérance et sa fécondité viennent de là, pas ailleurs ni autrement. Tout le reste n’est que poudre aux yeux, illusion mondaine. (…) Elle peut briller, elle ne brûle pas du feu d’amour fort comme la mort car il s’agit bien d’amour et d’amour seul dont Jésus nous a donné le goût et tracé le chemin : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » [1]

Connaître son nom, vouloir que son amour soit en nous demandent peu de choses en vérité : demeurer enraciné en sa Parole, en sa vie, en son art de vivre. Ne pas se détourner de sa toute douceur d’aimer jusqu’à la fin. La laisser vaincre nos prétentions et nos faux-semblants. Juste nous mettre à l’abri de sa croix. Jésus, le Fils, fera le reste.

 

Véronique Margron op.   IMG_3138 - Version 2

[1] P. CLAVERIE op. évêque d’Oran. Homélie à Prouilhe, le 23 juin 1996. Pierre Claverie sera assassiné le 1er aout 1996, avec son ami Mohamed, en rentrant à l’évêché. Il rentrait de négociations pour la paix en Algérie.

Que tous soient un !

 » QUE TOUS SOIENT UN, COMME TOI, PÈRE, TU ES EN MOI, ET MOI EN TOI »

 

Dans la Première lecture de ce Dimanche, les Actes des Apôtres nous parlent d’Etienne, le premier témoin du Christ par le martyr. Etienne marche sur ses pas, dans le sens que comme lui, il est victime expiatrice ( Mt 21,39; He 13,12); il est aussi mort en dehors de la ville; comme Lui, au moment de mourir, il invoque le Père dans un grand cri et implore le pardon pour ses bourreaux (Ps 31,6; Lc 23,34.46). Ce que Jésus prophétisait au moment de son jugement, Etienne le voit déjà réalisé (Mt 26,64). Il contemple le Christ ressuscité debout à la droite du Père, dans l’attitude d’intercesseur (Ap 5,6).

La lecture de l’Apocalypse de Saint Jean explicite clairement comment, l’Eglise naissante, animée par l’Esprit Saint, intercède pour hâter le retour du Seigneur, maître de l’histoire. Il est la résurrection et la vie pour tous ceux qui ayant affronté la grande épreuve, ont été ses témoins, jusque dans la mort, comme c’est le cas d’Etienne, de Pierre, de Paul et de tant d’autres, pas seulement dans les premiers siècles de l’Eglise, mais encore pour beaucoup de chrétiens aujourd’hui. Ceux-là puiseront dans la vie éternelle, l’eau vive de l’Esprit (cf. Jn 7, 39).

Dans la conclusion de sa  » Prière Sacerdotale », dont nous parle l’Évangile, Jésus intercède auprès du Père, d’une manière suppliante et profonde, pour l’unité de tous les croyants, dans l’amour fraternel fondé sur la communion du Père et du Fils. En vertu de sa glorification déjà commencée, il fait participer les siens à sa vie et les remplit de son Esprit. Par leur unité, ils révéleront au monde l’amour du Père, qui fait d’eux de vrais disciples.

En tant qu’intercesseur, le Christ a une efficacité sans pareille, car il partage intégralement, dans son être le plus profond, l’existence même des deux parties en cause : l’homme et Dieu. Pleinement l’un et l’autre, il unit dans sa personne l’humble et confiant appel de l’homme, à la toute-puissante miséricorde du Père. Qui pourrait être mieux placé pour nouer en lui-meme les liens de la prière et de son exaucement en faveur de l’unité des personnes humaines, acquise par sa mort et progressivement manifestée dans l’histoire? Aussi est-ce par lui que toute prière chrétienne doit passer, et en lui que doit s’exercer tout effort humain ver l’unité.

Pour nous aujourd’hui, devant la haine, le mépris, la violence, les guerres, devant les injustices, les détresses… au milieu de notre indifférence, apprends-nous à nous réconcilier, car nous sommes tous enfants d’un même Père.

Fais-nous semer ton Évangile, FAIS DE NOUS DES ARTISANS UNITÉ
FAIS DE NOUS DES TÉMOINS DE TON PARDON, A l’IMAGE DE TON AMOUR MISÉRICORDIEUX…

Soeur Maria Fabiola     images

Christ est parti sans nous quitter

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Christ est parti

Sans nous quitter :


Le Fils de Dieu est glorifié.

Son absence partout

Nous accompagne.

Il est parti


Dans la nuée :

Qu’attendez-vous les yeux levés?

Il est proche de nous

Quand il s’éloigne.

Il est parti

Pour instaurer

En nous l’étroite intimité.

Fixer le rendez-vous


Au ciel de l’âme.

Il est parti

Pour demeurer

Dans le grand corps d’humanité.

Son royaume est pour nous

En héritage.

Il est parti,

Il est monté.

L’Esprit descend nous habiter.

Et le silence en nous

Dit son passage.

 

Hymne de la commission francophone cistercienne

(paroles : frère Gilles)