Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?

Bonne question de Jésus à celui qui lui demande d’être l’arbitre du partage des biens qu’il convoite, d’être le distributeur de ses biens ?    et Il continue à l’adresse de tous les auditeurs qui ont entendu la question : «  la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de l’argent qu’il possède ». Voilà qui est clair…

Peut être le Seigneur pourrait   tenir le même discours à notre société  contemporaine..Que d’exemples rapportés par nos moyens d’information : quelquefois même des activités qualifiées de bienfaisance, fonctionnent selon les bénéfices qu’ils apportent à ceux qui sont chargés de les gérer !!.

Certes l’argent est nécessaire, on en a besoin pour vivre..mais le piège est de s’investir tant dans sa recherche que certains …y perdent presque la raison..

Nous savons tous que le partage permet de garder ce « serviteur » à sa juste place..et le faire servir à ce à quoi il est destiné : aider la vie des hommes. Nous sommes même aussi témoins édifiés de comportements de personnes qui, ne se réclamant pas de la foi chrétienne, savent avec beaucoup de générosité, partager avec ceux qui ont moins.

Jésus a bien remarqué, nous le lisons dans l’Evangile, que certains, n’ayant cependant presque rien, savaient partager.. Rappelons-nous l’éloge qu’il fait de la pauvre Veuve. Elle donne son obole au temple…Et ce qu’elle donne c’est : »Tout ce qu’elle avait pour vivre… ». Nous somme là dans la situation totalement opposée à celle de cet homme devant Jésus..…

Vraisemblablement, il connaissait l’Ecriture, et donc le texte de Qohéleth que nous avons en première lecture : «  bien que l’on soit avisé et heureux en affaires », un jour il faut laisser tout cela à d’autres. Tout le travail que l’on fait pour accroitre son bien ne remplit pas le cœur, même le repos de la nuit en est perturbé …Vanité des vanités..oui, tout cela n’est que vanité !!…

Les juifs du temps de Jésus étaient sûrs que la miséricorde de Dieu à leur égard, sa bénédiction sur leur bonne conduite se manifestait par une abondance de biens matériels. Cela était même écrit dans tous leurs livres saints : pensons seulement aux psaumes que nous prions nous-mêmes si souvent. Un jour où Jésus disait à ses Apôtres : « qu’il était plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu », la réaction des apôtres est immédiate : «  Alors, qui peut être sauvé ? ». Et peut être ne sommes-nous pas, quelquefois, tellement loin de cette même réaction… ?

Regardons plus profond… Comment pense et projette d’agir l’homme de la Parabole de Jésus ? Il vient d’évaluer sa récolte. ( Peut être pense-t-il que c’est justice, comme récompense de sa «  bonne conduite « ?). C’est une merveille !…Quels projets pour conserver et profiter d’une telle abondance ? Entasser au maximum tous ces biens…Et ensuite : profiter longtemps de cette richesse… Cet homme se voit et voit sa vie, l’organise…mais pour lui tout seul…pas question d’en faire profiter qui que ce soit..Il n’y pense même pas…

« Insensé » lui dit Dieu…Tout cela on va te le redemander..Qui l’aura ? Je ne sais si Jésus pensait en disant cela à sa réponse au jeune homme riche qui voulait le suivre… : « Va, vends, donne le… après ,..suis moi ». Jésus ne condamne pas celui qui a des richesses, Il invite simplement à les partager…Et ainsi …. pauvre devenu,  mettre sa seule confiance et son assurance en celui qui est notre Père, et qui : « sait  ce dont nous avons besoin…. ». «  Votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume…. Cherchez plutôt le Royaume et cela vous sera donné par surcroit  »..cf Luc 12,30-32.C’est le souhait de Jésus : « ne gardez pas pour vous vos richesses…..Partagez-les…,donnez-les en aumônes… ».

C’est aussi, d’une autre manière, le souhait de saint Paul dans la deuxième lecture : «  Vous êtes ressuscités,…recherchez donc les réalités d’en-haut, c’est là qu’est le Christ assis à la droite de Dieu. Les « choses » de la terre nous sont nécessaires, mais leur possession et leur usage ne peut cacher : « l’Unique nécessaire », L’activité humaine vaut pour le but qu’elle poursuit…et les personnes à qui elles apportent un mieux vivre..

C’est ce que Paul nous redit encore : «  Revêtez l’homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf.. à son image, pour le conduire à la vraie vie..» Il faut se tenir prêt à accueillir ce Royaume promis et préparé par le Père.. En fait, le secret pour ne pas vivre en « mode de vanité »  , n’est autre que ce que Jésus a redit et loué chez quelques-uns : « l’amour de son prochain ». Il nous met, à coup sûr, « tout près du Royaume promis ».

Et nous savons fort bien que l’amour du prochain se rencontre avec celui de l’amour de notre Père : un seul et même amour.. cette année nous le traduisons peut –être par : « être miséricordieux comme le Père »..Ne pas garder tous ses biens pour soi, partager, donner, recevoir en retour le Royaume, cela n’aide-t-il pas à réaliser , à notre mesure terrestre, le souhait de Paul : » alors il n’y a plus le Grec et le Juif, l’Israëlite et le païen, il n’y a pas le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre, mais il y a le Christ : il est tout et en tous. ».

Soeur Catherine de la Présentation   photo

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De la part de Véronique Margron

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27 juillet 2016,

Chers tous,

Il est bien douloureux de vous rejoindre de nouveau en quelques jours, devant les événements dramatiques qui sont désormais plantés en notre chair, plantés en notre terre.

Et pourtant.

Après l’assassinat du Père Jacques, après tant de morts en ces temps qui semblent s’être perdus, du sein de notre chagrin, de notre désolation et de notre désarroi, il nous faut tenter de redoubler de vérité. La seule qui soit :

Celle du Christ, roi nu, homme désarmé, et pourtant déjà vainqueur par sa liberté offerte, par son amour indéfectible.

Comme Dominique, aux pieds de la Croix de son Seigneur, rejoignons toute l’Église de France qui invite ce vendredi 29 juillet, à la supplication et au jeûne en faveur de la paix.

Autant qu’il est possible, retrouvons-nous avec les croyants de nos quartiers et de nos villes, à partir des propositions qu’adresseront les responsables religieux de France.

« La prière est, en somme, la seule révolte qui se tienne debout »

écrivait G. Bernanos, en 1938, dans les Grands Cimetières sous la lune.

Alors oui, révoltons-nous ainsi. Encore et encore. Sans faiblir. Sans faillir. Une révolte intacte, telle celle que Job adresse à ce Dieu qui seul peut entendre la plainte qu’il lui adresse. Dieu, son seul défenseur.

Enfin, je vous propose de lire, relire, prier et méditer avec ces mots de notre frère et ami Pierre Claverie, assassiné il y a tout juste 20 ans, sur le seuil de sa chapelle, avec son ami et frère Mohamed.

Avec mon affection et ma prière

Sr Véronique Margron, op.

Prieure provinciale

 

 

À la rencontre des religions : La foi est un dialogue.

Quoi de plus nécessaire et de plus urgent aujourd’hui que de créer des lieux où l’on apprend à se regarder, à s’accueillir, à collaborer, à mettre en commun les héritages culturels qui font la grandeur de chacun. Le pluralisme est un défi majeur de notre temps.

Chacun porte, il est vrai, un message, une vérité, une conviction qu’il cherche à faire partager. Chacun est pétri par une culture qui le constitue dans son humanité particulière et c’est à travers elle qu’il entre en communication avec les autres. Il serait illusoire de penser que nous pourrions atteindre immédiatement l’humanité commune, dépouillée de ses marques historiques, charnelles, concrètes.

Et cependant nous pressentons bien que ces marques ne doivent pas nous enfermer dans nos particularismes. S’agissant de Dieu, nous savons qu’il est infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons en concevoir et que nous n’avons jamais fini de le découvrir. S’agissant de l’homme, nous savons un peu mieux maintenant que le miroir brisé de nos identités doit être reconstitué pour refléter l’homme parfait…

Le maître mot de ma foi aujourd’hui est donc le dialogue. Non par tactique ou opportunisme, mais parce que le dialogue est constitutif de la relation de Dieu à l’humanité. J’apprends avec Jésus que Dieu même, pour se faire connaître et manifester sa volonté, a emprunté à l’humanité ses mots et jusqu’à sa chair. Je constate que toute l’histoire sainte se déroule sous le signe de la communication rompue et retrouvée dans un dialogue dont Dieu prend l’initiative. La fécondité de cette histoire lui vient de cet échange d’amour dialogal qui s’inscrit contre la rupture diabolique de l’origine.

Jésus a donné sa vie pour manifester cet amour. Et il l’a fait en plaçant sa vie et son œuvre sur les lignes de fracture de l’humanité blessée : fracture de l’homme désorienté parce qu’il a perdu le sens de sa vie, fracture entre les humains qui s’excluent ou s’exploitent et s’écrasent les uns les autres, fracture entre les croyants qui se mettent à la place de Dieu et se jugent et se condamnent à l’enfer. Il a ouvert les bras pour étendre entre les ennemis le pont de la réconciliation. Le signe de la croix, qui paraît tellement blasphématoire à tant de croyants, est pour nous le trait d’union entre Dieu et l’humanité et entre les humains. Cette croix porte un homme écartelé qui donne sa vie plutôt que de la prendre aux autres pour réaliser le projet de Dieu.

Que l’autre, que tous les autres, soit la passion et la blessure par lesquels Dieu pourra faire irruption dans les forteresses de notre suffisance pour y faire naître une humanité nouvelle et fraternelle. Il y va de l’avenir de la foi dans notre histoire.

 

Pierre CLAVERIE, évêque d’Oran

 

Ce texte est extrait du Missel des Dimanches de 1996. Il en constituait la préface. Écrit quelques mois avant sa mort, il a été médité par des dizaines de milliers de chrétiens, lecteurs de ce Missel.

 

Celui qui demande, reçoit

_ Avec quelle audace Abraham s’adresse-t-il à Dieu… parce que pour oser, il ose !

Le Seigneur a pris sa décision et le sort de Sodome et Gomorrhe semble définitivement réglé. D’ailleurs, ils sont déjà partis… Mais Lui, pourquoi est-il donc resté ?

Ne serait-ce pas parce qu’entre Abraham et son Seigneur, il existe cette relation «  d’amitié » qui fait expérimenter l’harmonie, à partir des mêmes manières de ressentir les gens et les choses, fruit de leur longue expérience depuis l’appel d’Abram à Hârran.

Le Seigneur et Abraham se retrouvent donc en tête à tête, en cœur à cœur. Abraham ose parler, sans gêne, malgré ses dénégations, en confiance, il insiste et persévère jusqu’à obtenir satisfaction. Et s’il est gêné c’est parce que les péchés sont graves aux yeux de tous et il sait qu’en prenant la défense des justes, il protège et sauve aussi les pécheurs.

Abraham sait que son Seigneur l’aime et l’écoute. Il se place avec les justes pour sauver tous les habitants des deux villes, les bons comme les méchants De la même manière, son Seigneur «  fait pleuvoir sur les bons comme sur les méchants. »

Et Dieu renonce à exécuter son projet destructeur, car au fond, ce qui importe le plus c’est bien cette relation unique à Abraham «  reconnu homme juste par sa foi ».

Après avoir enseigné la prière aboutie du « Notre Père »  à ses disciples, c’est aussi cette chaîne d’amitié que Jésus prend pour exemple, dans l’évangile de Luc ; les amis de mes amis sont mes amis et avec eux on va jusqu’à accepter ce qui pourrait être considéré, comme du sans-gêne venant de la part d’autres personnes…

C’est bien cette chaîne d’amitié que le Seigneur attend les baptisés, pécheurs pardonnés, devenus frères en Jésus –Christ. Prier les uns pour les autres, être sauvés les uns par les autres, C’est faire ce qui est juste et plus encore avec l’aide de l’Esprit Saint et dans la confiance ; sûr que celui qui demande, reçoit ; celui qui cherche, trouve, qu’à celui qui frappe, on ouvre.

Soeur Christine Panin o.p.photo

Juste une chose

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Un comble.

Non seulement Marthe accueille avec soin, y mettant toute son attention, mais encore doit-elle s’affairer de tous côtés pour que l’hospitalité soit à la hauteur de celui qui est reçu. Il y a de quoi alors être submergée et ne plus savoir où donner de la tête ! et en plus il faut accepter de se faire rabrouer ! S’entendre dire que là n’est pas la « bonne part », la bonne manière de faire ou de vivre. Alors que telle est la réalité de tant et tant d’humains, et surtout de foultitude de femmes, sous toutes les latitudes. Oui, c’est là le sort le plus commun de l’humanité : se donner du mal, travailler, ne pas avoir le temps de s’arrêter, de s’asseoir, d’écouter même. Et ce serait reprocher ?

Mais est-ce vraiment ce qui se passe dans cette rencontre ?

 

Reprenons alors.

Jésus a pris résolument le chemin de Jérusalem et de sa passion. Dans ce voyage, singulier et grave, il délivre à ses disciples ses secrets pour vivre à sa suite, pour aimer comme il aime, croire comme il croit.

Le voilà qui s’arrête et c’est dans la maison d’une femme, Marthe, qu’il est reçu. C’est elle qui l’accueille et recueille sa fatigue. Elle est chef de maison, chose bien rare alors en Israël. Jésus, spécialement en Luc, aime les femmes et le dit. Elles révèlent de ce qu’est être disciple, ce que sont la liberté, l’audace, la générosité, de qui se décide à aimer cet homme-là. Dans la maison, elles sont deux, Marthe et Marie, deux sœurs. Mais plus encore deux témoins, deux femmes, à l’avant-poste de notre propre foi.

Par tout son corps en mouvement, Marthe fait hospitalité au corps de Jésus. Sans le corps où serait l’hospitalité ? Sans l’engagement envers le corps, où serait l’accueil de l’homme de chair ? Un toit, un repas, des soins, un toucher, de l’amitié partagée, un avenir possible. Le/la disciple est là recueillir les corps fatigués et souffrants de notre humanité. Pour les aimer. Œuvres de tendresse et de miséricorde, à la suite de celui qui tendit son cœur et son corps comme un arc aux perdus de son temps : pécheurs, malades, femmes, publicains… Une passion toujours en excès, comme Marthe. La vie chrétienne commence bien par les pieds : aller, accueillir, soigner, nourrir… Les pieds qui nous enracinent dans l’élémentaire.

 

Mais cette histoire serait comme trop lisse sans un trublion, en quelque sorte : Marie. Marie qui semble ne rien faire et est pourtant tout aussi occupée que sa sœur. Mais elle l’est de l’intérieur : tendue vers son Seigneur à écouter sa voix. Rien d’autre. Et cela suffit à sa joie, à la faire vivre. Mais comprenons bien : Marie n’est pas l’alternative à Marthe, elle n’est pas son double opposé. Non, Marie est tel le creux du disciple, son âme, son cœur : concentrée vers l’attention intérieure. Elle est le souffle vital, la secrète identité, l’intime force de qui confesse Jésus, Seigneur de son histoire. Comme cette autre Marie qui « gardait toutes ces choses en son cœur ».

 

Il ne s’agit pas alors de ne pas s’activer en ce monde, de ne pas s’empresser pour lui. Non pas ne pas se donner de la peine, ne pas s’échiner même, face à un temps si souvent douloureux et empêtré. Mais c’est de s’y savoir précédé par le Christ lui-même qui est vital. C’est le Seigneur qui nous accueille et nous recueille. C’est lui avant tout qui reçoit nos lassitudes, nos fardeaux, nos heures où nous nous croyons seuls à nous débattre. Près de lui est le repos de l’âme. Telle est la « bonne part », le laisser habiter notre vie, ne pas nous croire seul et délaissé. Se déposer, se cacher auprès de sa parole comme un havre de paix pour vies difficiles.

Alors oui, se mettre en quatre, offrir, partager, s’inquiéter, et recommencer jour après jour. Mais pas sans Lui.

 (La Vie, 13 juillet 2016)

Véronique Margron op.       IMG_3138 - Version 2

Elle a choisi la meilleure part

En ces temps bouleversés, quand la douleur rend muet, demeure une urgence : persévérer dans la construction du sanctuaire intérieur. Le sanctuaire intérieur que tous nous portons en nous n’est pas un lieu, mais une qualité de présence à ce monde, aux autres, à notre Dieu. Il réclame du calme. La précipitation, l’agitation l’abiment.

Car le temps qui nous est donné à vivre est saint, plus précieux que tout. C’est ce temps que nous devons à ceux que nous aimons, et Marie le sait bien, qui reste aux pieds de son Seigneur qu’elle aime. Le reste, important sans doute, attendra.

Quant à nous, n’attendons pas pour rejoindre Marie et demeurer avec elle en compagnie de l’unique Maître. Ce maître là n’est que douceur. Il pleure la mort de ceux qu’il aime, il prend sur lui toute malédiction, il croit en nous quand nous n’y croyons plus. Il a vaincu une fois pour toutes les forces de division et de haine en acceptant de les subir. Il est notre force et notre paix. En lui, seulement, nos œuvres porteront du fruit.

Soeur Anne Lécu o.p.

 

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« Penserons-nous qu’il blâme le travail de Marthe, ce travail qui lui donne l’hospitalité ? Peut-elle être blâmée, étant si heureuse de recevoir un tel hôte ? Il faudrait donc laisser l’aumône qu’attend l’indigent, ne plus s’occuper des étrangers sur le chemin, si quelqu’un a besoin de pain, de vêtement, si le captif a besoin d’être délivré, le défunt enseveli. Non, le Sauveur ne dit pas que l’œuvre de Marthe est mauvaise, mais il déclare meilleure celle de Marie. Et pourquoi est-elle meilleure ? Parce qu’au lieu de se répandre et de se scinder dans la multiplicité, elle se recueille dans l’unité, l’unité qui est le principe de toute perfection. L’œuvre qui est sortie des mains de Dieu a des parties multiples, mais celui qui l’a faite est un. L’œuvre est bonne, mais combien est meilleur l’ouvrier ! »

 

Saint Augustin, sermon 104

      Soeur Anne Lécu

« Retourne-moi! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 25-37)
Pour le dimanche 10 juillet 2016
En ce temps-là, un docteur de la Loi se levaet mit Jésus à l’épreuve en disant :« Maître, que dois-je fairepour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda :« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? » L’autre répondit :« Tu aimeras le Seigneur ton Dieude tout ton cœur, de toute ton âme,de toute ta force et de toute ton intelligence,et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit :« Tu as répondu correctement.Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier,dit à Jésus :« Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole :« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,et il tomba sur des bandits ;ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;il le vit et passa de l’autre côté.De même un lévite arriva à cet endroit ;il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessuresen y versant de l’huile et du vin ;puis il le chargea sur sa propre monture,le conduisit dans une aubergeet prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,et les donna à l’aubergiste, en lui disant :‘Prends soin de lui ;tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochainde l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit :« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »Jésus lui dit :« Va, et toi aussi, fais de même. »

Voici un récit évangélique qui débute comme en Marc (10, 17) par une demande essentielle : « que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Cette question émane de deux personnes en quête d’une conduite assurant l’héritage promis.
Hériter ? Seuls héritent ceux qui ont droit à l’héritage, c’est-à-dire les membres du peuple élu et ce docteur de la loi comme « l’homme ayant de grands biens », en font partie et se situent comme des « ayant droits ».
Dès lors dans leur demande résonne un « donnant-donnant », autrement dit : que faire pour hériter ?
Comme toujours, très finement, Jésus renvoie le docteur au cœur de la loi. Celui-ci n’hésite pas, Jésus le félicite et l’invite à… continuer à vivre ainsi !
Cet homme veut-il honnêtement approfondir ce qu’il a lu dans le lévitique ? Pourquoi pas ? Et sa demande nous obtient de Jésus une réponse capitale pour notre vie ! Mais pour cet Israélite honnête, dévot et respectueux de la loi, le récit de Jésus dut le surprendre, l’indigner… et peut-être le « retourner » !
Pourquoi Jésus a-t-il mis en scène des hommes, les juifs les plus pieux, les plus honorables en opposition à un Samaritain, objet de mépris et de l’hostilité des juifs ?
Jésus poursuit… « Un samaritain qui est en route… vit le blessé… et fut pris aux entrailles… » Et pourtant le voilà face à un juif, un ennemi… il n’hésite pas et l’homme sera sauvé.
Certes, prêtres et lévites devaient être attentifs à ne pas contracter d’impuretés, étant donné leurs conditions sociale et religieuse… mais la loi les emprisonne tellement qu’aucune pitié ne les atteint, pas même d’être la cause d’une mort probable du blessé ! Oui, la loi leur ôte toute humanité !… le docteur de la loi va-t-il réagir?
… « Tu, veux savoir qui a été ton prochain ? Réponds-moi : lequel des trois a été le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? »
Le docteur de la loi peut-il hésiter ? Va-t-il comprendre que s’approcher de l’autre c’est l’aimer, le servir, comme le Seigneur, de tout son cœur … avec la Miséricorde du Père, au-delà de toute loi…
Et moi, quelle miséricorde m’habite ? Suis-je prête à me faire proche de qui m’attend ?
Seigneur, dans ta tendresse et ta miséricorde, « retourne-moi »!

Sr. Monique Wagner Ballon O.P
Dourdan

Mission des 72 disciples

L’envoie en mission des 72.

 

Ce passage de St Luc, pour le 14 ème dimanche du temps ordinaire, nous relate le choix du Seigneur des 72 disciples (allusion faite aux 72 peuple de la Terre dans Genèse 10, 2 .3) pour l’envoi en mission Le message est clair :

  • partir deux par deux, précédant la venue du Seigneur lui –même, comme des « précurseurs spirituels ».
  • ne pas craindre les difficultés du chemin.
  • Transmettre la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, de personne à personne, comme dans une course de relais.

Chacun a reçu cette Bonne Nouvelle et est invité à la transmettre. Ce fût chose faite au jour de la Pentecôte quand le cœur des Apôtres est devenu Feu et que leur langue s’est déliée.

 

A la veille des vacances, nous voici interpellés sur notre propre vacation de disciple du Christ, qui nous demande d’être semeur de Paix. Pour cela il nous faut partir sans rien, comme le Pauvre. Heureux les pauvres de cœur, le Royaume est à eux ». Recevoir ce fruit de l’Esprit qu’est la Joie. Joie de voir grandir le règne de Dieu, joie d’avoir pu parler du Seigneur… joie qui révèle que le Seigneur est vraiment avec nous quand nous évangélisons.

Cette mission accomplie dans l’obéissance a rendu tout joyeux nos 72 disciples à qui « même les démons leur étaient soumis ». Illusion possible, rien de leur fait, si ce n’est le pouvoir qui vient de Jésus et de lui seul.

Alors, demeurons dans la vraie joie du témoignage pour cette annonce de la Bonne Nouvelle mais avec l’humilité des serviteurs inutiles.

 

Bel été a chacun. Sr Françoise-Marie op.