L’heure où le Seigneur vient

 

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En ce premier dimanche de l’Avent, le prophète Isaïe évoque Juda et Jérusalem. Son souci est la Maison du Seigneur. La Maison du Seigneur, ce lieu sans adresse, couvre tout l’univers au-delà des montagnes et des collines. Cependant, toutes les nations se préparent à converger vers Jérusalem. Mais pourquoi un tel déplacement ?

Jérusalem est le lieu de pèlerinage pour les grandes fêtes religieuses. Toutes les nations s’y rassemblent pour se mettre à l’écoute de la Parole du Seigneur afin d’y découvrir ce que le Seigneur désire pour chacun de nous. Les nations sont conviées à marcher vers la lumière du Seigneur c’est-à-dire vers le salut car le Seigneur nous propose la vie. La vie en lui qui commence ici-bas.

L’épitre aux Romains nous le rappelle, le salut est tout près de nous. Oui, l’heure est proche, écartons-nous des ténèbres pour nous diriger vers la lumière. Ecartons-nous de tout ce qui nous entrave dans le quotidien de notre vie pour nous tourner vers celui qui nous montre un chemin possible de fraternité et de paix.

L’évangile selon Saint Matthieu nous ramène à un passé très lointain où Noé, homme juste et intègre (Gn 6, 9), suit les voies de Dieu. Il en sera de même avec l’avènement du Fils de l’homme. Saint Jacques nous invite à la patiente. Nous, qui très souvent, voulons tout, tout de suite. Non, patientez, affermissez votre foi car le Seigneur est proche. Le récit du déluge a tout emporté sur son passage. Notre foi est-elle assez ancrée pour dépasser toutes les difficultés de notre monde ? Nous laissons-nous emporter par la première idée qui passe sans voir que Dieu nous attend ailleurs ?

Alors que l’Eglise vient de clôturer l’année de la Miséricorde, la porte reste et demeure ouverte dans le cœur de notre Dieu. Ce messie tant annoncé, attendu, chaque année nous en faisons mémoire dans une actualité toujours renouvelée. Car ce Messie est hors du temps, il est de tous temps. Ainsi nous avons quatre semaines pour nous tourner plus spécialement vers sa venue chez tous les peuples, chez toutes les nations. Alors les armes se tairont car le mystère est si puissant que nous serons toujours petits devant le maître de l’Univers.

Soeur Corine Haramant  cru00e8che

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La présentation de Marie au temple

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C’est l’auteur du Protévangile de Jacques,  au IIe siècle, qui raconte « Un prêtre la reçut et, l’ayant embrassée, il la bénit et dit : Le Seigneur Dieu a exalté ton nom dans toutes les générations. En toi, aux derniers jours, le Seigneur manifestera la rédemption aux fils d’Israël. Et il la plaça sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur fit descendre sa grâce sur elle. Et ses pieds se mirent à danser et toute la maison d’Israël l’aima. »

Tant en Orient qu’en Occident, cette fête connut un grand succès. Marie est bien prédestinée à devenir le temple vivant de la divinité. La scène est toute simple, selon cet évangile apocryphe: Anne et Joachim voulurent remercier Dieu de la naissance de cette enfant. Ils la lui consacrèrent. Lorsqu’elle eut trois ans, Marie fut conduite au Temple, un prêtre l’accueille par des paroles qui ressemblent au Magnificat et l’enfant s’assied sur les marches de l’autel. « Tout le peuple d’Israël l’aima ». Cette fête est attestée dès le VIe siècle.

Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au Temple

Depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, Elle priait de 9 heures à 3 heures. Elle s’applique au travail des mains; ensuite Elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait Sa nourriture. Marie, au jour de Sa Présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après Elle, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels, Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

Sr. Diana Mireya Sierra R.

Le Christ est notre roi.

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Aujourd’hui, le Pape François referme la porte sainte, geste qui conclut l’Année de la Miséricorde, une année où paradoxalement, dans certains états du monde, des répressions se veulent impitoyables et terribles !

Faut-il désespérer de cet état d’esprit qui semble écraser tout vouloir de pardon ? La réponse ne nous vient –elle pas avec la liturgie de ce dimanche où la Royauté du Christ est acclamée, une liturgie qui nous offre un des épisodesévangéliques les plus émouvants et inattendus ?

Au pied du Golgotha…la foule… « le peuple restait là, à observer »…est-ce dans un désir de repentir ? Combien parmi les personnes présentes avaient été guéries par Jésus ?… En le supposant, elles se distinguent nettement de l’attitude des « chefs », qui, eux ricanent…Un mot revient quatre fois dans le texte : « sauver », comme si cette parole taraudait ceux qui la prononçaient…

Oui, Jésus continue à sauver…jusqu’à son dernier souffle car la scène se termine justement par le salut accordé au bon larron, —un salut d’un autre genre qu’ auraient souhaité les Anciens, avides d’événements extraordinaires…Salut accordéa un bandit crucifié, souffrant atrocement comme Jésus…

Il y avait aussi une inscription plaquée sur la Croix, au dessus de lui : «  Celui-ci est le Roi des Juifs ». Erreur d’interprétation de la part de Pilate qui ne veut rien changer à ce qu’il a fait écrire, à ce qu’avaient demandé les Anciens…Ironie du sort qui clame la Vérité !

Oui Jésus est le Roi, un Roi serviteur de ce peupleélu dont les chefs ont refusé de reconnaitre en sa personne, l’accomplissement de la prophétie de David !

Voila la vraie Royauté du Christ, l’avènement d’une ère de paix, de pardon, de miséricorde, de partage, auquel un bandit qui agonise, adhère pleinement ! Car de cet arbre de la Croix à l’autre va résonner un dialogue admirable où le pardon de Jésus va bouleverser notre larron, découvrant, in extremis, ce Royaume où l’amour et la Miséricorde est un Tout.

Et nous, qui avons tant reçu durant cette année de Miséricorde, saurons-nous l’incarner dans nos gestes, nos propos,…pour hâter l’arrivée de ce Royaume de Paix, de Pardon dans cet aujourd’hui du monde ?

Que le Christ notre Roi en son Esprit nous donne sa Force et sa Joie !

Sr Monique Wagner

Soeur Véronique Margron, présidente de la CORREF

Nous avons la joie de vous annoncer que notre soeur Véronique Margron vient d’être élue présidente de la Conférence des religieuses et religieux de France ce week-end. Nous retranscrivons ci dessous l’article paru dans La Croix ce 13 novembre.

 

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La théologienne moraliste Véronique Margron a été élue samedi 12 novembre, à Lourdes, présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref). La religieuse de 59 ans, est depuis 2013 prieure provinciale de France des Sœurs de charité dominicaines de la Présentation.

Née en 1957 à Dakar (Sénégal), Véronique Margron est diplômée du service de la protection de la jeunesse en 1981 et a travaillé avec de jeunes délinquants pendant six ans.

Vie affective et fin de vie

Entrée en 1989 chez les Sœurs de charité dominicaines de la Présentation, elle a fait ses études de théologie à l’Institut catholique de Paris et, après avoir travaillé sous la direction du théologien salésien Xavier Thévenot (1938-2004), a soutenu une thèse de doctorat en théologie morale sous la direction du P. Bruno Cadoré. Théologienne moraliste, ancienne doyenne de la faculté de théologie d’Angers, elle travaille sur les questions liées à la vie affective et à la fin de vie.

En octobre 2016, France Culture lui avait consacré sa série « A voix nue ». Elle y témoignait en particulier de l’« éthique de la discussion », évoquant notamment ses rencontres avec des soignants engagés dans des services de soins palliatifs en France et en Belgique.

> À lire. Véronique Margron, théologienne : « La détestation de l’autre sape la société »

La Conférence des Religieux et Religieuses de France regroupe 450 instituts et monastères français. Elle a été créée en 2000, lors de la fusion de la Conférence des supérieures majeures et de la Conférence des Supérieurs Majeurs de France. Sœur Véronique Margron sera la première femme à présider cette structure.

Sœur Véronique Margron sera entourée de deux vice-présidents : le P. Marc Botzung (spiritain) et le P. Daniel Federspiel (salésien de Don Bosco), ainsi que de soeur Anne Bayard, trésorière.

Rendre témoignage

A la fin de l’année liturgique avant la fête du Christ-Roi, un scenario d’images d’apocalypse s’annonce.

Cet évangile : « Bonne Nouvelle » que l’on aurait envie de nommer « mauvaise nouvelle »!

Effectivement le temple de Jérusalem faisait l’admiration des disciples (nous pensons à Palmyre et autres lieux du patrimoine religieux détruits aujourd’hui), or Jésus, fondateur de vrai Temple, prévoit que pas une de ces pierres ne résistera.

Mais « quand Seigneur ? et par quel signe tout ceci ? »

La réponse est directe. A nous d’être vigilants sue les usurpateurs du nom même de Jésus pour nous égarer et attenter à notre foi en Christ.

Double réponse aussi immédiate de Jésus : «  La moment est tout proche » et puis «  ce ne sera pas aussitôt la fin ».

C’est donc dans le cœur de l’homme, que doit s’installer une violence intérieure, bataille contre nous même pour être disponible à l’amour de Dieu qui est gravé en chacun de nous. Cet amour de Dieu n’est pas inscrit sur des pierres, ni même sur nos ordinateurs, mais Dieu édifie son Eglise sur des pierres vivantes. Lisons, entendons ces paroles d’Evangile avec une intensité plus grande et en communion avec nos frères d’Orient.

Nous qui sommes baptisés, avons à rendre ce témoignage comme nous l’indique l’évangile au v13, dans le quotidien de nos vies, dans les rencontres de chaque jour, dans les simples gestes de fraternité qui nous sont offerts … à nous d’inventer !

En ce dimanche où dans bon nombre de diocèse la clôture de l’année de la Miséricorde va avoir lieu, souhaitons que de nombreuses portes intérieures s’ouvrent à la grâce du Seigneur pour passer de la crainte à l’amour, du repli sur soi à l’accueil du Dieu de tendresse et de miséricorde et à l’acceptation des autres et de soi comme DON.

 

Sr Françoise-Marie op      Soeur Françoise-Marie Béguin

Croire en la résurrection de la chair

Pourquoi Jésus s’affronte-t-il aux Saducéens, et qui sont ils ? Ce sont des aristocrates fortunés qui ont fonction de prêtre et de sacrificateurs. Ils préservaient l’autorité de la parole de Dieu. La notion de résurrection a été intégrée à la pensée des croyants à une époque antérieure d’un ou deux siècles à la naissance de Jésus, et justement, les saducéens niaient toute résurrection des morts.

C’est pourquoi, sûrs d’eux-mêmes avec arrogance, ils mettent Jésus à l’épreuve en lui soumettant cet exemple :

Sept frères meurent tous jeunes. Le premier épouse une femme et meurt. Selon la tradition cette femme épouse le second frère pour assurer une descendance la famille ; il meurt. Et ainsi de suite, elle épousera jusqu’au septième. Il mourra et la femme aussi. La question des Sadducéens pour piéger Jésus est donc : si on vit après la mort, de qui sera-t-elle l’épouse puisqu’elle les aura tous eux pour mari ?Jésus répond que dans le monde à venir qui suit la résurrection, les morts ressuscités sont éternels, semblables aux anges. Nous voyons bien là que devant ce qui est inconnu pour nous, ce qui importe, c’est notre foi.

Moïse, dans le récit du buisson ardent nous fait comprendre que ce Dieu qui se manifeste à lui, lui donne la conviction qu’il s’établit une relation avec Abraham, Isaac et Jacob. Il est certain qu’ils n’ont pas vécu leur vie terrestre ensemble, mais qu’ils sont là, en présence de Dieu. Comment le concevoir ?

Ils sont vivants aux yeux de Dieu. Et Jean nous aide à le comprendre :

« Mes biens-aimés, dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». (1 Jn 3,2)

C’est à nous de croire, même si ce que nous serons n’apparaît pas encore pleinement.

 

Sr Martine Bourquin o.p.      IMG_0088

La fête de tous les saints

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Ils ne font souvent rien de particulier mais, quand ils sont là, il y a du respect dans l’air, de la tolérance, de l’amour et de la joie.

Ils sont discrets, humbles comme le levain mais, dans leur terre, une Parole est plantée, une espérance est greffée.

Dans leur vie « l’événement d’amour est quotidien ».
Leurs bras sont ouverts pour le pardon.
Leur cœur est assoiffé d’amour.
L’Evangile a bouleversé leur vie et leur tranquillité.

A travers leurs paroles, leurs gestes, leurs actes, on distingue les contours de la nouvelle terre inaugurée par Jésus de Nazareth.

Ils sont des signes de Dieu, des étincelles de son amour, des particules de sa vérité, des microréalisations de sa miséricorde, des empreintes de sa sollicitude. Ils sont des signes pas des héros.

Ils sont des vivants

… qui avancent dans son sillage,

… qui créent un art de vivre dont les fondements sont dans l’Evangile,

… qui suscitent une terre où les lépreux, les exclus, les migrants ont leur place, où chaque homme n’est pas discriminé ou exploité comme un produit.

Des vivants qui refusent que   la haine ou la violence régissent les relations,

… qui exhortent pour que le mépris ne l’emporte pas sur la bienveillance,

… des vivants qui exaltent l’accueil face au repli sur soi,

… qui s’enthousiasment pour les entreprises qui donnent à notre terre un visage plus humain. Ils se réjouissent lorsque la fraternité gagne du terrain. Ils s’éclatent, se mettent en quatre et paient le prix.

Des vivants indéfectiblement solidaires, remplaçant le « je » par le « nous ».

Des vivants qui vivent en serviteurs. Service gratuit 24 heures sur 24, sans jour de fermeture, avec, en prime la chaleur d’un sourire, un geste d’accueil, une main ouverte sur une poignée d’amitié.

Des vivants qui veillent pour chasser les ténèbres et ouvrir sur la lumière de l’Evangile.

Des vivants qui ont peur de la souffrance mais la subliment pour le compagnonnage des frères en détresse … oiseaux sur la branche.

 

Ils sont conscients de leurs limites, de leurs défauts et ne se prétendent pas meilleurs que les autres. Mais ils crient qu’avec Jésus Christ les limites ne sont pas des barrières infranchissables.

Ils sont conscients que le péché entrave et entraîne mais ils croient aussi que le Christ les appelle et leur dit : « Quitte les chaînes du péché. Tu es fait pour la Vérité. »

Ils sont conscients de l’égoïsme qui les poursuit, l’envie d’amasser pour soi et de profiter des autres. Mais ils croient que le Christ les appelle et leur dit : « Viens et suis-moi. Tu es fait pour l’Unité. »

Ils sont conscients du mensonge et de la tromperie qui les guettent mais ils croient que le Christ les appelle et leur dit « Deviens lumière. »

Ils s’appellent Térésa de Calcutta, Elisabeth de la Trinité. Ils ont vécu à Tibhirine ou pendant la Révolution Française,

Avant d’être un état, la SAINTETE est un combat quotidien à mener sur soi, en soi, pour les autres, avec eux …

Frères en sainteté ou communion des saints, voilà les deux arcs en ciel de mille couleurs, de mille facettes, en forme de croix dont les deux bras « tissés de signes par milliers » se tendent vers le ciel et vers les frères.

 

Par le baptême nous sommes tous saints. Le tout de la vie chrétienne est de mettre cette sainteté en œuvre, à la faire advenir au long des jours en se laissant aimer par l’Esprit de Jésus, éclairer par l’Evangile et enseigner par l’Eglise.

 

Tout un programme : pour toi ? Pour moi ? Pour nous ?

 

Sœur Françoise Chantal Lelimouzin

Sr Françoise Chantal