Sainte Marie mère de Dieu et mère de toute l’humanité

Au débuimaget de cette année, l’Eglise, nous invite à tourner notre regard et notre cœur, vers cette femme humble, remplie de foi et de beauté.

Cette solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, n’est pas un titre de plus qu’on donne à celle qui, avec son « FIAT », est entrée dans l’histoire de notre Salut.

Aujourd’hui, l’Eglise nous rappelle que Marie, est Mère du Fils qui est Dieu, Mère de celui qui, en assumant notre humanité, nous a donné à chacun et chacune, la possibilité de devenir des fils.

C’est pour cela que Marie est depuis toujours présente dans le cœur et dans la dévotion du peuple chrétien et même au-delà. Le Pape émérite Benoit XVI, nous dit : « Nous apprenons d’Elle a accueillir l’Enfant qui pour nous est né à Bethléem si dans l’Enfant né d’Elle, nous reconnaissons le Fils Éternel de Dieu et nous l’accueillons comme notre unique Sauveur ». Notre chemin de Foi donc, est lié à Marie.  Elle nous aide à entrer dans le mystère du Salut, parce qu’elle-même a dû le vivre intérieurement, à travers des événements qu’humainement elle n’arrivait pas à comprendre. Pendant toute sa vie terrestre, Marie a fait confiance, depuis le  moment de la conception de son Fils, jusqu’au moment où elle l’a vu mourir sur la croix. Le Pape François à ce propos écrit c’est « depuis où Jésus mourant sur la croix nous l’a donnée pour Mère en disant « Voici ta mère » (Jn. 19,27). Ces paroles ont la valeur d’un testament et donnent au monde une mère ». Nous sommes devenus des Fils grâce à Marie. Elle est Mère de toute l’humanité qui l’invoque dans la foi.

Tournons- nous vers Elle, et confions lui notre propre itinéraire de foi, confions lui nos nécessités, et celles de nos proches.

Invoquons- la, en lui demandant son intercession pour qu’en ce temps de violence, « Le Seigneur prenne en grâce et bénisse » tous les peuples qui souffrent de la guerre, les femmes et les hommes pris dans l’engrenage de la faim, de l’exil… et chez-nous, de l’égoïsme et du repliement sur nos acquis…

« Que le Seigneur accorde la Paix et la justice » aux peuples dont les droits sont bafoués et le respect de la dignité humaine inexistant, comme en Syrie, en Irak, en RDC, au Soudan du Sud, au  Mexique et tant d’autres.

Marie Mère de Dieu et notre Mère, aide-nous à être en cette année 2017, des artisans de Paix.

                                                               Sr. Amanda Mancipe

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De Noël à l’épiphanie

Par une nuit commune, une semblable nuit,

un Sauveur nous est né.

Il y avait cette nuit-là grand vacarme sur la terre.

Nul silence recueilli pour accueillir l’Emmanuel.

Bruits et fureurs, tracas et pleurs,

la mélopée de la misère.

Par une nuit commune, une semblable nuit,

un Sauveur nous est né.

                  Jean Yves Quellec

 

B_2011_02_ii_domingo_advento_Arcabas_Nascimento_em_Bel_m_2002Quelques savants fous, orientaux il est vrai, mais érudits pourtant, se lancent dans une recherche inhabituelle. Leur science n’est d’aucune utilité : car ils cherchent un enfant ; un enfant roi. Ils partirent donc, du côté de la lumière commençante du monde, vers Jérusalem. Eux, des païens, entrent en ce lieu du Temple pour que les Écritures, et non leur magie, les instruisent. Passage par la Parole du Livre qui les mènera sur le chemin de Bethléem ; là, l’étoile les guidera jusqu’à l’étable.

Des mages quêtent un visage d’enfant ; Hérode, lui, enquête, par peur. Tout le drame est à cet endroit. Les uns désirent une rencontre inédite, inouïe. L’autre, roi obsédé de son pouvoir et ses pompes, mène son investigation policière pour parer à tout danger potentiel. Sa hantise lui fera même exécuter certains de ses propres fils.

Le sort de Dieu est là ; entre ces deux attitudes. Aujourd’hui encore il nous est confié. Jésus, simple fils de Bethléem sera-t-il reçu Seigneur et Sauveur, lui, doux et humble de cœur ?

Ces hommes du pays du soleil levant viennent se prosterner devant le silence fait chair. Car la révélation du Dieu incarné est d’abord silence. Les limiers d’Hérode peuvent-ils recevoir ce silence ? Non, car c’est la contemplation qui peut l’atteindre, le déchiffrer. Voilà pourquoi les mages s’inclinent doucement au pied de ce nouveau-né, sans autre parole que sa vie offerte à qui s’approche. L’invisible du Sauveur est là, dans le visible de l’enfant. Déjà nous voyons sa gloire, dira Jean. Dans sa chair vulnérable, les mages honorent la vraie royauté : se donner au monde. Eux non plus d’ailleurs ne parlent pas. Discrétion des mots, pour ne pas faire peur au silence qui protège la parole naissante, l’entoure ; elle qui demain proclamera la tendresse de Dieu pour chacun de ceux qui se croient à l’écart. Ces visiteurs du lointain, comme les bergers, comme Marie et Joseph, sont émerveillés devant ce petit d’homme, beauté unique de tout enfant aimé. Seule l’hospitalité peut recevoir le silence qui s’ouvre au Verbe.

Pouvons-nous, nous aussi, suspendre nos voix, pour qu’advienne en nous le souffle du Vivant. En ces jours où la Parole est si fragile, remise à notre recueillement, saurons-nous voir entre les choses, entre l’étable et l’enfant, auprès des mages, un fils d’homme s’exposant à nos soins, Dieu lui-même qui s’offre à chacune de nos histoires.

Les mages le comprirent. N’est-ce pas pour cela qu’ils vont repartir par un autre chemin ? Après la rencontre du Dieu vivant, impossible de revenir à sa vieille route.

Invitation faite par cette douce clarté de la nuit de Bethléem : oser prendre un nouveau chemin pour la vie. Pas sans lui.

 

Véronique Margron op.  capture-decran-2016-10-02-a-17-37-50

Il vient !

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Il vient,

faisant de chaque homme

une vierge au cœur pur,

capable de Dieu.

Un enfant nous est né. Un fils nous a été donné. (Is 9,5)

Voilà le corps de Dieu posé tout bas sur la surface de la terre. Demain, il sera déposé plus bas encore, dans ses entrailles. La longue histoire d’amour de Dieu et de l’homme avait commencé dans le jardin d’Éden, quand Dieu avait modelé l’homme à l’image de ce Fils qu’il nous offre, et qu’il l’avait trouvé si beau. Mais le bouleversement de Dieu à contempler sa créature ne nous rejoint véritablement qu’en cette nuit où Marie met au monde ce tout petit enfant. Avec lui, Dieu offre à chacun de nous de devenir une crèche pour abriter ce nouveau-né. En lui, il redresse en nous la parole, pour qu’elle chante avec les anges. Par lui, il fait de nos chairs des vies habitées. Il nous offre de devenir une maison pour son Fils.

 

Sur les habitants du sombre pays une lumière a resplendi. (Is 9,1)

Cette lumière est une chair. Une parole faite chair, dense. Une peau, une odeur, un souffle, un éclat dans le regard, un cœur qui palpite. Cette lumière vient pour les habitants de l’ombremort. Et tous, nous sommes d’une manière ou d’une autre de ce pays de nuit, tant que ce nouveau-né n’est pas venu ouvrir nos yeux à la lumière : toute existence est capable de donner vie au Fils de Dieu ; toute chair peut devenir un temple pour le Verbe. Jésus le Christ, par sa venue, peut faire de chaque homme une vierge au cœur pur capable de Dieu.

 

Le Verbe s’est fait chair, il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire (Jn 1,14)

Cette lumière est une parole. Une chair habitée, soulevée par le Verbe. Le Fils qui nous est donné en cette nuit « porte l’univers par sa parole puissante » (Hb 1,3), et cette parole s’inaugure dans l’univers par le vagissement d’un nouveau-né. Oui, sa parole est puissante précisément en ce qu’elle est plus silencieuse qu’une voix de fin silence, plus fluette que le respir d’un tout nouveau-né. Avec ce souffle-là, Dieu nous fait du bouche-à-bouche. Il nous recrée du dedans. Sans nous faire peur, sans bruit. Puissamment. Tout doux.

Autant dire que pour le monde cela ne compte pas. Et d’ailleurs, il n’y a pas de place pour lui. Ni à l’hôtel, ni nulle part. Il reste une mangeoire, dans la ville de Bethléem, « la maison du pain », pour lui qui sera donné en nourriture. Un lieu de puanteur, pour lui, si petit, si ténu, si léger, lui, le parfum du monde.

Ceux qui sont trop occupés à compter, à dompter les autres, à les recenser, à les arraisonner se fourvoient pourtant. Le nouveau-né qui vient, qui ne cesse de venir, ne fait nombre avec quiconque. Il est en nous l’inouï, le possible irréductiblement neuf, l’avenir ouvert. Il est en nous la paix inespérée, même quand rien ne l’annonce. Il ouvre en nous la possibilité d’habiter ce monde, et d’habiter nos vies. Notre vieux monde se réveille de sa nuit profonde avec un avenir. Celles et ceux dont la vie est inhabitable sont mieux placés que d’autres pour entendre combien cette nouvelle est bonne.

Il nous oblige à prendre soin de lui. Il nous oblige à tourner nos yeux et tout notre être vers lui, tant il est sans défense. Il fait de chacun de nous un cadeau pour lui. Il nous apprend à le nourrir, à le réchauffer, à le protéger, à veiller sur lui, Dieu. Il nous contraint à considérer la vie spirituelle pour ce qu’elle est : au plus près du corps. Le voilà nu, sans abri. Il crie car il a faim, car il a soif. C’est notre Dieu. Il est des nôtres, définitivement. Par ce chemin de pauvreté plus pauvre que toute pauvreté, « tous, nous avons part à sa plénitude » (Jn 1,16).

En tout homme désormais Dieu murmure « Ceci est mon corps ».

 

Anne Lécu, o.p.Soeur Anne Lécu

(Article paru dans La Vie pour Noël, décembre 2016)

 

Noël, trois mystères joyeux.

La petite vidéo que vous avez voir a été réalisée par un ami à partir d’un diaporama d’une centaine de photos, diaporama projeté le 20 décembre dernier
à l’occasion de la célébration de Noël d’un groupe de catéchèse de jeunes en situation de handicap mental.
Il ne s’agit pas de théatre, ni de déguisements, mais de tableaux intimes relatant leur intériorisation de 3 mystères joyeux: Annonciation, Visitation et Nativité.
Les gestes, les regards, les attitudes sont proposés par les jeunes pour dire quelque chose de l’intériorsation qu’ils font de la Parole de Dieu, eux qui manient si mal la parole.
Je suis juste derrière l’appareil photo pour capter ces petits bijoux de sensibilité, de profondeur, de gravité et de méditation. 
C’est une réflexion sur 6 semaines et chaque mardi soir je me redis qu’ils sont les préférés de Dieu et pour cela je les envie ….
Soeur Françoise Chantal

 

 

 

Marie accordée en mariage à Joseph !

En ce 4éme dimanche de l’Avent, nous avons à méditer en Eglise sur le texte de l’évangile selon St Mathieu Ch. 1 v. 18-24. « Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, descendant de David. »

Quelle belle figure nous est présentée en Joseph !

Nous lisons : « Marie accordée en mariage à Joseph. » Dans l’Evangile de Luc, au Ch. 1 v. 27 cela est dit aussi : « L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville  de Galilée du nom de Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme appelé Joseph, de la famille de David. Cette jeune fille s’appelait Marie ».

En orient, rappelons-nous que les mariages étaient quelque peu programmés par les parents. Cependant, nous pensons que Marie et Joseph se connaissaient, les familles se fréquentaient.

Le verbe « Accorder » dit bien cela. Sans doute, y-avait-il un temps spécifique avant le mariage, plus ou moins long, que dans nos pays occidentaux appelions « les fiançailles ».  Un temps décisif de réflexion avant d’habiter ensemble.

Joseph élu pour être père de Jésus sur terre! Un descendant de la Maison de David ! Pourquoi lui et pas un autre ? Sans doute, pour la justesse de sa vie ! Etre juste veut dire : Etre parfait, vrai, droit dans le jugement … etc.

Joseph apprend que Marie est enceinte …. Rien  nous est dit par qui l’a t-il su ?  La rumeur ?…non ! Marie elle-même peut-être ?… Mais de qui est cet enfant ? Pas de lui !

De toute façon, Il sait ! Et il doit  dénoncer Marie publiquement, c’était normal !

Mais Joseph confiant en Marie ne le peut, ne le veut pas…. Il la respecte et l’aime tellement ! Quel discernement faire ? Il est sur ce chemin tortueux, rempli de méandres, d’angoisses, et pourtant il doit décider. Quel grand homme que Joseph, l’homme de la sagesse, de l’intelligence du cœur, de la justice, de l’humilité, de la recherche du bien-fondé ! Pas pour lui mais pour Marie ! Et sa décision est prise : « Il va répudier Marie en secret, afin de la rendre libre de son choix et de son secret ! »

Dans la sérénité de sa décision, dans la paix, il s’endort !

Mais voilà, cependant en cette nuit ténébreuse, il reçoit d’autres lumières et va écouter une voix (celle de l’Ange) qui va lui annoncer un message : « L’enfant qui qui est engendré en Marie vient de l’Esprit-Saint » « Ne crains pas de la prendre chez toi, Marie, qui sera ton épouse ! Oui, elle enfantera un fils et c’est toi qui lui donneras un nom : Jésus, le Seigneur sauve, et il sauvera le peuple de ses péchés ». Donner le nom, signifie bien que Joseph va être le père de Jésus, dans son humanité, et que Jésus pourra être nommé fils, descendant de David.

Joseph a écouté cette voix, cela a transformé sa décision, je dirais : converti entièrement ce qu’il envisageait de faire… Il ne cherche pas comment tout se passera, il fait confiance, il avance un peu aveuglé sans doute  par ce changement d’optique mais il répond : « oui ». Non pas pour lui, mais pour Marie, pour Dieu qui va se faire homme pour sauver toute l’humanité. Il accepte cette mission, d’être l’époux de Marie, le père de Jésus, le garant de cet enfant, de cet adolescent.

Peut-être à certains carrefours de nos vies, où nous devons prendre des décisions parfois plus ou moins dans l’obscurité, nous décidons un peu trop vite en pensant à nous même. Non pas « un ange », mais quelqu’un : un ami, un frère, un conseiller, notre entourage, les évènements, nous conduisent à revoir, à appréhender la situation dans un peu plus de clarté, en pleine lumière ce que nous avons à  décider pour les autres et le bien commun. Nous sommes amenés à convertir notre regard et à ce moment-là, un retournement s’effectue.

Notre préparation immédiate à NOEL, n’est-ce pas cela ? se laisser prendre et toucher par l’Esprit, méditer, chercher ce qu’il y a de meilleur, se laisser réconcilier avec soi-même et les autres, en toute vérité et discernement, pour se donner entièrement à la volonté de Dieu, à la mission qui nous est donnée, pour que son règne vienne.

NOEL ! Que nos regards se posent sur Marie et Joseph ! Ils sont des signes qui nous aideront, nous permettrons de reconnaître le Signe de l’Amour du Père en Jésus pour l’humanité.

Sr. Marie Christine COUSIN op        Marie Chrisitne

Toute notre vie est un « Avent ». Mat 11,2-11

 

Pour les chrétiens, Jean Baptiste est le dernier des grands prophètes d’Israël et le premier de l’ère chrétienne, étant à la charnière des deux testaments il les réunit  dans l’unique projet du  Dieu de L’Alliance.  Il porte  en lui-même toute la mémoire du passé de son peuple et ouvre pour les âges futurs, le chemin pour « celui qui doit venir » le Messie  qui fera entrer l’humanité dans l’Alliance définitive.

Jean Baptiste, prisonnier à cause de sa passion pour la justice de Dieu face aux grands de ce monde, est le plus grand sur terre, de tous les prophètes, dit Jésus, qui  connaît l’authenticité de sa vie et la profondeur de sa fidélité à la parole de l’Alliance (Dt. 29,1…). Pourtant,  il n’a pas la claire vision  de la personne du Messie attendu depuis Abraham et la promesse.  Espérant  en celui qu’il a désigné comme « l’agneau de Dieu », il reçoit dans  la réponse qui lui est  rapportée par les apôtres,  la révélation que Jésus accomplit la prophétie d’Isaïe  35,1-10, 1ère lecture de ce jour :

« Voici  votre Dieu…Il  va vous sauver. Alors se dessilleront les yeux des aveugles et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. »

Voilà qui est notre Messie, celui qui libère les humains  de leurs enfermements, de leurs paralysies, de leurs infidélités faites à l’Amour. « Des aveugles, il fait des voyants, des boiteux il fait des marcheurs, des morts, il fait des vivants. cit».

C’est le paradoxe de la vie spirituelle, que plus les yeux et les oreilles du cœur  s’ouvrent et plus nos pas s’affermissent  sur le chemin de la conversion, plus  alors, nous devenons des pauvres et des humbles. Comme les pauvres de l’Evangile notre appel à guérir se fait pressant. Nous désirons qu’en Jésus,  se penche sur notre mal, le visage de miséricorde du Père.

Pour chacun, la réalisation de la promesse messianique et christique  est à venir. Nous allons vers l’accomplissement de notre humanité telle que Dieu l’a voulue dans sa création,  quand  nous veillons activement dans la prière, éclairés par  la Parole et la disposition du cœur ouvert  à tout humain…ayant la conviction que cette vigilance a une dimension, non seulement personnelle mais ecclésiale et universelle.

Donc notre vie entière est un temps d’Avent, d’avant l’Ultime  Rencontre. Ce temps liturgique qui nous prépare à faire mémoire de la naissance de Jésus, fils de Dieu, nous fait espérer le jour où s’accomplira la promesse pour chacun, celle de sa naissance pleinement  achevée, là  où « Une  joie éternelle illuminera les visages »Es, 35,10.

Joie annoncée aux pauvres en ce  dimanche de Gaudete, 3ème de l’Avent.??????????

Sr Viviane Martinez

Préparez le chemin du Seigneur !

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Quelqu’un crie dans le désert…. Une voix forte, convaincue, convaincante …. Sans doute pour les auditeurs… Seraient-ils venus, si nombreux dans le désert , sinon parce que cet événement est plutôt original ?… Ordinairement le désert n’est pas un lieu pour les prédicateurs, ni pour rassembler des manifestations.. De plus, on n’y croise pas davantage d’auditeurs…tout au plus on y peut rencontrer quelques bédouins avec leurs chameaux , faisant leur commerce…

Qui est-elle cette voix et que crie-t-elle ? Jean, celui qui crie ainsi est un prophète, : son vêtement, son mode de vie si ascétique, le désignent comme tel. Le message qu’il proclame le dépasse, mais en même temps attire les auditeurs :  «  Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche… ». Il est imminent, la conversion est urgente.. .

Ce n’est pas un message de facilité…d’autant que ce Prophète n’est pas si doux..Il devrait en faire fuir plus d’un : non seulement interpellés par ses discours, mais certains, même..insultés : « Engeance de vipères…la cognée est à la racine…sans fruits l’arbre est coupé et jeté au feu… » Et ils restent. !… Quelques-uns,  sans doute, reçoivent même ce Baptême de pénitence..  Que cherchent-il donc ? Un maître de vie qui ouvre la voie du bonheur, dont la parole va être claire au milieu des slogans, idéologies ou propagandes de tous bords ? Une nouveauté dans la compréhension de la loi ? Qui sait , peut-être l’annonce de la venue du Messie promis ?

Le message de Jean se réfère certes, aux Prophètes d’Israël qui l’ont précédé , annonçant le Messie, aimé de Dieu et le bonheur qu’Il va apporter. «  Un rameau sortira …sur Lui reposera l’Esprit du Seigneur, …Il ne jugera pas selon les apparences, il jugera avec justice …Le loup habitera avec l’agneau,… le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra….Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu.. »

Alors, oui, il faut arrêter d’être mauvais, hypocrites, menteurs, suffisants..    Jean veut mettre la vie là où elle parait absente , où elle n’est plus…   Le paysage est désert, et les consciences des auditeurs sont à cette image. Précisément Jean veut les faire changer, devenir ce que le prophète annonçait  pour le désert, quand le peuple reviendrait à la fidélité à son Dieu : «  Je changerai le désert en lac, la terre aride en fontaines…Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia,… » Is 41,18

Et nous, aujourd’hui ? Jean ne nous demande-t-il pas, aussi , de nous convertir ?. En ce jour, l’Eglise prend le relai de Jean. Il nous faut aussi parcourir nos déserts intérieurs, avec leurs aridités , leurs stérilités peut-être… regarder les lieux que nous avons abandonnés au découragement, à la tristesse, à tant de fausses richesses…Il nous faut entendre une Parole de vérité, se remettre en cause, oser faire un pas et commencer un nouveau départ. La Parole , aujourd’hui , nous réveille et nous conduit vers notre espérance, qui, elle, nous conduit vers une vie nouvelle : il vient  : « Jésus, …le Christ…  Il n’y a pas d’autre nom donné aux hommes qui puisse les sauver. » Ac 4,12.

Demandons Lui, avec tous les prophètes et les saints, de nous accompagner pour : « Préparer ce  nouveau chemin du Seigneur… »                                                                                                              

« Conduis moi, douce Lumière,        

               Conduis moi, Toi, toujours plus avant,          

                           J’aimais choisir et voir mon sentier, mais maintenant,

                                             Conduis-moi, Toi, toujours plus avant… ».

                              

Sr Catherine de la Présentation   sr-catherine-1