Heureux…

Ce dimanche nous invite à méditer les Béatitudes. Elles nous invitent à éprouver un certain bonheur. Jésus annonce ce bonheur aux pauvres de la société de son époque. Mais aujourd’hui, le mot pauvre est plus large. Vous avez des pauvres pauvres, ceux qui n’ont rien de rien. Vous avez des pauvres riches, ils vivent pauvrement ayant peu de moyen mais ils sont riches de leur foi, de leurs valeurs. Vous avez les riches pauvres, ceux qui ne manquent de rien matériellement mis dont Dieu est absent.

Mais notre Dieu nous laisse libre, nous ne sommes pas dans une secte où l’on décide à notre place pour nous, ni dans un mouvement sectaire. Non, il laisse la liberté à l’être humain de répondre à son appel ou de refuser de mettre nos pas dans ses pas. Cette liberté est primordial et comme dans le passage de l’ « enfant prodigue », il accueille celui qui se tourne ou se retourne vers Lui.

Vous avez les riches riches, ils ont compris que l’essentiel est de partager sous différentes formes, sa foi, ses savoirs, etc… afin de rendre le monde plus vivable et fraternel. Ces personnes ne s’exposent pas et restent humbles.

Qui que l’on soit, l’enseignement et le comportement de Jésus sont des chemins à emprunter pour tous disciples, encore aujourd’hui. D’où cette nécessité d’approfondir toujours plus cet héritage afin d’en vivre et de le répandre.

D’où cette humilité de l’être humain devant Dieu : je n’ai rien à revendiquer, je fais confiance. Heureux les doux, ils auront l’attitude de Jésus face à ses bourreaux. La violence engendre la violence, la paix désarme car elle n’a pas de prise face à la violence. Cependant les épreuves font partie de la vie, je dirai d’une certaine manière qu’elles sont nécessaires, sans les revendiquer ni les chercher, elles viendront de toute façon, le quotidien s’en charge, ces épreuves font grandir.

Ces quatre béatitudes invitent chacun à faire confiance au Seigneur qui sera toujours à nos côtés même si nous doutons de sa présence. Il était là et je ne le savais pas.

La miséricorde, expression que nous avons beaucoup entendu ces derniers temps – la misère de notre cœur – Dieu nous jugera sur notre accueil, sur nos bonnes œuvres. Mais qu’as-tu fait à ton frère, à ton prochain ? As-tu répondu à celui qui est venu frapper à ta porte sous une forme ou une autre ? …

Voir Dieu. L’ancien testament nous dit : « Voir Dieu et mourir » ; « Nul ne peut voir Dieu ». Mais Dieu est présent dans notre vie. Nous n’y faisons peut-être pas assez attention car le matérialisme nous inonde, et peut nous aveugler. Dieu nous habite, Il prend place chez nous, parfois malgré nous et nous pousse à témoigner de Lui.

Le verset 11 exprime bien toute cette attitude que nous sommes invités à vivre. Cette persécution n’a de sens que dans le Christ. Car un chrétien est une personne qui dérange, qui rappelle la place de chacun dans la société : « Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi ». Voilà une phrase qu’il faut entendre jusqu’au bout : la persécution à cause du Christ.

Le prophète Sophonie dans la première lecture insiste : « Recherchez le Seigneur, vous y trouverez refuge ». Pour le Seigneur chacun a du prix pour lui. Chacun est appelé à changer, à s’améliorer s’il fait confiance au Seigneur. Du plus riche au plus pauvre, le Seigneur ne perdra aucun des siens car la foi en Lui est l’élément primordial pour se laisser transformer et agir dans ce monde qui est le nôtre aujourd’hui.

 

Soeur Corine    cru00e8che

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Un chemin inédit

L’Evangile nous présente Jésus de retour en Galilée et qui proclame la Bonne Nouvelle : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». C’est par ces paroles que Jésus s’est jadis adressée aux Galiléens en les invitant à la conversion. Aujourd’hui, il nous adresse cette même invitation. A nous d’y répondre par notre spontanéité à accueillir cette parole de vie. Mais dans l’exercice de son ministère Jésus a besoin de disciples.   C’est dans cette perspective qu’il appelle quelques pêcheurs du lac de Galilée : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Jésus appelle à le suivre parce qu’il est le Chemin, la vérité et la vie. Ils l’écoutent sans manifester aucune crainte. En un mot ils l’accueillent en acceptant de se lancer dans cette aventure. Cependant ils sont tenus à une « conversion » radicale : », Pierre et André   laissèrent leurs filets, tandis que Jacques et Jean abandonnaient « la barque et leur père »et suivirent Jésus. Un geste qui leur permettra d’être libres pour se consacrer tout entier à leur mission. Par cette nouvelle attitude, les apôtres nous tracent le chemin qui mène à Jésus.

En ce dimanche nous sommes conviés à changer de chemin en prenant le chemin inédit tracé par le Christ et à devenir ses collaborateurs actifs. Ce chemin est celui de l’amour. Cet amour qui se manifeste à tous sans condition et sans discrimination aucune. Dieu veut se faire connaître de tous les hommes et les rassembler dans son Royaume. Avec Jésus et comme lui, nous avons à enseigner et à guérir les cœurs. Il veut nous libérer de la haine, de la violence, de l’égoïsme. Nous sommes son bien le plus précieux et il veut nous combler de son amour et allumer en nous le feu de la joie. En communion avec tous les chrétiens des différentes confessions en cette semaine de prière pour l’unité des Eglises, tournons-nous vers le Christ afin qu’il nous bénisse, qu’il nous garde fidèle dans la foi et nous rassemble dans son unité.

Soeur Adèle Bilgo o.p.

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Clôture des 800 ans de l’Ordre

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Aujourd’hui, nous célébrons la clôture des célébrations du huitième centenaire de l’Ordre dominicain.

A ce titre, une session de plusieurs jours sur la mission de l’Ordre aujourd’hui a eu lieu à Rome, à laquelle plusieurs de nos soeurs étaient présentes.

La messe de clôture aura lieu aujourd’hui samedi 21 janvier à 16h, à la Basilique de saint Jean de Latran, présidée par le pape François. Il est possible de la suivre en direct ici.

L’extraordinaire de l’ordinaire

A l’exemple de Jésus après son Baptême, nous sommes appelées à vivre d’une manière « extraordinaire », le temps « ordinaire » proposé par la Liturgie, à partir d’aujourd’hui.

2ème Dimanche du Temps Ordinaire

Oui, désormais, et pendant plusieurs semaines, l’Eglise nous met en chemin sur les pas de Jésus, dans le quotidien de sa vie, après son Baptême donné par son cousin Jean le Baptiste, dans les eaux du Jourdan. Pendant plusieurs semaines nous allons le contempler en train de prier, de prêcher et de guérir les malades jour après jour, en sillonnant les villes et les villages de Galilée. En suivant attentivement les attitudes de Jésus dans sa vie quotidienne, nous arrivons à conclure que l’ordinaire de ses longues journées, est réellement marqué par des signes réellement extraordinaires.

En tant que personnes baptisées, et participant alors à la dignité du Christ prêtre, prophète et roi, nos vies son aussi marquées par les dimensions de la célébration, la prédication et la guérison. En nous situant alors en ce début du temps ordinaire, pourquoi ne pas oser nous demander justement quelle part est-ce que je me propose de prendre personnellement pour imiter ce Jésus qui prie, qui prêche et qui guérit.

« Je ne le connaissait pas…dit Jean Baptiste. C’était pour tant son cousin… Nous ne connaissons pas « Jésus », tant que nous restons seulement à l’humain…

Alors, Jean rendit ce témoignage: « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui…Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit « l’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint. »

Donc, derrière l’apparence banale de cet « homme de Nazareth » tout un mystère se cache. Il est « oint »,  » consacré », « imprégné »…L’esprit de Dieu est  » descendu » sur lui, et  » demeure » en lui! Présence ignorée, cachée, méconnue…Nous qui prétendons parfois connaitre Jésus, nous n’aurons en fait, jamais fini de le découvrir…Et pour cela il faut nous faire tout petit, tout pauvre, tout ouvert à la révélation.

Mieux le connaitre, pour mieux l’imiter…Plus que jamais, le Père a besoin de nos yeux, de nos oreilles, de notre cœur, de nos mains, de nos pieds pour manifester qu’il est vivant et qu’il œuvre dans notre monde aujourd’hui…

Dieu seul peut donner la foi, mais tu peut donner ton témoignage.

Dieu seul peut donner l’espérance, mais tu peux rendre confiance à tes frères.

Dieu seul peut donner l’amour, mais tu peux apprendre à l’autre à aimer.

Dieu seulpeut donner la paix, mais tu peux semer l’union.

Dieu seul peut donner la force, mais tu peux soutenir un découragé.

Dieu seul est le chemin, mais tu peux l’indiquer aux autres.

Dieu seul est la lumière, mais tu peux la faire briller aux yeux des autres.

Dieu seul est la vie, mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre.

Dieu seul peut faire ce qui paraît impossible, mais tu pourras faire le possible.

Dieu seul se suffit à lui-même, mais il préfère compter sur toi…

                   (Prière d’une équipe de Campinas. Brésil)

           

Bonne route pour ce temps liturgique Ordinaire

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez      images

Des confins du monde

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Des hommes un jour se sont mis en marche.

Nul ne sait pourquoi.

Ils suivent une étoile lointaine.

Ils viennent de loin, chargés de trésors.

Ils apportent avec eux ce qu’autrefois les Hébreux ont offert pour construire la Tente de la rencontre, cette maison pour Dieu qui abrite sa Parole, décalogue, et marche avec eux dans le désert. Ils apportent de l’encens pour parfumer et brûler, de l’or pour éclairer et de la myrrhe pour embaumer et annoncer que la mort n’a pas le dernier mot.

Ce sont ces étrangers, des païens, des savants qui viennent honorer l’enfant de la crèche pour ce qu’il est, un roi. Et ils le trouvent, sur l’infime indication d’une étoile.

Double leçon.

– Le savant qui demeure en nous doit faire une longue marche pour trouver l’enfant, quand le pauvre, le berger n’a qu’à ouvrir les bras pour le trouver.

– Mais alors qu’il n’y avait pas de place pour lui parmi les siens, ce sont des étrangers qui viennent l’honorer.

Nous sommes et bergers et mages, et proches et lointains de l’enfant de la crèche.

Mais déjà dans cet abri de peu, il ouvre les bras pour nous recevoir, tous, tels que nous sommes. Comme sur la croix, écartelé, il ouvrira les bras pour nous recevoir, encore et encore, tant c’est là sa seule joie.

D’y croire et d’en vivre est le seul chemin de la paix.

Il n’y a rien à craindre. Même ceux d’entre nous qui viennent des confins du monde et de leurs propres confins intérieurs sont reçus par Dieu qui vient faire de nos vies sa maison. Il nous apprendra (et une vie n’est pas de trop pour l’apprendre) à vivre les bras ouverts.

Anne Lécu o.p       Soeur Anne Lécu