« Regardez les oiseaux du ciel, observez les lys des champs… »

 

Les lys des champs… Salomon lui même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux !

Salomon, fils de David ! Salomon « le pacifique », aimé du Seigneur (2R 12,25)…

Ce tout jeune homme, investi d’une lourde charge, rend grâce pour son père et demande pour lui même un cœur attentif pour savoir discerner le bien et le mal.

Le Seigneur répond favorablement à sa requête, lui accordant même ce qu’il n’a pas demandé, richesse et gloire, faisant de lui un roi sans égal. (1R 3,4-15)

Fils de David !

Dans la rumeur de la foule, l’aveugle reconnaît en Jésus de Nazareth passant, le fils de David.

« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (Mt 20,29-34)

Fils de David, nouveau Salomon,

sans retenir le rang qui l’égalait à Dieu, ce Fils vient parmi nous, en sa naissance à Bethléem

en grande pauvreté…

Fils de David, manifesté en son baptême, « Fils Bien Aimé » du Père…

Fils de David,  « rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être… » (He 1,3), Jésus, rayonnant de splendeur en sa transfiguration…

Fils de David, acclamé par la foule lors de son entrée triomphale à Jérusalem…

Fils de David… Roi des juifs… exposé nu sur le bois de la croix…

Ce Fils de David, Dieu l’a ressuscité ! Nous tous en sommes témoins : Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ! (Ac 2,22-36)

Et nous ?

N’avons nous pas été choisis dans le Christ dès avant la création du monde ? (Eph 1,4)

Tous ceux que le Père a choisis, avant tous les siècles, Il les « a distingués et prédestinés à reproduire l’image de son Fils qui devient ainsi l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8,29)

Oui, « …nous sommes héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ … » (Rm 8,17)

« Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. » (1Jn 3,2)

« Ne vous faites pas tant de souci, votre Père Céleste sait que vous avez besoin de tout cela. »

Notre Dieu est tendresse, son amour est fidèle.

Il nous aime comme une mère aime son nourrisson… Jamais il ne nous oubliera ! (Is 49,14-15)

« Je t’aime d’un amour éternel, aussi je te garde ma fidélité. » (Jr 31,3)

« Demain aura soin de lui même : à chaque jour suffit sa peine ! »

Pourquoi nous inquiéter ? Notre vie n’est elle pas assurée ? Tant de nos frères vivent dans l’insécurité, la misère, la détresse…

Jour après jour, Dieu nous donne ce qui est nécessaire pour répondre à son amour, à sa fidélité…

Que nos vies deviennent prière… action de grâce pour tous les biens reçus… intercession pour notre monde, présentant au Seigneur sa souffrance, ses angoisses, ses légitimes inquiétudes…

« Seigneur, ton amour soit sur nous comme notre espoir est en toi ! »

Sr Michel de la Présentation

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Dieu pourvoit à nos besoins… Il n’est pas un Dieu qui manipule les événements de notre vie ni les personnes… Tout ce qui nous arrive ne vient pas de Dieu, mais Dieu nous donne le moyen  de vivre sa volonté en tout ce qui nous arrive…

Dieu nous tient et nous soutient pour que nous puissions vivre sa volonté…

Dieu a laissé le mal pour que nous puissions grandir, être lavé des accusations. (Jb)

Ne vous inquiétez de rien… Ne vous laissez diviser par rien… (la peur de la mort..)

Demain aura soin de lui même : à chaque jour suffit sa peine !

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« Ne vous inquiétez pas »

 

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Une mère ne peut oublier son petit. Elle le nourrit, le revêt, le réchauffe, le console, le câline. Elle tremble quand il tremble, elle a froid quand il a froid, elle se réveille à son cri, elle rit avec lui quand il rit. Et bien Dieu, nous dit Isaïe 49, 14-15, Dieu nous aime de cette façon là. Toujours. Sans faille. Il veille quand nous relâchons la veille. Il aime quand notre amour dort. Il tremble quand la distraction l’emporte sur l’attention à l’autre. Il aime celui qui est abandonné comme celui qui ne l’est pas. Il est là, du côté de l’abandonné, dans la nuit, dans le froid, dans le silence.

Je suis allée cette semaine au cinéma voir le magnifique film Silence. Il est des films, même fort réussis, que l’on oublie quelques heures après être rentré chez soi. Ce n’est pas le cas du film de Scorsese, envoûtant même longtemps après. Qu’est-ce que la foi ? Qu’est-ce qu’être fidèle ? Qu’est-ce que trahir ? Comment parler de la fidélité de Dieu dans ce silence épais dans lequel ceux qui meurent pour lui meurent en silence ? Qu’est-ce qu’être prêtre d’un peuple ?

Il me semble que le père Rodriguez traverse ces questions et finit par y répondre d’une façon que ne renierait pas Paul : « Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs je ne me juge pas moi-même ». (1 Co 4,1-5). Il reste cependant cette énigme crucifiante et ce silence sourd qui n’est jamais expliqué autrement que par une croix de bois sculptée, minuscule croix.

Nous ne pourrons entendre la force de la prophétie d’Isaïe, que devant le cri du Christ : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est dans ce cri de toutes les inquiétudes, de toutes les terreurs, et dans ce seul cri, que la fidélité de Dieu qui a radicalement choisi le parti des abandonnés, prend son sens. Il porte l’angoisse des hommes jusque dans cet abîme – et qu’est-ce d’autre que l’Enfer sinon ce silence absurde d’un Dieu qui semble vain ? – abîme dans lequel aujourd’hui encore des hommes se noient.

Le « ne vous inquiétez pas » quatre fois répété dans l’Évangile de ce jour, naît après cette traversée, quand des apôtres essorés par l’expérience qu’ils ont vécue en compagnie de leur Seigneur tentent de mettre des mots sur le mystère de la résurrection. « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ».

Oui, cherchons le Royaume et sa justice.

 

Anne Lécu o.p.      Soeur Anne Lécu

« Moi, je vous dis… »

Nous approchions de la Toussaint. Je les entendais discourir dans l’escalier qu’un coude me dissimilait à leurs yeux. Ils étaient deux lascars de 9 ans, souvent pris en faute.

« Moi, je n’irai pas au ciel  disait Jean-Sébastien

– Pourquoi ? questionnait Julien

– Avec toutes les bêtises que je fais, j’irai tout droit en enfer !

Ils franchirent le coude comme d’autres le Rubicon et m’aperçurent en bas des marches. Julien était tellement ébahi par ce qu’il venait d’entendre qu’il en oublia que … justement ils n’auraient pas du se trouver à cet endroit-ci, à ce moment-là !

Il m’interrogea avec anxiété :

« Jean-Sébsatien, il croit qu’il ira en enfer à cause des bêtises qu’il fait : c’est vrai ? »

C’était en 1983 ou 84, je me pouvais donc pas leur dire que 30 ans plus tard un pape nommé François dirait souvent « Je suis un pécheur pardonné. »

Mais ce fut tout de même quelque chose comme cela que je leur répondis, à tous deux.

J’étais à la fois peinée qu’un enfant puisse considérer l’affaire comme entendue : le ciel n’était point pour lui et émerveillée de son humilité devant l’aveu des soi-disant bêtises accumulées en si peu d’années ! J’étais aussi bien décidée à faire évoluer sa certitude d’ici la fin de l’année. Sa certitude quant à sa conception d’un Dieu qui regarde les petits garçons aller tout droit en enfer !

Cette anecdote a surgi de ma mémoire à la lecture de l’évangile de ce dimanche (Mt (5,38-48)

« Vous avez appris qu’il a été dit : Oeil pour œil

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain …

«  Vous avez appris »… « On vous a dit » disent d’autres traductions.

« On » ne fait que répéter, redire, rabâcher, ressasser, …

Les journaux, la télé, Internet, la radio nous disent ce qu’ « on » doit savoir, connaître, penser et faire, et ce, dans tous les domaines.

« Eh bien ! moi, je vous dis… »

« On » est un pronom indéfini.

« Je » est un pronom personnel. Jésus n’est pas venu pour réciter le passé.
Il est venu pour accomplir et pour ouvrir l’avenir. Jésus s’engage : Il dit « Moi, Je ».

A nos côtés, pour le meilleur et … pour le pire !

Accomplir c’est prendre à son compte, assumer le risque de ses choix jusqu’au bout.

 

Heureux Jean Sébastien qui sait dire « Je » !

Heureux parce qu’il pose sur lui un regard sans complaisance !

Heureux parce qu’il ne ment pas, ne se met pas en avant !

Heureux parce qu’il a un camarade qui l’écoute et qui s’engage à ses côtés !

Heureux seront-ils tous deux quand ils auront découvert qu’ils sont aimés d’un Amour qui ignore les frontières y compris et surtout celles des cœurs !

Heureux seront-ils lorsqu’ils auront expérimenté qu’aucune « bêtise » ne rebute cet amour qui est allé quérir Adam au fond de sa détresse !

 

Sœur Françoise Chantal Lelimouzin o.p.      juillet-2016

« Je ne suis pas venu abolir la loi, mais l’accomplir »

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous continuons le sermon sur la montagne, qui commence avec le discours des Béatitudes. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus a prêché dans les premiers mois de sa vie publique et il donne le ton de son enseignement. Le centre de la prédication du Seigneur est l’Amour avec sa primauté sur la loi. La loi de Moïse.   (« il a été dit jadis… »)

Mais on peut se poser la question : qu’est-ce que la loi ? En bref, la loi est un ensemble de normes, de règles, de restrictions, qui dans le cas de l’Ancien Testament, est une des principales valeurs, considérée comme un DON de Dieu, en lien avec l’Alliance.

Selon la pensée de Jésus, la Loi ne se résume pas uniquement aux principes purement extérieurs. Non. A vrai dire, la Loi de Dieu correspond à l’idéal de perfection qui réside dans le cœur de chaque personne.

Jésus, nous invite à franchir le pas, à aller plus loin que les normes, les habitudes, au- delà de nos propres pensées… etc. La mission de Jésus n’abolit pas les préceptes de la loi, au contraire, elle l’ « accomplit ».

Eh bien, Jésus viens nous enseigner une nouvelle loi, une nouvelle manière de vivre avec nos frères et sœurs, et c’est l’AMOUR, qui va être plus exigent que les normes de la Loi de Moïse.  « Car c’est ici l’alliance que j’établirai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple ; » ( Cf. Jérémie 31:33, Hébreux 8.6-10)

L’enseignement de Jésus, non seulement nous invite à franchir le pas, mais à aller au plus profond de nous –même, aller à la rencontre même de celui qui nous a fait mal « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,  laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5.23-34)

Combien est exigeante cette Nouveauté du Maître ! Il faut se « réconcilier » avec l’adversaire… avant de prier, vraie radicalité évangélique par rapport à la loi.

Saint Jean le disciple bien – aimé de Jésus, nous dit «  Et nous avons ce commandement de sa part, que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère. (1 Jean 4:21)

Faisons de nos actes, des actes d’amour, comme dit Sainte Bernadette Soubirous « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant »

Demandons au Seigneur la grâce de son Esprit, pour que nous puissions surmonter nos habitudes, nos « propres lois », qu’il nous purifie et que nous nous laissions guider par sa grâce.

 

Sr Maria Esperanza OLARTE-MATEUS  Capture d’écran 2016-06-26 à 08.34.27

Vous êtes la lumière du monde !

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Vous êtes le sel de la terre!

Quel beau symbole ! En effet, le sel dans la terre, en petite quantité, fertilise le sol et à l’époque de Jésus on en mélangeait un petit peu avec l’humus pour le rendre plus fertile. Pour nous, aujourd’hui, le sel est surtout ce qui donne du goût : que serait une cuisine sans sel, sinon une cuisine sans saveur et insipide ! Qui plus est, le sel est même indispensable pour notre corps, il est vital !

Analogiquement, pour un croyant, la foi est le sel de la vie. Car c’est la foi qui donne du goût et du sens à la vie. Ainsi, et c’est là notre vocation, nous sommes appelés à être le sel de la terre. C’est-à-dire à donner du goût à la vie par notre témoignage de vie!

Mais dans le risque est toujours grand de dénaturer le sel, d’oublier pourquoi Dieu nous a créé. Claudel disait non sans humour: «L’Évangile c’est du sel, et vous en avez fait du sucre». Oui, à trop vouloir toujours tout concilier, on devient fade, on perd la force corrosive du sel de l’évangile dans nos vies. Et alors on passe à côté de notre vocation. Soyons clairs, si le chrétien n’est plus du sel, il ne sert à rien, il n’est plus signe du Royaume de Dieu et ne sert donc plus à rien. Au contraire, nous sommes appelés à donner du goût à notre milieu par le témoignage de notre foi. C’est là une responsabilité non pour nous mais envers les autres…

Vous êtes la lumière du monde!

Cette seconde expression renforce la première dont elle partage le sens. La lumière, c’est la couleur, la beauté, la vie. La lumière fait resplendir la terre. Quand il y a du soleil, il fait toujours beau, parce que la lumière transforme en beauté tout ce qu’elle éclaire.

S’il était une image pour dire Dieu, le soleil en serait la meilleure : « Soleil levant qui vient nous visiter ». Et nous sommes appelés à être des lumières pour les autres. Nous sommes tous appelés à être brillants, transparents pour que la lumière de Dieu puisse par nous éclairer nos frères. Elle le fera si nous vivons en chrétiens authentiques, c’est-à-dire en pratiquant ce que nous demande le prophète Isaïe : «Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui qui est sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore». Et plus loin: «si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la paroles malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi».

Mais c’est bien Dieu qui, par nous, se donne et se communique. La grandeur de notre vie, c’est de laisser passer Dieu. Pour cela, il faut lui donner de l’espace, lui donner du temps … d’où l’importance de la prière fidèle, des sacrements, de la lecture de la parole de Dieu, des œuvres de miséricorde. Oui, Dieu ne peut se donner que dans la mesure où nous le laissons passer, Il fait tout dépendre de notre liberté.

Jean-Paul II parlait ainsi aux jeunes aux JMJ de Toronto, en 2002 (Le thème était “sel de la terre et lumière du monde”) lors de la messe de clôture: «Le sel assaisonne et donne du goût à la nourriture. En suivant Jésus, vous devez changer et améliorer la “saveur” de l’histoire humaine. Par votre foi, votre espérance et votre amour, par votre intelligence, votre courage et votre persévérance, vous devez humaniser le monde dans lequel nous vivons. Isaïe indiquait déjà dans la première lecture d’aujourd’hui le moyen d’y parvenir: “Faire tomber les chaînes injustes… partager ton pain avec celui qui a faim… faire disparaître le geste de menace et la parole malfaisante… Alors ta lumière se lèvera dans les ténèbres” (Is 58, 6-10).

Cela n’est pas qu’une invitation aux plus jeune, c’est une invitation à tout chrétien quelque soit son âge. Que l’Esprit ne nous laisse pas nous affadir ou nous assombrir. Notre monde, nos frères ont besoin d’espérance, de lumière, de solidarité !

Ô Christ, Soleil de justice, rends-nous rayonnants de ton amour sur la terre des hommes !

 

Soeur Catherine Aubry    425121_108950605897511_1585549933_n

La vie consacrée, témoin d’un Dieu qui relève de la mort

Message de Sr Véronique Margron, présidente de la Corref, à l’occasion du 2 février 2017, fête de la présentation du Seigneur au Temple et de la vie consacrée.


La journée de la Vie Consacrée a 20 ans ! Le pape saint Jean Paul II l’instaura en 1997, en ce 2 février, fête de la Présentation du Seigneur au Temple, récit qui préfigure déjà l’amour sans mesure du Christ qui donnera sa vie en faveur de tous, jusqu’à prendre la condition du dernier, par la mort sur la Croix. Mort victorieuse sur toutes nos haines, nos mensonges, nos violences et nos murs de séparation.

La célébrer aujourd’hui, c’est continuer à rendre hommage à la façon dont notre Dieu habite notre temps. C’est rendre hommage, en même temps, à un art de croire ensemble à la manière de nos fondatrices et fondateurs. Chemins éminemment pluriels et variés, et pourtant un : donner à contempler le seul Seigneur qui se soit fait serviteur. Donner à entendre Sa parole de miséricorde par la voix de nos vies. Éternelle jeunesse de cette unique Parole à travers notre chair, à tout âge et jusqu’en toutes nos rides, mémoire de l’histoire d’un don.

Notre sequela Christi est un chemin de configuration au Christ, de sa venue en ce monde jusqu’à son retour au Père. Notre avenir n’est ni dans nos murs ni dans nos œuvres, ni dans nos activités multiples – et nécessaires – mais il est, en toutes nos situations, lové dans le cœur bienfaisant de notre Dieu.

De quoi s’agit-il dans notre monde ? D’être de modestes et opiniâtres signes de l’étrange histoire du Dieu de mort et de résurrection.
Pour ce faire, notre présence dans des lieux de morts, de violences, d’indifférence aux plus fragiles est fondamentale, chacun à sa façon et selon son possible. C’est là que nous signons notre confiance, envers et contre tout parfois, dans le Seigneur qui ressuscite les morts. Nos communautés sont alors appelées à être des lieux où, chaque jour, nous apprenons les unes des autres, les uns des autres comment venir au monde à travers la mort et la résurrection. En cet « écosystème » nous apprenons, à ne pas être prisonniers de notre passé, à mourir et ressusciter, à mourir et être renouvelés, à renaître en frères et sœurs du même Dieu vivant.

Oui la puissance humble de notre vie consacrée est de faire signe vers le Dieu qui ressuscite les morts, à commencer par ce que nous pensons mort en nous-mêmes.
Dans les circonstances qui sont les nôtres aujourd’hui, du sein de nos fragilités assumées, nous ne sommes pas des héros solitaires dans un monde effréné de réussites et de puissances, mais des sœurs et des frères qui témoignent de la créativité inouïe de notre Dieu qui relève de la mort, dans la nuit. Voilà le sens du temps qu’il nous revient de dire. Nous partageons avec tous les affres des combats du sens de l’existence. Si en ce lieu nous sommes solidaires et honnêtes, alors oui peut-être que noter monde pourra davantage partager notre espérance.

«  Suivez le chemin. Chantez en marchant. C’est ce que font les voyageurs pour alléger leur fardeau […]. Chantez un chant nouveau. Ne laissez personne venir vous seriner les vieux refrains. Chantez les chansons d’amour de votre pays […]. Comme chantent les voyageurs, et ils chantent souvent la nuit. Tous les bruits qu’ils entendent alentour sont effrayants. Mais ils chantent même quand ils ont peur des bandits. »
Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 66, 6.

Très belle fête à toutes et à tous,

Sr Véronique Margron op.
Présidente