Tout commence par la soif

LA SAMARITAINE

 

Dans la brûlure de midi

Tu viens puiser de l’eau

Mais la soif de nouveau

Rongera ton gosier

L’eau vive seule peut combler ton cœur tari.

 

Je ferai surgir dans tes mains

Comme un chant de fontaine

Une source sereine

Jaillira de ta vie

Si tu reconnais que je suis

Celui qui vient.

 

Tes cinq maris n’ont pu créer

Qu’une longue illusion

Laisse l’adoration apaiser tes blessures

Et que l’amour te transfigure en vérité.

 

Tu peux annoncer au pays

Que Dieu est un amant

Son feu bouleversant

Vient épouser la terre

Celui qui croit se désaltère de son Esprit.

 

Alain LERBRET   ‘Sources’   poèmes évangéliques.

 

Tout commence par la soif. Tout finit par elle aussi. Jésus est fatigué par la route. Le peuple de Dieu aussi, dans le désert, avait connu fatigue et soif, au point de récriminer contre le Seigneur et contre Moïse, et d’obtenir de celui-ci, qu’en frappant le rocher (Exode17, 3-7), il procure cette eau indispensable à la vie et dont tant de nos contemporains sont encore aujourd’hui privé.

Celui qui a soif manque d’eau. Elle est donc logique, évidente, cette demande de Jésus: Donne-moi à boire.

Certes, il s’adresse à une femme, ce qui étonnera les disciples à leur retour. Certes, il s’adresse à une Samaritaine, ce qui étonnera celle-ci car les Juifs n’ont pas de relation avec les Samaritains.

Ecoutons le dialogue entre Jésus et la femme :

Sur la soif et l’eau «donne-moi à boire » – « si tu savais… tu m’aurais demandé cette eau»; Jésus se présente à nous comme un mendiant: «d’eau vive».

Sur le mari «va chercher ton mari » – « je n’en ai pas » – « tu en as eu 5 et celui-ci n’est pas ton mari, tu dis vrai».

Puis avec l’arrivée des disciples :

Sur la nourriture «Rabbi mange! » – « j’ai à manger une autre nourriture »  « quelqu’un lui aurait-il apporté à manger?». Faim et soif sont présentes dans la Bible. Jésus soulage la faim dans le désert. Il se présente comme le Vrai Pain ; et l’eau vive qu’Il donne à la samaritaine est son Esprit.

L’eau pour St Jean devient Parole et Vie. Il a soif de notre amour.

« Es tu le messie ? » « JE LE SUIS, moi qui te parle » c’est alors qu’avec empressement la femme lâche sa cruche pour courir vers les siens déjà en messagère de la Bonne Nouvelle.

Durant ce carême : aumône, don de soi, temps partagé avec les autres, fidélité dans la prière, vigilance et lutte contre le Tentateur, reconnaissance de nos faiblesses dans le sacrement du pardon et partage de l’Eucharistie vraie Nourriture tout ceci est la volonté du Père, soit Sa Nourriture.

Près de ce puits nous découvrons aussi cette nouvelle alliance entre le Christ et notre pauvreté de pécheur.

L’Heure vient, l’Heure est venue et nous voici de toute évidence au cœur de cette Adoration du Père, non plus au mont Garizim, mais au sommet du Thabor en Esprit et Vérité. Temps de conversion qui étanche notre soif, qui nous provoque à la rencontre et qui nous invite à vivre la charité avec nos frères quotidiennement.

Arrêtons nous donc un peu sur la margelle du puits… jusqu’à Pâques.

 

Soeur Françoise-Marie Béguin   

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