« Glorifie ton fils » Jean 17,1b-11a

Jésus prie. Il communique avec son Père d’une manière familière, la même qu’il nous a montrée tout au long de sa vie publique et qu’il nous a apprise dans la prière du Notre Père. Et maintenant il demande à être glorifié.

Cette demande peut nous paraître un peu étrange, parce que dans notre langage quotidien, le mot « gloire » signifie : pouvoir, avoir de la renommée, briller aux yeux des autres…Mais dans la tradition biblique, la « gloire » est le propre de Dieu. La gloire est le salut de l’être humain. Le salut qui vient de la connaissance de Dieu en Jésus.

Connaître ne signifie pas percevoir, être conscient de quelque chose, mais c’est de l’ordre de la connaissance qui demande une implication personnelle. Dans la Bible, connaître a une relation étroite avec la pratique de l’amour et la justice. Pour connaître Dieu, il nous est demandé de vivre dans l’amour et dans la justice.

Jésus demande à son Père de le « glorifier », parce qu’est arrivé le moment, pour lui, de retourner vers le Père. En retournant vers le Père, il sait qu’il a accompli sa mission. Il a montré par ses actes et ses paroles, qu’une vie dans l’amour et la justice est le seul chemin qui conduit vers le Père. Les disciples, dans leur proximité avec le maître, ont été témoins de sa vie toute donnée. Jésus a agi selon « le droit et la justice », en aimant jusqu’au bout ceux que Dieu lui avaient confiés. Et maintenant, il prie son Père pour qu’il donne à ses disciples la même « gloire », parce qu’à sa suite, ils vont mettre toute leur humanité au service de l’Evangile pour la connaissance du Dieu de Jésus.

Aujourd’hui, à notre tour, disciples de Jésus, il nous revient de pratiquer la justice et de vivre l’amour, pour que la gloire du Père se manifeste à travers nous.

                       Sr. Amanda Mancipe

 

 

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« Je ne vous laisserai pas orphelins » Jn 14, 15-21

Jésus lit dans la tristesse de ses disciples, à la veille de son départ, la crainte de rester seuls, privés du maître et se sentant petits, face à tout ce qu’ils ont entendu, vu et vécu, entraînés dans une aventure qui les dépasse.

La racine hébraïque du mot « orphelin » signifie : « être seul, sans père ».

L’orphelin, c’est celui qui est sans défense ; il est habité par une solitude durable  et il est privé de la mémoire familiale. II ignore ses propres racines indispensables pour construire, harmonieusement et avec confiance, son humanité.

Les apôtres sont enfantés à une vie nouvelle, celle qui a jailli de la mort et  du relèvement  de Jésus. Le matin, au bord du lac, le jour de sa résurrection, Jésus interpelle ses apôtres leur disant : «  Mes enfants ».  La promesse de ne « pas les laisser orphelins », n’est pas une simple parole de consolation. Jésus sait que c’est vital pour les disciples et chaque chrétien, de les accompagner dans la connaissance de son Père, pour qu’ils deviennent fils à leur tour, « …vous avez reçu un esprit d’adoption filiale, par lequel nous crions : Abba ! Père ! ». Rm 8,15

« Moi je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur ». Celui qu’il appelle, l’Esprit Saint, c’est, nous dit l’évangile de Jean, le Défenseur, le Consolateur, Celui qui instruira votre mémoire  et qui vous guidera en  tout.  C’est le Maître intérieur qui vous donnera confiance et audace  pour être témoins, à travers votre réalité  humaine, d’une réalité bien plus vraie encore, celle de l’existence et de l’amour du Père en vous.

Durant sa vie, l’orphelin cherchera son père charnel ou un autre  père. Pour notre vie spirituelle, Jésus veut nous conduire à son Père mais il nous met en garde aussi, contre cet autre père qu’est celui du mensonge (Jn 8,44). Et c’est contre  ce père là que l’Esprit nous défendra.

C’est seulement par « l’Esprit de Vérité »  dans nos vies, que la relation d’amour au Père est  possible. Jésus persuade ses disciples que l’action de l’Esprit en eux, c’est son action à lui car, dit-il : « Je vis et vous aussi vous vivrez ». Jésus, ils l’aiment et ils  voudraient ne jamais en être séparés ! Mais lui, les invite à consentir à son absence qui ne sera qu’apparente : « Le Père et moi, nous demeurerons en vous ». Avec cette promesse commence le temps de la foi et celui de l’envoi pour construire la fraternité comme Jésus l’a inaugurée.

Béni est Dieu, Père,  Fils et Esprit Saint, de nous introduire dans leur mystère où nous  trouvons nos racines réelles, la mémoire de l’amour de Dieu pour chacun de nous en l’humanité et notre histoire éternelle.      

                                                 Sr. Viviane MARTINEZ

                                            

« Je suis le chemin, la vérité, la vie…

…Personne ne va au Père sans passer par moi . » Jn 14, 1-12

Soir du jeudi Saint : à leur grand étonnement, Jésus vient de laver les pieds de ses disciples, et de remettre Pierre devant sa propre fragilité : « Tu m’auras renié trois fois… ». Et Jésus continue à rassurer ses disciples, car le temps presse, Judas est sur le chemin de la trahison..

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé,… Dans la maison de mon Père,… je pars vous préparer une place. Quand je serai parti…je reviendrai….et je vous emmènerai auprès de moi… là où je suis, vous serez vous aussi… pour y aller vous savez le chemin… » Eh bien non, les disciples ne savent pas… Et cependant…

Dès que Judas, ayant mangé la bouchée est sorti en courant, Jésus leur a dit : « Je vous donne un commandement nouveau : C’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ». Cela ne leur a pas fait question…ce qui les intéresse dans l’immédiat : aller avec Jésus… et donc connaitre la route…

Jésus donne la réponse : «  C’est moi le Chemin…mais aussi la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ».Alors…  « montre-nous non seulement la route, mais aussi le but du chemin : Montre-nous le Père… cela nous suffit. »

Et c’est la tristesse de Jésus : «  il y a si longtemps que je suis avec vous… Philippe, et tu ne me connais pas ? » Et pourtant…. les Apôtres viennent de vivre presque trois ans avec Jésus, témoins de l’enseignement et des explications particulières qu’il leur a données, des miracles réalisés, de leur foi même, qu’ils ont affirmée : « A qui irions nous, .. Tu as les paroles de la Vie… »

Le chemin de foi, malgré l’attachement à Jésus, est long.Même les œuvres de Jésus ne les convainquent pas encore. C’est la recommandation de Jésus : « Si vous ne croyez pas en moi, croyez du moins aux œuvres que je fais ». Et Jésus leur affirme : « IIs peuvent faire les œuvres qu’il fait, et même encore de plus grandes que Lui, s’ils croient en Lui. »

Ils ne croient pas encore vraiment..Et Jésus, en ces derniers moments se révèle : Il est, Lui, le Chemin pour aller au Père. Il est la Vérité : la seule révélation du Père. Il est la Vie : celui qui fait accomplir la volonté du Père. Jésus les ramène au réel, c’est-à-dire à leur vie avec Lui , à leur confiance en Lui, malgré leur faiblesse : Judas vient de partir pour le trahir, Pierre va le renier. Cependant Jésus leur demande de le suivre, de marcher en sécurité avec Lui. Il est le Chemin , Il est la Vie, Il est la Vérité. Il s’agit donc de suivre une personne, pas de se conformer à un code de vie, si beau soit-il. Et cela engage leur liberté, à chacun et une exigence d’amour : « Aimez-vous…comme je vous ai aimés » leur a dit Jésus..

Et nous qui lisons cet épisode de la vie de Jésus et de nos prédécesseurs dans la foi, nous pouvons sans doute nous retrouver, plus ou moins, dans les questions des Apôtres et leurs réactions.

« Jésus est ressuscité…Il ne nous a pas quittés, chantons nous en ce temps pascal, mais…c’est dans la foi… » Jésus nous dit aussi que notre vie se joue dans la foi, en relation avec Lui. Il s’agit de suivre une personne, non de se conformer à une loi. Jésus a dit et réalisé la mission donnée par le Père, précisément par la confiance manifestée par lui à son Père.

Et Il nous rassure en quelque sorte : « je vais vous préparer une place. Dans la maison de mon Père, iil y a beaucoup de demeures ».  Il y a aussi, certainement, diversités de chemins. C’est ce qu’il nous dit, aujourd’hui encore, par notre propre vie. Il n’a pas seulement parlé pour les Apôtres. Il nous interpelle maintenant, chacun de nous. Le commandement nouveau l’est pour nous aussi.  « Aimez…comme je vous ai aimés. Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaitrons que vous êtes mes disciples ». Par notre vie quotidienne, nous sommes dans une relation avec Lui. Et jusqu’à maintenant « de simples gens » le comprennent et risquent ce Chemin : pourquoi pas moi ? Avec eux, prenons pied dans la réalité de notre vie quotidienne.

« C’est chaque matin notre journée tout entière que nous recevons des mains de Dieu. Dieu nous donne une journée préparée pour nous, par Lui : il n’y a rien de trop, «  de pas assez », rien d’indifférent, rien d’inutile…

C’est un chef d’œuvre de journée qu’il vient nous demander de vivre et nous le regardons comme une feuille d’agenda , marquée d’un chiffre et d’un mois. Nous la traitons à la légère comme une feuille de papier. Si nous avions un peu de foi, nous aurions envie de nous agenouiller devant notre journée. Nous saurions que nous sommes chargées d’énergie sans proportions avec les mesures du monde : la foi qui culbute les montagnes, l’espérance qui nie l’impossible, la charité qui fait flamber la terre. Nous prenons humblement la taille de la volonté de Dieu ».  Madeleine Delbrel.

                                             Sr Catherine de la Présentation  

« Je suis le bon berger. Je connais mes brebis ».

Pierre est là avec les Onze. Il l’affirme avec conviction et force à toute la maison d’Israël : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié ». Il les met en cause d’où cette question adressée à Pierre : « Que ferons-nous ? » et son invitation à changer de comportement, à changer de vie en se faisant baptiser et en recevant le Saint Esprit. Vous n’avez pas compris que la promesse s’adresse à vous tous et à tous ceux que le Seigneur appellera. Pierre témoigne et encourage d’où les conversions, les baptêmes.

La souffrance provoquée par le bien que vous faites est une souffrance qui peut mener au martyr. Le bien n’a pas de prix, ni de limite s’il est dans le sens du bien commun afin que l’être humain soit respecté dans sa condition intégrale, dans la diversité de nos sociétés, de nos cultures. Être libre de sa parole pour la construction d’un monde de paix, cela est possible au-delà de l’économique et de toute puissance avilissante.

Être chrétien peut ainsi mener à la souffrance et au martyr au nom du Christ. On ne cherche pas la souffrance pour la souffrance. La souffrance vient parce que nous sommes chrétiens et comme le Christ très souvent nous dérangeons car le bonheur de l’être humain est premier. C’est pour cela que le Christ a souffert jusqu’à donner sa vie sur une croix. Aimez-vous comme je vous ai aimé, facile à dire, pas facile à vivre, jusqu’au don de soi même.

Cela est faisable parce que la promesse du Père à travers son Fils s’est réalisée. Le Fils a connu notre condition humaine le conduisant à la mort où tout va s’accomplir dans la Résurrection. Il y aura une autre présence auprès de tous ceux qui répondront à son appel. Ainsi apparaît l’image du berger. Pour conduire un troupeau, le berger doit se mettre devant, être vu de ses brebis, pour les emmener sur les chemins herbeux et nourriciers. Il le conduit par des routes sûres. Un troupeau sans berger, sans guide, c’est la débandade. Pour un chrétien, Jésus est ce berger qui veille sur chacun même si parfois il a l’impression qu’Il est absent.

Celui qui prendra des chemins obscurs, le Seigneur se détournera de lui. Il attendra le moment favorable pour lui montrer son erreur et lui donner une chance de reprendre le bon chemin. Il ne l’obligera pas car chacun doit prendre sa vie en main. Dieu laisse la liberté entre le bien et le mal, mais choisit le bien et tu auras la vie éternelle. Pourquoi être malheureux quand tu peux être heureux ?

 

Soeur Corine Haramant o.p.  

Élections présidentielles

Ce jour, la Conférence des Religieuses et Religieux de France a fait paraître un communiqué que l’on peut lire ici.

D’autre part, dans le journal La Croix, Véronique Margron, notre prieure provinciale, s’est exprimée dans la tribune suivante :

« L’heure est à la raison et à la passion pour éviter le désastre »

Face aux inquiétudes des chrétiens avant le second tour de la présidentielle, « La Croix » a sollicité le point de vue de dix personnalités intellectuelles chrétiennes. Sœur Véronique Margron est théologienne.

Notre pays souffre. Il ne sait plus où donner de la tête. Il est inquiet jusqu’à l’angoisse. Celle du terrorisme aveugle et toujours lâche, celle du déclassement, celle de voir ses enfants plus en difficulté que soi-même, celle de ne plus savoir comment se raccrocher à ses valeurs sans passer pour un ringard ou un réactionnaire. Jusqu’à la crainte de ne plus reconnaître qui nous sommes vraiment, tant la cohabitation des mœurs et des cultures a bien du mal à faire une nation, à nous tourner ensemble vers le bien commun et à nous ouvrir encore à l’avenir.

Nous sommes perdus. Et certains parmi nous bien plus que d’autres. Toutes celles et ceux qui se vivent – à juste raison si souvent – comme délaissés et mis au ban de nos sociétés techniciennes, anonymes, où seuls les suffisamment forts paraissent pouvoir s’en sortir. Non les courageux, les lève-tôt, mais les forts par la naissance, l’argent, la culture, la chance.

« Entre les candidatures du Front national et d’En marche ! il n’y a rien à comparer »

Mais alors oui, que nous arrivent-ils, si nous nous mettons à comparer ce qui ne se compare pas. Car entre les candidatures du Front national et d’En marche ! il n’y a rien à comparer. Comparer est déjà de trop. C’est faire comme si cela était normal, correct. Comme chrétienne, je ne peux me résoudre à mettre en colonne les deux programmes et cocher pour chacun les réponses qui m’apparaissent cohérentes avec ma foi, avec l’Évangile, avec ma tradition catholique. Car l’extrême droite prône et prônera toujours la haine de l’autre, l’exclusion, la peur. C’est ce terrain qui la fait fructifier.

Elle n’est pas là pour répondre aux désarrois de millions de Français qui s’épuisent à survivre de jour en jour. Elle est là pour s’en nourrir. Car ce qui la tient haut dans le pays, c’est avant tout la colère, le sentiment de délaissement, d’injustice que l’extrême droite manipule à l’envi, avec un savoir-faire consommé de longue date fait de mensonges, de fausses nouvelles, de menaces.

Aucun programme ne saurait être estampillé chrétien

Je repense à la campagne du Secours catholique, « Liberté Égalité sans préjugés ». Il s’agit de combattre chaque préjugé : « Les migrants sont plus aidés que les Français » ; « Les chômeurs sont des glandeurs » ; « Les pauvres sont des fraudeurs »… Œuvre essentielle d’engagement en faveur des plus fragiles, sans distinction de culture, d’origine. Juste des femmes et des hommes, tous égaux en dignité, de la même humanité. Quand certains veulent interdire les douches et les distributions de repas aux réfugiés, font croire qu’on traverse l’Afrique pour le RSA, et cherchent ainsi à dresser les pauvres contre les pauvres, nous voulons que la transformation de notre pays soit fraternelle, juste et hospitalière.

Là est le cœur du christianisme, le cœur de l’Évangile. Là est aussi l’intérêt de tous et de chacun pour fonder un monde habitable et durable. Il ne s’agit pas de donner un blanc-seing à M. Macron. Ni de ne pas questionner son programme, et spécialement les questions éthiques. Les chrétiens – et d’autres avec eux – sauront être ici vigilants et mener un débat démocratique. Aucun programme d’ailleurs, pas plus hier qu’aujourd’hui, ne saurait être estampillé chrétien. La question de ce jour n’est donc pas de savoir si nous adhérons à son projet. Moins encore à tout son projet. Mais aujourd’hui il s’agit d’une digue, sa cassure peut nous emporter. Tous.

« Mais qui est mon prochain ? »

L’éthique chrétienne repose sur une alliance. Une alliance initiée par Dieu, sauveur et créateur. Un Dieu qui fait alliance avec toute l’humanité en Noé. Un Dieu qui entre en conversation avec l’humain, dès les commencements. Souvenons-nous encore du récit du bon Samaritain (Luc 10, 25-37) « Mais qui est mon prochain ? » Jésus ne répond pas par une définition, mais par une histoire : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho… Seul un hérétique, un Samaritain, s’arrête, pris aux entrailles. C’est donc l’étranger qui va ramener le blessé vers la vie. C’est lui qui fait de l’homme blessé son prochain. Du plus lointain son prochain. Alors, qui « s’est montré le prochain ? », demande Jésus.

Désormais le prochain n’est plus une catégorie, mais une dynamique. Celle de s’approcher de l’autre. Et « toi fais de même », propose Jésus à l’homme de la loi. Notre Dieu n’est pas celui de l’exclusion, des barrières ethniques, religieuses ou culturelles, mais de la rencontre, de la sollicitude, de l’ouvert. Du creux de ma foi, impossible de choisir un parti xénophobe, quelle que soit sa tenue de camouflage.

« Un parti qui prône le repli « identitaire » ne peut être considéré comme acceptable »

Soulignons enfin que le discernement ne s’opère pas entre un bien et un mal. Car dans ce cas il n’y a pas de question à se poser, pas de dilemme à affronter, car on choisit le bien. Le dilemme est entre deux biens, ou entre deux positions, où nous cherchons quelle est la meilleure, la plus juste, la plus humaine. Ainsi ne peut-on dire que le choix de l’extrême droite – y compris par l’abstention ou le vote blanc – représenterait un moindre mal. Un parti qui prône le repli « identitaire », l’injure, qui jette une suspicion calamiteuse sur des traditions religieuses multiséculaires ou encore qui reconstruit l’histoire et méprise la vocation universelle de la France, ne peut être considéré comme acceptable.

En cette heure décisive pour notre pays, à commencer pour les plus en difficulté parmi nous, et pour l’Europe, l’heure est à la raison et à la passion pour éviter le désastre. Raison et passion supplient de concert de ne pas fracasser la maison commune. Nous n’en avons pas de rechange. Notre réplique à la violence, à l’intransigeance, sera dans la hauteur de notre engagement à poursuivre l’aventure difficile et toujours insatisfaisante de la démocratie. Mais c’est bien là le seul régime politique qui vaille, considérant chacun d’égale dignité que tout autre.