« La paix soit avec vous »

À deux reprises, Jésus remet l’Esprit. À l’heure de sa mort, alors que « tout est accompli », il  incline la tête, et « remet l’esprit » (Jn 19, 30). Et après sa résurrection, alors qu’il est avec ses disciples, il souffle sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ! ». Unique mystère de cet Esprit qui se difracte depuis la vie donnée de Jésus jusqu’à nous. C’est un Esprit remis, donné. C’est le don même qui s’incarne. L’Esprit du Christ n’est pas opposé à la matière, il est ce qui donne forme à la matière du monde, ce qui fait de nous des êtres de chair et de sang, vivants. Il est en nous la parole, la présence du Verbe de vie. Il fait de nos vies des temples pour notre Dieu.

Personne n’est laissé de côté. C’est bien sur tous les hommes qu’il se pose, parce que c’est sur tous les hommes que Jésus souffle en soufflant sur ses apôtres. Le don qu’il leur fait est pour tous. C’est le don de la paix. Et c’est aussi le don de remettre ou non les péchés. Il me semble que bien au-delà du seul cadre sacramentel, c’est bien à tous les hommes que ce don-là est fait. Nous avons reçu la responsabilité de la paix. La responsabilité de délier l’homme de ce qui l’enchaine, ou de ne pas le délier. Il nous sera demandé compte de ceux qui nous n’aurons pas délié, ou pire, de ceux que nous aurons contribué à lier. Rude responsabilité collective autant qu’individuelle, tant il est vrai que cette œuvre, délier, ne peut se faire qu’ensemble, avec d’autres. C’est là la grandeur de l’homme. Une grâce qui n’est pas à bon marché, mais une grâce qui coûte, comme le disait Bonhoeffer.

Pour autant, jamais le Seigneur ne refuse l’Esprit à qui le demande. C’est même la fine pointe de la prière d’intercession. Demander la grâce d’être assez humble pour vivre de cet Esprit. Même des tas d’os peuvent retrouver la vie nous rappelle Ézéchiel. Même des tas d’os tout secs. Il suffit pour cela qu’un prophète croit en la parole de Dieu qui le soulève, et obéisse en soufflant sur les os pour qu’ils vivent. Il se peut que le prophète doive s’y reprendre à deux fois.

Mais lorsque c’est Jésus qui souffle sur nos vies, oui, elles se redressent et si nous ne détachons pas nos yeux de son regard, voilà que nous pouvons porter la paix, même là où nous n’aurions jamais cru possible qu’elle arrive. Cette paix qui est le nom de l’avenir que Dieu nous réserve.

Anne Lécu o.p.      

 

En ces jours-là,
la main du Seigneur se posa sur moi,
par son esprit il m’emporta
et me déposa au milieu d’une vallée ;
elle était pleine d’ossements.
Il me fit circuler parmi eux ;
le sol de la vallée en était couvert,
et ils étaient tout à fait desséchés.
Alors le Seigneur me dit :
« Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? »
Je lui répondis :
« Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! »
Il me dit alors :
« Prophétise sur ces ossements.
Tu leur diras :
Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur :
Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements :
Je vais faire entrer en vous l’esprit,
et vous vivrez.
Je vais mettre sur vous des nerfs,
vous couvrir de chair,
et vous revêtir de peau ;
je vous donnerai l’esprit,
et vous vivrez.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur. »
Je prophétisai, comme j’en avais reçu l’ordre.
Pendant que je prophétisais, il y eut un bruit,
puis une violente secousse,
et les ossements se rapprochèrent les uns des autres.
Je vis qu’ils se couvraient de nerfs,
la chair repoussait,
la peau les recouvrait,
mais il n’y avait pas d’esprit en eux.
Le Seigneur me dit alors :
« Adresse une prophétie à l’esprit,
prophétise, fils d’homme.
Dis à l’esprit :
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Viens des quatre vents, esprit !
Souffle sur ces morts, et qu’ils vivent ! »
Je prophétisai, comme il m’en avait donné l’ordre,
et l’esprit entra en eux ;
ils revinrent à la vie,
et ils se dressèrent sur leurs pieds :
c’était une armée immense !
Puis le Seigneur me dit :
« Fils d’homme, ces ossements,
c’est toute la maison d’Israël.
Car ils disent :
‘Nos ossements sont desséchés,
notre espérance est détruite,
nous sommes perdus !’
C’est pourquoi, prophétise.
Tu leur diras :
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter, ô mon peuple,
et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
Vous saurez que Je suis le Seigneur,
quand j’ouvrirai vos tombeaux
et vous en ferai remonter, ô mon peuple !
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ;
je vous donnerai le repos sur votre terre.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé et je le ferai
– oracle du Seigneur. »  Ezéchiel 37, 1-14

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