Passe derrière moi !

Jésus commence solennellement à révéler le mystère du Fils de l’homme souffrant et glorieux : Matthieu nous présente trois annonces de la passion et de la résurrection (16,21 ; 17,22-23 ; 20,17-19). il nous emmène à Jérusalem, lieu public de la souffrance de Jésus. Là il doit beaucoup souffrir de la part des anciens, des grandes prêtres et des scribes, (16,21), nous dit l’Evangile, c’est-à-dire de la part de ceux qui aux yeux des hommes sont considérés comme des sages et des justes.

Face à cette déclaration, le moment est crucial pour les disciples, car immédiatement Jésus bouscule leur conception traditionnelle d’un messie triomphant, à l’image du descendant promis au roi David, (2 S 7) et leur annonce qu’à Jérusalem, il devra souffrir, mourir et ressusciter (Mt 16,21). Pierre qui avait reconnu en Jésus « Le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16) réagit, comme beaucoup de nous face à la souffrance : elle est intolérable et il veut à tout prix l’éviter : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas » (Mt 16, 22b)

Pierre qui avait été reconnu par Jésus comme une pierre, pour bâtir son Eglise (Mt, 16,18), devient maintenant une occasion de chute (16,23). Jésus renvoie Pierre à sa place de disciple « passe derrière moi » (16, 23b)

Passer derrière Jésus, c’est reconnaitre que lui va devant, celui qui nous indique le chemin, passer derrière Jésus, c’est suivre ses pas et cela comprend la croix, la mort et la résurrection.

Jésus, vient, s’adresse à nous tous « si quelqu’un veut me suivre qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24). Son invitation est ouverte à tous, et Jésus comme pour les disciples, nous laisse liberté de répondre. Suivre Jésus, nous met dans une dynamique qui comprend Renoncer – pour prendre et prendre pour suivre.

Mais renoncer à quoi ? À nous-mêmes, lourde tâche, long travail, laisser nos projets, nos propres optimismes, nos vieilles manières de penser et d’agir et laisser Dieu habiter en nous et faire son œuvre avec et à travers nous. Quand nous retrouvons le Christ, tout change dans notre vie, cette rencontre ne nous laisse pas indifférents, nous bouscule et nous invite à laisser tout pour lui seul.

Prendre et prendre quoi ? La croix. L’horizon de notre vie chrétienne c’est la croix de Jésus, portée par lui le premier. Prendre la croix signifie aussi être prêt à donner sa vie.

Dans la rencontre avec le Christ nos mains ne restent pas vides, elles doivent être ouvertes pour accueillir la croix. Jésus n’est pas venu pour nous éviter la croix mais pour nous apprendre à la porter en le suivant, en portant la croix il y aura des moments de fatigue bien sûr, des chemins difficiles, des chutes… enfin mais quelle que soit la situation, il faut embrasser la croix et avec la croix on accueille le projet de Dieu, comme l’a fait Jésus, jusqu’au Golgotha.

Prendre pour suivre. Jésus est le Maître, il marche devant nous en portant la croix. Suivre le Christ c’est aller à la découverte de nouveaux chemins, ceux du service, de l’amour désintéressé, et aussi de l’écoute et de l’obéissance. Suivre Jésus est une exigence radicale d’abandon dans le projet de Dieu le Père.

Rappelons–nous que Jésus a dit à Pierre « passe derrière moi » en prenant la place de disciples, nous serons toujours à l’école de Jésus.

 

Que le Seigneur, par la grâce de son Esprit, nous aide à renoncer, chaque jour à nous-mêmes, nous donne la force pour prendre la croix et le courage pour suivre Jésus chaque jour avec fidélité.

Sr Maria Esperanza Olarte-Mateus   

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