Encore une histoire de camps !

« Le Royaume des cieux est comparable à », cette formulation est bien connue des pratiquants de la Parole … où nombreuses sont les comparaisons visant à nous aider à percevoir quelque chose de ce Royaume des cieux qui nous est, avouons-le, tantôt si évident … et tantôt si énigmatique !

L’Evangile d’aujourd’hui nous conduit dans une réalité qui peut nous sembler loin de notre quotidien : un maitre sortant le matin pour embaucher. Et comme par hasard, les ouvriers sont là sur la place à attendre … Dès le début, l’histoire parait un peu lointaine des principes de réalité ! Et puis vient cette histoire de rétribution …

Et là, un autre principe semble être remis en cause celui de la juste rétribution du travail, bref de la justice en quelque sort. Injustice pour les ouvriers ayant travaillé depuis le matin !

Me vient alors à l’esprit une autre parabole, celle du fils prodigue (*) avec la revendication bien légitime de l’aîné … ou cette rencontre de Jésus et du bon larron sur la croix (**) : « aujourd’hui même tu seras au paradis avec moi » …. En effet, monte en nous cette question : à quoi bon être fidèle au Seigneur, l’avoir été durant des années, voire une vie entière… alors que celui qui le rencontre à la veille de sa mort a lui la certitude d’être accueilli ?

C’est vrai, mais remarquons que nous nous situons-là, du côté des premiers arrivés, des justes, des bons …

Et si nous nous situions dans l’autre camp, celui des derniers embauchés, du fils prodigue ou du larron : quelle joie, quelle grâce !

Et oui, une fois de plus, nous nous prenons en flagrant d’élit de nous savoir fidèles au Seigneur, nous qui sommes de bons croyants, de bonnes sœurs … ou au moins de ceux qui essayons chaque jour de l’être.

Du coup, deux autres hommes me viennent à l’esprit : le pharisien et du publicain de l’évangile (***). Oui, je force le trait, mais, n’y a-t-il pas quelque chose de cet ordre lorsque la lecture de cet évangile nous pousse à crier à l’injustice ? Avouons-le, nous sommes poursuivis par cette idée, surtout si nous le nions !

Ne perdons pas de vue le cadeau extraordinaire, la perle de cet évangile : nous sommes sauvés dès maintenant, malgré nos limites, nos faiblesses, nos péchés, et il en sera ainsi si nous tombons ou dérapons ! Quelle grâce ! C’est alors que l’injustice se transforme en trésor !

C’est certain la justice de Dieu est bien loin de celle des hommes ! Ce Dieu que nous n’avons jamais fini de découvrir, si proche au point que son corps vient en notre corps, au plus intime de nous donc… mais si incompréhensible parfois et surprenant !

Ce Dieu avec sa sacrée folie d’amour …

Bienheureux sommes-nous d’avoir été appelés à mettre nos pas dans ceux de ce Dieu fou… auquel nous ne pouvons que demander la sagesse pour accepter la longueur, la profondeur de son mystère !

 

(*) Luc 15, 11-32

(**) Luc 23, 43

(***) Luc 18, 9-14

 

Sr Élisabeth Lemière   

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s