Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus…

Lc 2, 27- La Sainte Famille.

« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris.. » dit le poète.

Lorsque l’Enfant paraît, le Père l’affirme : « Celui-ci est mon Fils bien aimé… », et le ciel s’entr’ouvre pour laisser la fête éclater sur la terre : Les anges chantent si fort qu’ils réveillent et intriguent les bergers !

Marie et Joseph s’étonnent et contemplent ce petit qu’ils ont mis au monde. Les bergers se hâtent pour transmettre « ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant »et proclamer la gloire et la louange de Dieu.

Les mages, dans leur quête de sens et de vérité, apportent à la crèche l’hommage des nations et par leurs cadeaux, le pressentiment de la destinée de cet Enfant.

Dieu, dans ce petit enfant, a voulu naître dans un lieu qui n’est la maison de personne, si ce n’est celle des animaux peut-être, un milieu ouvert. Il est né dans l’immense crèche qu’est la terre avec sa famille humaine.

Ceux qui, comme les mages, verront son étoile et la suivront, naîtront à leur identité de fils de Dieu et de frères de Jésus. « Qui sont ma mère et mes frères ?…Celui qui accomplit la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère ».Mc 3,33. C’est la véritable famille de Jésus, au cœur de laquelle se trouve la Sainte Famille, cellule intime de la naissance du Fils, premier né d’une multitude d’autres fils. Ce n’est pas une métaphore que Jésus nous propose, non, c’est l’essence même de notre vocation d’humains créés à l’image de Dieu. Jésus nous dit : « … Votre Père sait de quoi vous avez besoin » et «  quand vous priez dites : Notre Père qui es aux cieux… ». Dans cette famille divine, dans laquelle nous avons une place, Dieu, lui-même nous sanctifie jusqu’à ce que la famille humaine devienne une sainte famille.

Dans nos sociétés actuelles, tant de personnes et particulièrement d’enfants, ne connaissent pas leur famille, l’ont perdue, en sont séparés où n’y sont pas aimés …Nous savons que rien sur le plan humain ne peut la remplacer. Mais nous dit le prologue de l’évangile de Jean, en cette fête de Noël :

« Le Verbe …Il est venu chez- lui et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui ne sont nés ni du sang, ni du désir de la chair…mais de Dieu ».

Cette appartenance à la famille divine, par la relation priante et filiale, en nous faisant cheminer dans la vie spirituelle, nous fait grandir dans la confiance et l’amitié avec ceux qui sont nos compagnons de route sur cette terre. Cela donne sens et bonheur à la vie.

Soeur Viviane 

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Joyeux Noël

« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »

Luc 2,11

 

Combien de crèches, d’images ou de tableaux de Maître représentant le Mystère de Noël avons-nous regardés, admirés ou même contemplés ? Une telle richesse d’expression invite à se demander pourquoi depuis des siècles l’évènement de Noël, est-il si fort dans le monde entier ? et encore comment arrive-t-il à percer dans une société de plus en plus soucieuse de laïcité

Bien des fastes publicitaires se déploient autour du thème Noël, mais les fêtes de fin d’année ne vont-elle pas progressivement le remplacer, le sens originel échappant à beaucoup ? Il se trouve que cette situation en vient à stimuler ceux et celles qui célèbrent cette fête avec foi. Il suffit de se laisser pénétrer tout simplement de la lumière et de la force qui en émanent et de répondre à l’invitation faite à chacun de maintenir vivante une tradition en retrouvant sa source.

Noël est le point de départ qui illumine la foi croyante.

Au cours de nos jours, il y a des moments dont nous aimons nous souvenir : une rencontre, des visages, des paroles qui ont touché profondément notre cœur et ont ouvert un chemin à notre existence. Ces « lieux » et ces « paroles fondatrices de sens » se cachent au profond de l’être, et quand le déroulement quotidien se couvre d’ombres ou de tristesse, les faire remonter du fond de sa mémoire ravive le courage et l’élan vital, ce sont des lumières bienfaisantes sur la route.

La venue du Fils de Dieu, à sa manière mystérieuse mais bien réelle, vient ouvrir le chemin du « Dieu avec nous » et l’illumine. Depuis deux millénaires, cette nuit de Bethléem est lumière et force pour la foi des chrétiens, en temps de guerre comme en temps de paix.

A la crèche, sous la vigilance et bienveillance de Marie et de Joseph, prennent place tant de visages, de situations heureuses ou délicates que l’enfant Dieu va illuminer un instant de son regard d’amour. Il est venu pour transformer toute vie et toute misère. C’est ce que l’Eglise célèbre, une lumière s’est levée dans les ténèbres, Dieu visite son Peuple et lui apporte la paix. Nous le chantons. Ce souvenir et cette contemplation en communion avec Marie sa mère, adoucit les peines, et la vie bienheureuse trouve là sa raison d’exister et de poursuivre vaillamment sa route jusqu’au but.

Noël une lumière qui déborde :

Noël : selon les circonstances qui l’entourent, éclaire l’engagement humano-chrétien. En effet, comme les Bergers ou les Mages, toute personne qui visite la crèche reçoit en regardant l’enfant Dieu comme une nouvelle responsabilité de faire connaitre « Celui qui vient pour tout sauver ». C’est ainsi que la plus humble réponse de solidarité en cette période peut devenir un « cadeau «  offert à l’enfant Jésus, lui qui ne cessera de proclamer durant sa vie que les petits et les pauvres sont ses préférés : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez fait ». Rencontrer le petit, le sans toit, le prisonnier, l’isolé, l’émigré… c’est faire une visite à la crèche.

Noël, mémoire d’une venue qui nous oriente vers une autre venue

Alors oui célébrer Noël, faire mémoire de la venue du Fils de Dieu sur la terre, invite à espérer le jour de son « grand retour » où sa mission sera parfaitement accomplie quand chacun aura pris sa part pour manifester sa présence dans un partage avec le monde de l’ignorance, de l’abandon, du malheur. Ce jour-là, il n’y aura plus de pleurs, ni de larmes « car l’ancien monde s’en est allé »

Noël 2017 : un point d’étape sur la ligne du temps qui verra le Seigneur Jésus revenir en gloire, comme l’éclair qui vient de l’Orient et va vers l’Occident. Et pourquoi pas une transformation intérieure, un peu comme Paul Claudel qui écrivait « alors se produisit l’évènement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute… J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable ». Ma conversion 1913.

BIENHEUREUSE FETE DE NOEL AVEC LA BENEDICTION DE DIEU ENFANT !

 

Sœur Monique Colrat op 

Réjouissons-nous, Réjouissez-vous : Le Royaume est là, tout près de nous.

« En ce temps-là, il y eut un homme, envoyé par Dieu, son nom était Jean. » Et ce Jean parle, dénonce, annonce non pas la venue de Celui qu’on attend, Celui qui doit venir, Celui qu’annoncent les Écritures et dont le temps parait proche. Non, il annonce que l’on doit demander pardon de ses péchés, qu’il faut faire officiellement retour à Dieu, le Seigneur pardonne, il faut : «  préparer le chemin du Seigneur, rendre droit ses sentiers ». Qui est-il donc, enfin, celui-ci qui s’érige en Prédicateur de la Vérité ? Est-ce un imposteur, un nouveau Prophète, ou peut-être serait-ce le Messie tant attendu et annoncé ? Car, enfin, si c’était Lui ! Il ne faut pas passer à côté de cet événement ! Le plus simple est de le lui demander. On l’interroge : «  Qui es-tu donc ? L’un de nos vieux Prophètes ? Celui que nous attendons ? ou faut-il encore attendre ? Dis-nous donc…

Et il leur dit, sans rien cacher : «  Je ne suis pas le prophète Elie. Je ne suis pas le grand Prophète, ce n’est pas moi. Je suis : la VOIX de CELUI qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur » comme a dit le Prophète  « Celui qui doit venir, il est déjà là. Il se tient au milieu de vous, vous ne le connaissez pas. C’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier ses sandales. »

Pour la deuxième fois, en ce dimanche de l’Avent, la liturgie nous propose d’écouter Jean Baptiste : Préparez le chemin du Seigneur. Ne me regardez pas, moi. Écoutez-moi, je suis la Voix qui vous crie dans ce désert : Préparez le chemin au Seigneur. Alors nous, aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la VOIX du Seigneur.

Est-ce si difficile ?

Les deux autres textes de la Liturgie nous éclairent. Le prophète nous l’affirme: l’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi. « Le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’envoie porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer une année de bienfaits. » A mon baptême, moi aussi j’ai reçu cet envoi. Oui, nous avons reçu la mission des Apôtres : Roi, Prêtre, Prophète : allez, dites que le Royaume est proche. Annoncez la nouvelle : le Royaume de Dieu est là, tout près de nous, tout près de vous, car : Il est fidèle Celui qui nous appelle, Celui qui nous envoie. C’est Lui qui nous sanctifie tout entiers, qui nous garde sans reproche, tout cela c’est Lui qui le fera, avec nous.

Alors, vraiment, oui, nous pouvons. Et, suivant le conseil de Paul à ses premiers chrétiens : «  Soyons toujours dans la joie, prions sans relâche, rendons grâces en toutes circonstances ». «  C’est bien là la volonté de Dieu à notre égard. N’éteignons pas l’Esprit. » Rendre grâces, c’est aussi reconnaitre que Dieu est à la racine de notre vie, mais aussi à côté de nous dans la vie quotidienne, heureuse ou porteuse de difficultés. Sans doute, comme le disait Jean Baptiste à ses auditeurs : «  Au milieu de nous, à nos côtés, se tient Celui que nous ne re-connaissons pas. ». Mais, Il est bien présent. Il est fidèle, Celui qui nous appelle. Ouvrons les yeux et notre cœur : rendons grâces. C’est «  Lui qui le fera. » Il le fera avec nous, avec moi.

Soyons donc toujours dans la joie, sans relâche. Réjouissons-nous. Ce dimanche nous invite, au milieu d’une vie si souvent distraite par tant d’événements divers et multiples, heureux ou quelquefois même horribles, à répondre et à collaborer à cet amour du Seigneur qui nous accompagne et dont, très bientôt, de nouveau, nous célébrerons la manifestation sur notre terre.

O Sagesse de la bouche du Très-Haut

Enseigne-nous le chemin de la Vérité.

Viens, Seigneur, viens nous sauver.

 

Soeur Catherine de la Présentation o.p. 

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers ».

Qui peut entendre une voix crier dans le désert ? Va-t-elle avoir un écho ?

Le désert est habité, il est ce lieu de rencontres surprenant où les bergers y viennent faire paître leur troupeau près des oasis. Notre désert existe aussi dans les lieux dit civilisés, ces lieux vides de fraternité, où vous êtes seuls au milieu d’une foule qui s’agite mais ne se rencontre pas. Et ces lieux ont besoin de cette oasis pour se ressourcer, y puiser ses forces auprès de l’Ecriture, auprès de témoins.

Cette phrase du prophète Esaïe va traverser les siècles pour se retrouver dans les Evangiles. La tradition orale demeure bien vivante. Le Seigneur rassure son peuple. Il va venir avec vigueur, comme un berger, il fait paître son troupeau, il en prend soin. Voilà que c’est bien lointain car le temps se mesure différemment. Pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Nous sommes hors du temps. Oui, le Seigneur prend le temps nécessaire pour sa venue parmi nous. Sommes-nous prêts à l’accueillir ? Sommes-nous prêts à cette profession de foi que nous proclamons parfois machinalement, le dimanche ?

Un hirsute, Jean le Baptiste, vivant à Qumran, chez les esséniens, le voilà qui reprend la phrase d’Esaïe : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez le chemin du Seigneur ». Voici qu’après lui, vient quelqu’un de plus grand que lui. Je ne suis pas digne de prendre la place de l’esclave pour lui délier la lanière de ses sandales. Je vous baptise dans l’eau : signe de purification mais lui, le Fils de Dieu, vous baptisera dans l’Esprit Saint, dans l’agapé du Père et du Fils. Il s’effacera dès la naissance du Messie car sa mission s’achève : Il EST.

Dernier prophète de l’Ancien Testament, faisant l’ouverture du Nouveau Testament, il rappelle cet évènement annoncé depuis longtemps qui va se réaliser prochainement. Les Ecritures vont s’accomplir. Oui, Dieu va réaliser sa promesse : sa venue parmi nous, dans notre humanité. La liturgie nous laisse quatre semaines pour préparer nos cœurs à sa venue.

Je suis invité à prendre la route pour la rencontre de Dieu en ce petit enfant – Dieu lui-même. Préparez son cœur à cet avènement. Quelle priorité vais-je adopter dans ce tumulte qui m’entoure et dont je fais partie ? Quel est l’essentiel pour moi ?

Bon chemin

 

Sr Corine op.   

« Vous serez sans reproche »

L’évangile reçu ce dimanche – et l’injonction qui nous est faite de veiller – est précédé de paroles fortes qu’il faut entendre pour mettre en perspective ce « Veillez » ! Il est dit notamment :

En ces jours-là, […] le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. […] Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. (Mc 13, 24-26 ; 29-31).

 

Oui, les astres qui nous servaient de repère peuvent s’effacer ou s’effondrer. Ceux que nous aimons peuvent nous décevoir, cesser de nous parler, ou mourir. Les représentations de Dieu que nous avons patiemment construites peuvent s’effacer, se dissoudre ou parfois même disparaître dans une déflagration. Et sans doute est-ce à chaque génération et peut-être même à chacun de vivre cette même expérience. La plupart du temps, cela se fait dans la maturation d’une vie, sans trop de heurts. Mais pour certains, le temps de reprendre souffle, il n’y a plus qu’un champ de ruines.

Et voilà que pourtant, malgré tout, au milieu de ces ruines, la grâce ou les circonstances, ou les rencontres, je ne sais, peuvent permettre à ceux qui ont connu ce genre de « désastre », – la chute des astres – de reconstruire ou recevoir quelque chose de ténu, plus ajusté, immensément fragile et pourtant vrai. Il m’est arrivé d’être témoin de ce genre de reconstruction. Cela m’évoque la venue improbable du maître de maison, qui dans la nuit revient d’un long voyage, à l’improviste.

Veiller, c’est peut-être simplement croire que notre Dieu ne renonce jamais à se laisser découvrir. Croire qu’au cœur de nos hivers les plus froids, il est en nous la veille, cette braise presque éteinte et qu’un seul souffle ranime. Veiller, c’est peut-être protéger en nous et entre nous, c’est petite braise, l’infime conviction que nos vies, si incertaines soient-elles, sont précieuses pour quelqu’un. Veiller, c’est remettre tous nos atermoiements à Celui qui est en nous la veille, c’est accepter d’être accepté par Lui.

A la hauteur de sa promesse. 

C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche
au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. (1 Co 1, 8-9)

 

Anne Lécu o.p.