Une belle rencontre

Édito RCF du 10 avril 18 à réécouter ici

Une belle rencontre

« Nous visons ensemble dans nos ordres à des fins communes, que sont la dignité et le sens ». » Ainsi s’est conclu hier soir, sous les magnifiques voûtes gothiques des Bernardins, le discours du chef de l’État.

C’est bien de dignité et de sens dont il était question en début de soirée :

Samuel, atteint d’autisme, et son frère Florent, compagnons et complices, soutenus par l’Arche et l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH). Martine, qui a connu l’enfer de la rue, et Marine, jeune pro, toutes deux « coloc » avec 6 autres femmes, grâce à l’association pour l’amitié (APA). Vanina et Charles, amis par une improbable rencontre grâce à la Société St Vincent de Paul.

C’est donc ces visages de plus vulnérables et qui veulent vivre et trouver leur place, que l’Église qui est en France a voulu montrer hier soir en accueillant le président de la République. Visage d’une humanité bienveillante et bienfaisante pour faire front à un monde trop brutal et à une société qui se fracture et se tend, tentée par les simplismes et le repli. L’Église n’était pas là pour se promouvoir elle-même, mais faire place à celles et ceux dont elle essaie, les mains dans la glaise, d’être des porte-voix. Au nom de son Dieu, qui accueille chacun et tous, témoigner de plus grand qu’elle-même : de la transcendance de toute personne.

Une Église profondément conciliaire, qui fait sienne « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps »[1]. Une Église du pape François, hôpital de campagne, qui croit en notre nation comme l’a plusieurs fois répété Mgr Pontier, président de la CEF. Elle n’a rien demandé pour elle : ni statuts, ni places, ni aides. Juste le respect de ce qu’elle est, et de ce qu’elle offre au vivre ensemble tous les jours, dans le strict respect de la République et de la laïcité.

C’est par un propos d’une très grande hauteur qu’a répondu E. Macron. Une fameuse liberté et singularité de ton, une parole éminemment présente et d’une vraie profondeur. Un discours qui par sa puissance honore ceux qui le recevaient. En faveur de notre société résolument plurielle et notre République laïque, le chef de l’État demanda alors 3 dons aux catholiques de France. Celui de la sagesse séculaire de notre tradition. Non tant celle de nos certitudes, mais celle, humble et tenace, de nos questions, de nos incertitudes, de nos recherches inlassables en faveur de l’humain, toujours. Don de notre engagement, au service du pays, jusque par la politique. Don enfin de notre liberté « intempestive » selon le mot du chef de l’Etat. Liberté d’être et de dire à temps et à contretemps, pour proposer une foi, un cap, un sens, une cohérence dans le respect total des consciences.

Très belle soirée, dont le vrai succès se dira plus encore par la qualité du dialogue et du travail ensemble au service de tous et du sens de l’existence.

Véronique Margron op.

Présidente de la CORREF  

[1]Concile Vatican II, Constitution « Gaudium et spes » n°1.

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