Catherine de Sienne, docte et sainte

En ce jour où nous avons fêté Catherine de Sienne (bien que sa fête tombe un dimanche cette année, nous l’avons fêtée en douce), nous vous partageons une de ses belles oraisons toute de feu.

Merci, merci à vous Père éternel, qui ne m ‘avez pas méprisée, moi, votre créature, qui n’avez pas détourné de moi votre visage, mais avez au contraire exaucé mes désirs.

Vous la lumière, vous n’avez pas regardé à mes ténèbres; vous la vie, vous ne m’avez pas repoussée, moi qui suis la mort. Vous le médecin, vous n’avez pas fui de moi, à cause de mes graves infirmités. Vous, pureté éternelle, vous n’avez pas été rebuté par mes innombrables souillures. Vous l’Infini, vos yeux se sont abaissés sur moi, qui suis finie. Vous la sagesse, vous avez condescendu à ma folie. Ni le nombre et l’énormité de mes fautes n’ont arrêté votre sagesse, votre bonté, votre clémence, votre bien infini, et vous ne m’avez point méprisée, malgré les innombrables misères qui sont en moi. Votre clémence m’a fait connaître la vérité et avec elle j’ai trouvé votre charité et l’amour du prochain.

Et qui donc vous a déterminé? Pas mes vertus assurément, mais votre amour, uniquement votre amour! C’est votre amour qui vous a porté à éclairer mon intelligence de la lumière de la foi, pour que je puisse connaître et entendre la vérité que vous m’avez révélée.

Ô Père éternel ! Ô feu, ô abîme de charité ! Ô éternelle clémence ! O espérance ! Ô refuge des pécheurs, Ô sagesse inestimable ! Ô bien éternel et infini ! Ô fou d’amour ! Avez-vous besoin de votre créature ? Oui, me semble-t-il, car vous en agissez avec elle comme si vous ne pouviez vivre sans elle. Vous qui êtes la vie qui fait vivre toute chose et sans laquelle rien ne vit. Pourquoi donc êtes-vous si épris de votre créature ? Pourquoi cet amour éperdu pour votre oeuvre ? Toutes vos complaisances sont pour elle, vous ne trouvez de délices qu’avec elle, le désir de son salut est en vous comme une ivresse. Elle vous fuit pourtant, mais vous êtes à sa poursuite. Elle s’éloigne et vous vous faites plus proche. Pouviez-vous vous placer plus près d’elle qu’en vous revêtant de son humanité ? Et que dirais-je ? Je ferai comme le bègue, je dirai a, a, puisque je ne sais dire rien d’autre, puisque la langue ne saurait exprimer le sentiment de l’âme, qui infiniment ne désire que vous. Il me semble que je pourrais répéter la parole de saint Paul : Ni la langue ne peut dire, ni l’oreille entendre, ni l’oeil voir, ni le coeur penser ce que j’ai vu. Et qu’as-tu vu ? :     » Les mystères de Dieu.  »

Catherine de Sienne

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