La chair et l’Esprit

         Pentecôte de  R. Pavamani.

Paul, dans sa lettre aux Galates les mets en garde contre la tentation de se remettre sous le joug de la loi. Car la loi est un joug si l’on oublie sa source : elle est une aide pour la liberté, et sa raison d’être est la divine tendresse.

Souvenons-nous. La loi fut donnée au désert à Moïse, alors qu’avec le peuple ils étaient sortis de l’esclavage. La loi fut donnée comme un cadeau au peuple afin qu’il puisse vivre libre. Mais la liberté est aussi un travail intérieur, et les Hébreux ont commencé par se fondre un veau. Il leur faudra encore de longues années dans le désert, pour entendre que cette loi n’est pas un fardeau, mais une garantie contre le chaos.

Paul, dans sa propre chair, a connu le fardeau de la loi. En voulant l’observer pour elle-même, il s’est enfoncé dans l’exclusivisme et la rivalité compétitive. L’exclusivisme, c’est croire que mon groupe (ou ma communauté, ou mon église) est mieux que les autres. La rivalité compétitive, c’est vouloir, au sein de ce groupe, être le meilleur, le plus observant. Et voilà que Paul a découvert que cette loi qui oublie l’amour dont elle est née conduit au meurtre. Il en tombe de cheval. Il en perd la vue. Et dans la nuit, le Christ ressuscité lui fait mystérieusement comprendre que ce qu’il pensait être la loi, c’est en fin de compte, la chair. C’est-à-dire la vie de l’homme quand il ne se préoccupe que de lui-même, de sa propre perfection, au lieu de se préoccuper des autres et de son Dieu.

Paul n’aura de cesse, une fois converti, d’expliquer cela aux siens. Il n’aura de cesse de dire et aux Juifs et aux Grecs que ce qui compte, ce n’est pas la chair, mais l’Esprit. Il faut bien comprendre ce dont il parle. Il ne s’agit pas de dénigrer le corps. Il ne s’agit pas d’une spiritualité désincarnée, bien au contraire. Il va tenter de traduire en grec ce qu’il sait de la tradition juive : Tout ce que nous faisons en nous centrons sur nous (y compris nos dévotions), comme faisait Babylone en clamant « moi, rien que moi », c’est la chair. Tout ce que nous vivons en nous centrons sur le Christ (y compris le plus incarné, manger – marcher – dormir), et par Lui sur autrui, c’est la vie selon l’Esprit.

« Et voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, et maitrise de soi. » Galates 5, 22.

 

Vivons sous la douceur et la force de l’Esprit !

Belle fête de Pentecôte à chacun.

 

Anne Lécu o.p.  

 

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