Brebis et bergers

Capture d_écran 2018-07-24 à 21.04.28

Devenir un mouton, voilà une vocation dans laquelle je peine à me reconnaître. À vrai dire je n’y tiens pas du tout. Car pareil destin me rappelle les moutons de Panurge, créés par Rabelais en 1552. Panurge était le compagnon de Pantagruel, homme assez malin. Il est embarqué sur un bateau, et il se dispute avec un dénommé Dindenault, pour une affaire de marché. Pour se venger, il lui achète la plus belle bête de son troupeau ; une fois achetée il la jette à la mer. Tout le troupeau va suivre et Dindenault, tentant de retenir le dernier mouton, est emporté et se noie, tout comme ses bêtes…

Décidément, être un mouton, sans façon. Et notre Église n’est pas une secte où nous suivrions un chef tout-puissant n’hésitant à nous anéantir pour magnifier son pouvoir.

Pourtant il y a quelque chose de ces moutons de Panurge dans ce que décrit Marc : cette foule instable courre et va n’importe où. Dans cette situation, on peut être entraîné dans une situation incontrôlable et se retrouver à hurler avec les loups, ou se mettre en danger. Et c’est cette foule égarée, sans boussole, sans discernement, instable, qui touche Jésus jusqu’en ses entrailles. Il ne sait que trop que sans bon berger, elle peut joindre ses cris aux manipulateurs et réclamer la mort du juste, prise dans ce phénomène grégaire des moutons de Panurge, s’agglutinant et suivant aveuglement les autres.

Mais il est bien des bergers et des brebis dans la Bible. Jacob, Moïse, David et bien d’autres ont été des bergers. Ou encore Rachel, la femme du patriarche Jacob, qui était bergère. Mais une drôle de bergère, puisque son nom, Rachel, signifie brebis. Quant à Jésus, lui le bon Berger, il est appelé par Jean-Baptiste l’Agneau de Dieu. Et dans les récits de la Passion, il sera présenté comme un mouton silencieux conduit à l’abattoir.

Tantôt berger, tantôt brebis ou agneau. Voilà qui est peu commun. Mais la Bible est familière des contradictions. Là est souvent sa clé. Car brebis ou berger ne sont pas des rôles, des statuts, des identités. Jésus est un berger qui enseigne, instruit et qui juste un peu plus loin dans l’Évangile de Marc nourrira les foules. Mais il l’est comme un agneau, car pour être un berger véritable, il s’identifie à l’agneau, afin de prendre soin des plus vulnérables, des plus chétifs. Il fait corps avec ceux-là, du fond de ses entrailles.

Pour ne pas être un mouton de Panurge, pour tourner le dos à tout « suivisme » mortifère par paresse ou conformité, une voie est proposée : désirer, du sein de nos fragilités, apprendre à être de modestes et malhabiles – mais authentiques – bergers qui épousent la condition des agneaux, les prennent en leur cœur pour marcher avec eux, à leurs pas, vers l’unique berger, qui a donné sa vie en faveur ses brebis. Engagement souverain et libre.

Un indice est proposé enfin par notre Évangile : venir à l’écart. L’écart de soi, des images attendues, des projections de nous-mêmes, des représentations. Venir à l’écart, comme le contraire de la posture du mouton de Panurge. À l’écart, là où se reçoit la Parole qui tient bon, la Parole qui fait ce qu’elle dit, qui fait vivre. Voici le véritable repos qui nous est proposé, nous écarter d’un trop-plein de nous-même pour laisser la Parole nous atteindre et nous mener vers la liberté, nous apprenant à être berger comme brebis.

 

Véronique Margron op.Véro Photo Bruno Levy

 

Article paru dans La Vie ,                          

ce dimanche 22 juillet 2018

Publicités

Ils étaient comme des brebis sans Berger. Alors, ll se mit à les enseigner longuement.

L’évangile d’aujourd’hui, est un moment de la prédication itinérante inaugurée par Jésus, ses amis l’ont accompagné, ils ont vu Jésus, enseigner en paraboles, guérir toute sorte de maux en Galilée jusqu’au jour où Il leur passe le relais, les envoyant deux par deux en mission. L’évangéliste Marc se fait l’écho du retour de ces missions en duo,où les envoyés ont été à l’œuvre, marches, prédications et guérisons ont été nombreuses, ils ont dépensé beaucoup d’énergie, ils méritent bien l’invitation de Jésus : « venez et reposez-vous un peu ». Mais il en va autrement, au moment où ils arrivent dans un lieu tranquille, voilà que Jésus se laisse émouvoir par la foule, et à la place du repos promis c’est un enseignement long qui les attend, « parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ».

Cette comparaison nous questionne :

La foulene se lasse pas d’écouter Jésus, elle ressemble à ces enfants dont l’intelligence s’éveille et qui poursuivent les adultes de leurs incessantes questions. Ils veulent savoir le « pourquoi » de telle ou telle chose ou de tels évènements. Cela évoque des temps forts rythmant la vie des familles : le grand frère ou la sœur aînée quitte la maison, alors le plus petit semble perdre un repère dans sa propre vie : « pourquoi ? » ; « Il ou elle va retrouver celui ou celle qui l’aime ». Ces dialogues permettent à l’enfant de s’exprimer sur le sens de la vie. Nos propres interrogations, témoignent que nous sommes faits de désirs de comprendre et d’aimer comme d’être compris et aimés.

Jésus connait bien les bergersdepuis la crèche, ils ont été ses premiers visiteurs. La place du berger dans le peuple d’Israël marque l’attention de Dieu. Le terme du pasteurlui fait écho, ce peuple a connu des pasteurs qui sont selon le cœur de Dieu comme David et d’autres qui à l’opposé malmènent le peuple, et seront dénoncés par les prophètes. Dans la prière du psalmiste il est dit : c’est Dieu qui doit guider son peuple « comme un berger son troupeau » ; et ailleurs, c’est Dieu qui peut écouter: « Berger d’Israël écoute, toi qui conduis Joseph comme un troupeau » et encore c’est Dieu qui sauve : « Dieu fais-nous revenir que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés » Ps 79, 2, 4.

Les Evangiles qualifient cette fouledes gens « désemparés, abattus » objet de compassion (cf. Mt 9, 36) et montrent les qualités du Berger : il cherche la brebis perdue, c’est l’image du Père miséricordieux qui se réjouit quand il la retrouve (Lc 15 8 et Mt 18, 12-14).

Saint Jean offre une reprise des traits propres aux bergersdans l’Ancien testament : nous voyons une bergerie bien ordonnée avec sa porte et son enclos. Le bon berger est celui qui entre par la porte et dont la voix est reconnue par toutes les brebis : une voix qui permet de sortir ou d’entrer selon les moments et les nécessités ; une voix qui apaise et rassure contrairement à celle d’un étranger qui vient mettre le désordre et se servir pour lui-même. Aujourd’hui, Jésus incarne et met en pratiquetout cela. Il est ce Bon pasteur qui guide par sa vie, il est compatissant, et il instruit par son enseignement.(Cf. Jn 10 1-5)

Quand le berger est un bon pasteur, il établit un lien entre lui et les personnes qui l’écoutent et ce lien est fort, c’est pourquoi la foule vient à sa rencontre, sans nul doute sa Parole laisse pressentir le lien que Jésus a avec son Père ; ailleurs il affirmera qu’Il est la porte qui conduit au Père. Sans pasteur la communauté chrétienne peinerait à trouver un chemin de communion.

Dans cet esprit nous pouvons relire lentement le psaume 22 proposé en ce jour. Il nous invite à reconnaître Celui qui parle, enseigne et conduit au Père comme notre guide. « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien, il me fait revivre » il accompagne ma vie jusqu’au bout « grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie »

Cette image du bon pasteurhabitait le cœur des premiers chrétiens, ils la gravaient dans les catacombes pour être forts sous la persécution, ils étaient identifiés à cette brebis sur les épaules.

En notre temps, dans un pays affronté à la polémique des émigrés, comment ne pas penser qu’ils ont besoin de rencontrer chez nous des «  pasteurs modestes » qui  prennent soin d’eux, qui les écoutent et les rassurent leur permettant de trouver enfin un lieu où s’établir en paix, devenir enfin ce qu’ils sont des humains doués de nombreux dons à mettre au service des autres. Nous pouvons prier et partager avec toutes les personnes qui sont engagées dans cette voie d’aide aux émigrés et qui nous entrainent à vivre la miséricorde selon le cœur du Christ.

22 juillet, l’Eglise fête Sainte Marie Madeleine, celle qui fut un jour cette brebis pardonnée sur les épaules du Bon Pasteur Jésus et à partir de ce moment-là, elle se joignit à ses disciples et le suivit de près  jusqu’à sa mort à la croix ; Elle fut aussi la première à voir Jésus ressuscité qui lui confia l’annonce de sa résurrection aux Apôtres ; Messagère de la Bonne Nouvelle est un titre de gloire.

 

Monique Colrat o.p.  

L’hospitalité d’une maison

Nous avons  toutes et tous vu de ces marcheurs harnachés de sacs à dos sous lesquels ils ploient sur les chemins de randonnée de montagne ou de sentiers côtiers. Ce sont des vacanciers ou des pèlerins, des amateurs de solitude et de beauté.

Certes, leur matériel est souvent sophistiqué : GPS, potable sont du voyage et l’équipement est complet pour 8  à 10 jours. Mais c’est un minimum par rapport au confort de la vie quotidienne.

Jésus demande  à ses disciples moins d’encombrement encore : le minimum …  mais avec sa divine délicatesse, il préconise les sandales plutôt que les pieds nus !

Pour tout bagage l’Amour dont Dieu les aime et les a pourvus pour aimer les autres.

Ils vont deux par deux, armés d’un bâton, envoyés et accompagnés par l’Esprit. Deux par deux pour pouvoir s’appuyer sur l’un sur l’autre quand le découragement menace.

Quant à la halte chez l’habitant, elle dépend de l’hospitalité du maître ou de la maîtresse de maison : « Quand vous trouvez l’hospitalité dans une maison, restez-y… » ( Mc 6,10)

Jésus sait que tous les foyers ne seront pas hospitaliers. « Si l’on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez, secouez la poussière de vos pieds. » (Mc 6,11). L’hospitalité requiert ouverture de cœur et accueil. Offrir son toit, héberger, est une prérogative de la générosité, de l’oubli de soi, de la noblesse de sentiments, de l’amour de l’autre,

La fraternité est une valeur universelle. Le pape François ne manque jamais de dire et redire la nécessité d’être solidaires des migrants, des sans papiers, des personnes démunies, des pauvres, « nos frères dans la filiation d’un Père commun. » (Edito La Croix 09-07-18)

«  Le droit d’être fraternel » n’est pas un trait de génie du Conseil constitutionnel français, (même si l’on est en droit de se réjouir que cette noble institution ait voulu renforcer le principe de fraternité dans la Constitution). La solidarité n’est pas un délit ! Voir son frère en détresse et passer son chemin est l’attitude du lévite et du  prêtre dans la parabole du bon Samaritain, celui qui fait miséricorde est cet étranger si peu considéré ! (Luc 10,33)

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli.

Mais a tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu »

 (Jn 1,11-12).

 

Sœur Françoise-Chantal Lelimouzin o.p.    

Un prophète n’est méprisé que dans son pays

Le commencement de l’évangile de ce quatorzième dimanche ordinaire, présente les habitants de Nazareth en admiration devant les paroles de sagesse que proclamait Jésus. Jésus est de retour dans son pays avec ses disciples. Comme en Galilée, où il avait enseigné, chassé les démons, guéri les malades, et rendu la vie à la fille de Jaïre, les disciples seront témoins de l’attitude de Jésus et de celle des Nazaréens.

À Nazareth, son pays natal, Jésus se mit à enseigner dans la synagogue le jour du sabbat. Jusque là, tout semble bien se passer. Mais la sagesse qu’il incarne, perturbe la sérénité des habitants de Nazareth qui ont du mal à se convaincre qu’une prouesse aussi grande soit accomplie par quelqu’un qu’ils semblent connaître très bien. Mais finalement, peut-on dire qu’ils connaissent très bien celui qu’ils désignent comme le fils du charpentier ? Certes, les parents de Jésus sont connus, mais pour autant, la proximité même très forte des Nazaréens avec les parents de Jésus, ne peut être le gage d’une connaissance certaine de leur fils, Jésus. Et la suite de l’évangile montre combien, ils sont passés à côté de la vérité dans la force de leur apparente conviction et fausse certitude.

Comme quoi, l’évangile du jour nous interdit de prétendre connaître suffisamment l’autre sans le laisser se révéler à nous. Nos certitudes sur l’autre ne sont parfois que la projection de nous-mêmes sur lui ou la grotesque image que nous nous forgeons sur lui en le réduisant au produit de notre pensée. La réalité est cependant bien autre. L’homme a déjà des difficultés pour se connaître lui-même ; comment peut-il alors connaitre l’autre et le définir dans la vérité de ce qu’il est ? Toute entreprise dans ce sens n’est que pure illusion et chemin d’erreur garantie. Et c’est à ce piège que se sont fait prendre les Nazaréens qui semblaient connaître véritablement Jésus, qu’ils ont réduit au fils du charpentier. Si seulement leur étonnement les avait disposés à découvrir qui est vraiment Jésus, en le laissant se manifester, ils auraient sûrement été plus émerveillés de le connaître véritablement et de comprendre comment Dieu, en son mystère, agit dans le monde pour le bien de l’homme.

Arrêtons de trop vite connaître les autres ; et laissons-les se manifester et se dire à nous, tels qu’ils sont. C’est l’humilité qui nous le permettra. Alors seulement, nous accepterons la possibilité d’être instruits par le plus petit et peut-être le moins intelligent que nous. Car, si ce que Dieu a caché aux sages et aux savants il l’a révélé aux tout-petits, il peut bien passer par ce plus petit pour se communiquer à nous et nous sauver. Soyons donc humbles.

Ne ratons pas le rendez-vous que Dieu nous donne au carrefour de l‘humilité.

 

Sr Pascaline Bilgo  

Dieu n’a pas fait la mort

Livre de la Sagesse, Psaume 29 et Évangile de St Marc 5, 21-43

Nous avons peur de la mort… et c’est normal ! Nous avons peur de souffrir avant de mourir. Nous avons peut-être vu des parents, des amis traverser de grandes souffrances ou avoir subi une mort violente et soudaine. La mort est un mystère, que nous n’arrivons pas à comprendre et dès les temps les plus reculés, l’homme a cherché des explications, il s’est posé beaucoup de questions.

Or, Dieu, dans son amour, a commencé à se révéler, il s’est choisi un peuple avec qui il a fait alliance tout au long de l’Ancien Testament. Malgré ses trahisons et ses infidélités, ce peuple a peu à peu découvert un Dieu qui aime, un Dieu fidèle, patient et qui pardonne, un Dieu qui donne la vie et qui aime la vie. Si bien que, 50 ans avant la naissance de Jésus, l’auteur du Livre de la Sagesse a pu écrire : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants », et encore : « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même.» Et Jésus est venu nous révéler le cœur de Dieu, par ses paroles et par ses actes.

Ce jour-là justement, Jésus est au bord du lac et une foule nombreuse l’entoure. Et voici que Jaïre, chef de la synagogue, vient jusqu’à lui, tombe à ses pieds et le supplie : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ».

Sans hésiter, Jésus part avec lui en se frayant un chemin dans la foule.

Dans cette foule, se trouve une femme qui souffre de pertes de sang depuis 12 ans, et qui depuis 12 ans se trouve exclue de par la loi juive pour laquelle le sang est impur. Elle a entendu parler de Jésus, elle se faufile derrière lui et se dit : « Si je touche seulement son vêtement, je serai sauvée ». Jésus est pressé de toute part et il ressent comme une force qui est sortie de lui. C’est la foi de cette femme qui a comme arraché à Jésus sa guérison et sa réintégration sociale. Jésus s’arrête et voit la femme qui a peur. Il pose son regard d’amour sur elle et lui parle : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Et Jésus continue sa route vers la maison de Jaïre. Voilà que des gens de là-bas arrivent et disent à Jaïre : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus ne se laisse pas arrêter par ce manque de foi et dit à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ! » Alors Jésus se renvoie la foule, garde avec lui Pierre, Jacques et Jean et les parents de la jeune fille. Il écarte aussi ceux qui pleurent et crient et se entre dans la chambre où reposait la jeune fille. Il lui saisit la main et lui dit : « Talitha koum ! », ce qui veut dire : Jeune fille, viens, lève-toi, ou encore : réveille-toi. (A noter que c’est la même expression qui est utilisée pour dire la résurrection de Jésus : il s’est réveillé d’entre les morts). Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher.

Et St Marc ajoute : elle avait 12 ans. Ce chiffre est symbolique : il signifie l’accomplissement des temps annoncé par les prophètes pour la venue du Sauveur. 12 ans, c’était aussi l’âge où les enfants devenaient adultes dans la tradition juive. Jésus lui-même avait vécu ce passage, quand à 12 ans il avait été retrouvé par ses parents dans le Temple de Jérusalem au milieu des prêtres et des docteurs de la Loi. Et la femme n’a-t-elle pas aussi été libérée au bout de 12 ans?

Que pouvons-nous retenir de ces évènements pour notre vie aujourd’hui ? Ne crains pas, crois seulement. Comme Jaïre, n’ayons pas peur de confier nos soucis à Jésus, il nous écoute, il marche avec nous; comme à la femme, il nous donne sa force si nous persévérons dans la prière et si nous croyons en lui.

Le psaume 29, lui, nous invite par deux fois à rendre grâce, alors, en ce 13èmedimanche du temps ordinaire, rendons grâce à Dieu qui nous donne sa vie, qui nous libère du mal et de la mort par sa mort et sa résurrection. Que le Pain de Vie que nous sommes invités à partager nous libère de toute peur et nous donne de marcher dans la paix et la confiance en tenant la main de Dieu.

Soeur Catherine Aubry