Dieu n’a pas fait la mort

Livre de la Sagesse, Psaume 29 et Évangile de St Marc 5, 21-43

Nous avons peur de la mort… et c’est normal ! Nous avons peur de souffrir avant de mourir. Nous avons peut-être vu des parents, des amis traverser de grandes souffrances ou avoir subi une mort violente et soudaine. La mort est un mystère, que nous n’arrivons pas à comprendre et dès les temps les plus reculés, l’homme a cherché des explications, il s’est posé beaucoup de questions.

Or, Dieu, dans son amour, a commencé à se révéler, il s’est choisi un peuple avec qui il a fait alliance tout au long de l’Ancien Testament. Malgré ses trahisons et ses infidélités, ce peuple a peu à peu découvert un Dieu qui aime, un Dieu fidèle, patient et qui pardonne, un Dieu qui donne la vie et qui aime la vie. Si bien que, 50 ans avant la naissance de Jésus, l’auteur du Livre de la Sagesse a pu écrire : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants », et encore : « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même.» Et Jésus est venu nous révéler le cœur de Dieu, par ses paroles et par ses actes.

Ce jour-là justement, Jésus est au bord du lac et une foule nombreuse l’entoure. Et voici que Jaïre, chef de la synagogue, vient jusqu’à lui, tombe à ses pieds et le supplie : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ».

Sans hésiter, Jésus part avec lui en se frayant un chemin dans la foule.

Dans cette foule, se trouve une femme qui souffre de pertes de sang depuis 12 ans, et qui depuis 12 ans se trouve exclue de par la loi juive pour laquelle le sang est impur. Elle a entendu parler de Jésus, elle se faufile derrière lui et se dit : « Si je touche seulement son vêtement, je serai sauvée ». Jésus est pressé de toute part et il ressent comme une force qui est sortie de lui. C’est la foi de cette femme qui a comme arraché à Jésus sa guérison et sa réintégration sociale. Jésus s’arrête et voit la femme qui a peur. Il pose son regard d’amour sur elle et lui parle : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Et Jésus continue sa route vers la maison de Jaïre. Voilà que des gens de là-bas arrivent et disent à Jaïre : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus ne se laisse pas arrêter par ce manque de foi et dit à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ! » Alors Jésus se renvoie la foule, garde avec lui Pierre, Jacques et Jean et les parents de la jeune fille. Il écarte aussi ceux qui pleurent et crient et se entre dans la chambre où reposait la jeune fille. Il lui saisit la main et lui dit : « Talitha koum ! », ce qui veut dire : Jeune fille, viens, lève-toi, ou encore : réveille-toi. (A noter que c’est la même expression qui est utilisée pour dire la résurrection de Jésus : il s’est réveillé d’entre les morts). Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher.

Et St Marc ajoute : elle avait 12 ans. Ce chiffre est symbolique : il signifie l’accomplissement des temps annoncé par les prophètes pour la venue du Sauveur. 12 ans, c’était aussi l’âge où les enfants devenaient adultes dans la tradition juive. Jésus lui-même avait vécu ce passage, quand à 12 ans il avait été retrouvé par ses parents dans le Temple de Jérusalem au milieu des prêtres et des docteurs de la Loi. Et la femme n’a-t-elle pas aussi été libérée au bout de 12 ans?

Que pouvons-nous retenir de ces évènements pour notre vie aujourd’hui ? Ne crains pas, crois seulement. Comme Jaïre, n’ayons pas peur de confier nos soucis à Jésus, il nous écoute, il marche avec nous; comme à la femme, il nous donne sa force si nous persévérons dans la prière et si nous croyons en lui.

Le psaume 29, lui, nous invite par deux fois à rendre grâce, alors, en ce 13èmedimanche du temps ordinaire, rendons grâce à Dieu qui nous donne sa vie, qui nous libère du mal et de la mort par sa mort et sa résurrection. Que le Pain de Vie que nous sommes invités à partager nous libère de toute peur et nous donne de marcher dans la paix et la confiance en tenant la main de Dieu.

Soeur Catherine Aubry  

 

 

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