Ils étaient comme des brebis sans Berger. Alors, ll se mit à les enseigner longuement.

L’évangile d’aujourd’hui, est un moment de la prédication itinérante inaugurée par Jésus, ses amis l’ont accompagné, ils ont vu Jésus, enseigner en paraboles, guérir toute sorte de maux en Galilée jusqu’au jour où Il leur passe le relais, les envoyant deux par deux en mission. L’évangéliste Marc se fait l’écho du retour de ces missions en duo,où les envoyés ont été à l’œuvre, marches, prédications et guérisons ont été nombreuses, ils ont dépensé beaucoup d’énergie, ils méritent bien l’invitation de Jésus : « venez et reposez-vous un peu ». Mais il en va autrement, au moment où ils arrivent dans un lieu tranquille, voilà que Jésus se laisse émouvoir par la foule, et à la place du repos promis c’est un enseignement long qui les attend, « parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ».

Cette comparaison nous questionne :

La foulene se lasse pas d’écouter Jésus, elle ressemble à ces enfants dont l’intelligence s’éveille et qui poursuivent les adultes de leurs incessantes questions. Ils veulent savoir le « pourquoi » de telle ou telle chose ou de tels évènements. Cela évoque des temps forts rythmant la vie des familles : le grand frère ou la sœur aînée quitte la maison, alors le plus petit semble perdre un repère dans sa propre vie : « pourquoi ? » ; « Il ou elle va retrouver celui ou celle qui l’aime ». Ces dialogues permettent à l’enfant de s’exprimer sur le sens de la vie. Nos propres interrogations, témoignent que nous sommes faits de désirs de comprendre et d’aimer comme d’être compris et aimés.

Jésus connait bien les bergersdepuis la crèche, ils ont été ses premiers visiteurs. La place du berger dans le peuple d’Israël marque l’attention de Dieu. Le terme du pasteurlui fait écho, ce peuple a connu des pasteurs qui sont selon le cœur de Dieu comme David et d’autres qui à l’opposé malmènent le peuple, et seront dénoncés par les prophètes. Dans la prière du psalmiste il est dit : c’est Dieu qui doit guider son peuple « comme un berger son troupeau » ; et ailleurs, c’est Dieu qui peut écouter: « Berger d’Israël écoute, toi qui conduis Joseph comme un troupeau » et encore c’est Dieu qui sauve : « Dieu fais-nous revenir que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés » Ps 79, 2, 4.

Les Evangiles qualifient cette fouledes gens « désemparés, abattus » objet de compassion (cf. Mt 9, 36) et montrent les qualités du Berger : il cherche la brebis perdue, c’est l’image du Père miséricordieux qui se réjouit quand il la retrouve (Lc 15 8 et Mt 18, 12-14).

Saint Jean offre une reprise des traits propres aux bergersdans l’Ancien testament : nous voyons une bergerie bien ordonnée avec sa porte et son enclos. Le bon berger est celui qui entre par la porte et dont la voix est reconnue par toutes les brebis : une voix qui permet de sortir ou d’entrer selon les moments et les nécessités ; une voix qui apaise et rassure contrairement à celle d’un étranger qui vient mettre le désordre et se servir pour lui-même. Aujourd’hui, Jésus incarne et met en pratiquetout cela. Il est ce Bon pasteur qui guide par sa vie, il est compatissant, et il instruit par son enseignement.(Cf. Jn 10 1-5)

Quand le berger est un bon pasteur, il établit un lien entre lui et les personnes qui l’écoutent et ce lien est fort, c’est pourquoi la foule vient à sa rencontre, sans nul doute sa Parole laisse pressentir le lien que Jésus a avec son Père ; ailleurs il affirmera qu’Il est la porte qui conduit au Père. Sans pasteur la communauté chrétienne peinerait à trouver un chemin de communion.

Dans cet esprit nous pouvons relire lentement le psaume 22 proposé en ce jour. Il nous invite à reconnaître Celui qui parle, enseigne et conduit au Père comme notre guide. « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien, il me fait revivre » il accompagne ma vie jusqu’au bout « grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie »

Cette image du bon pasteurhabitait le cœur des premiers chrétiens, ils la gravaient dans les catacombes pour être forts sous la persécution, ils étaient identifiés à cette brebis sur les épaules.

En notre temps, dans un pays affronté à la polémique des émigrés, comment ne pas penser qu’ils ont besoin de rencontrer chez nous des «  pasteurs modestes » qui  prennent soin d’eux, qui les écoutent et les rassurent leur permettant de trouver enfin un lieu où s’établir en paix, devenir enfin ce qu’ils sont des humains doués de nombreux dons à mettre au service des autres. Nous pouvons prier et partager avec toutes les personnes qui sont engagées dans cette voie d’aide aux émigrés et qui nous entrainent à vivre la miséricorde selon le cœur du Christ.

22 juillet, l’Eglise fête Sainte Marie Madeleine, celle qui fut un jour cette brebis pardonnée sur les épaules du Bon Pasteur Jésus et à partir de ce moment-là, elle se joignit à ses disciples et le suivit de près  jusqu’à sa mort à la croix ; Elle fut aussi la première à voir Jésus ressuscité qui lui confia l’annonce de sa résurrection aux Apôtres ; Messagère de la Bonne Nouvelle est un titre de gloire.

 

Monique Colrat o.p.  

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