Accueillir et prendre la parole

Le foyer d’étudiants que nous avons à Toulouse s’associe aux dominicains pour proposer une formation pour les jeunes à la prise de parole.

Toutes les indications sont sur ce lien ici.

Christ Roi

« Roi des juifs » et Roi, au cœur de « quiconque est de la vérité ».

Oui, pour les juifs, qu’ils le reconnaissent ou non,  Jésus révèle, à travers ses paroles et  son attachement au Dieu de la Révélation, la réalisation des promesses messianiques attendue depuis des générations. En cela, de la descendance de David, il est l’authentique roi de la vie spirituelle d’Israël, le roi des juifs.

Pilate ne peut pas comprendre le double contenu de ce titre et Jésus ne répond pas à sa question.

Il introduit le mystère de sa naissance et l’origine de la Vérité, la seule : « Si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la Vérité ». Ainsi Jésus venu d’ailleurs, s’introduit dans le « monde » au double sens de l’humanité et du lieu où s’entremêlent « l’ivraie et le bon grain ».

De tous les temps et sur l’espace terrestre « quiconque » pense et vit dans l’intime de son être, sa vie comme un don, sa vie comme une responsabilité à l’égard de tout humain, est sujet du royaume, qu’il le sache ou non.

Jésus Ressuscité est son Roi.

« Qu’est-ce que la Vérité’ », demandera Pilate. La vérité, nous fait comprendre Jésus, n’est la possession d’aucune institution, d’aucune autorité de ce monde, d’aucun individu. Elle est une vie qui s’authentifie, au cœur de l’institution ou de l’individu, par la manière dont celle-ci ou celui-ci  donne sens à sa vie et à celle des autres. Notre  liberté et notre bonheur en dépendent.

Pilate, ligoté par la peur de perdre son pouvoir, n’a pas pu répondre, dans son intimité et face aux détracteurs, à l’appel de Jésus contenu dans leur dialogue.

Dressée entre ciel et terre, la croix est le lieu bouleversant où se nouent en Jésus, la communion de la  Trinité  avec  l’humanité. Là se trouve la Vérité. Celui qui croit dans son cœur et annonce que cet homme sur la croix  nous obtient la communion avec son Dieu, son Père, la recréation de notre humanité, c’est-à-dire le recouvrement de notre innocence première,  celui-là, au cœur de sa contemplation, entends

« …comme la rumeur d’une foule immense,  comme la rumeur des océans, …Ils disent : Alléluia !

Car le Seigneur, notre Dieu Tout- Puissant a manifesté son règne ». Ap. 19,6

Le royaume de Jésus,  enfoui dans la masse humaine à la manière « d’un ferment dans la pâte », est la vraie patrie des chrétiens ou croyants de diverses confessions et sagesses, qui mènent  le combat du bien contre le mal, en eux et autour d’eux. Ceux-là sont  les artisans d’un Royaume mystérieux, celui de l’amour, de la liberté vraie, celui dont le Christ Ressuscité est l’unique Roi.

                                                                                                                                                                                                 Sr Viviane  

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Notre chapitre en images

Quelques festivités…

Du travail

Quelques visites de chantier par temps un peu frais

      

Et un nouveau gouvernement provincial : 

Prieure provinciale : soeur Veronique Margron [sur twitter @]

 Conseil : Sr Corine Haramant

                                        Sr Anne Lécu (sur twitter @]

Sr Claudine Perquin

Sr Catherine Aubry

Laissez-vous instruire

Que dire par rapport à la première partie de l’Evangile de ce dimanche ? Quelle parole de vie peut surgir d’un texte qui parle de destruction, de détresse, d’obscurité, et où toutes les puissances célestes seront ébranlées ? Quel espoir pour nous, êtres humains, limités, pour survivre à tant de calamités ?

Si nous restons là, vite le découragement s’empare de nous et nous risquons de nous dire que toutes les situations que nous voyons ou entendons, au journal télévisé, à la radio et même au sein de notre Eglise, sont les signes que notre monde va mal et peut-être à sa perte ?

Mais notre texte d’Evangile ne s’arrête pas à ces réalités-là. Cette invitation de Jésus « Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier… », nous renvoie au sens même de la vie. L’Evangile, cette parole, vient nous apprendre à ne pas nous figer sur les choses négatives ou les petits ou grands obstacles de nos chemins.

Ce figuier qui dans la Bible symbolise la paix, la prospérité et la fertilité, contraste avec cette première partie de l’Evangile. Dans notre vie de chrétiens, notre foi nous aide à tenir ferme dans les épreuves, à savoir rester debout dans les moments de tribulation.

Nous souvenir que le figuier fleurit au printemps nous affermit dans l’espérance qu’un renouveau est toujours possible. Mais, être sûr de cette vérité, ne suffit pas. Il faut nous laisser instruire, nous laisser façonner jour après jour par cette parole de vie.

La prière est la source qui nous aide à rester attentifs pour que ce figuier demeure toujours fleuri comme dans un éternel printemps malgré l’hiver et le froid.

Sr. Amanda MANCIPE  

Faire conversation

Depuis 4 jours, la conférence des religieuses et religieux de France, qui regroupe tous les instituts religieux avec 450 membres, tient son assemblée générale à Lourdes. Juste à la suite de l’Assemblée plénière des évêques de France.

Le thème de notre rencontre était la conversation. Conversation avec notre Dieu. Lui qui est de part en part un Dieu de la conversation. Celle dont il a décidé de faire de l’humain son partenaire. Une conversation fondée dans la Parole biblique, elle qui raconte sans cesse des histoires humaines, nos histoires donc. Serviteurs de la conversation de Dieu avec tout un chacun, nous sommes là pour être des faiseurs de dialogue là où nous sommes. Dans les monastères, dans les cités, à l’université, dans les paroisses, les maisons d’accueil ou de retraite. C’est une aventure qui nous oblige à nous délester d’idées toutes faites, d’a priori, de nos méfiances aussi pour nous déplacer vers l’autre et son monde, autant qu’il est possible. La conversation est pour nous une vocation. Y compris dans l’écoute douloureuse de ce qu’ont vécu les personnes victimes de crimes de pédocriminalité et dont les auteurs étaient ou sont des membres de nos instituts. Une conversation qui alors assigne, oblige à la conversion de nos mœurs pour qu’adviennent la vérité et la justice.

Notre conversation n’est pas faite que de mots, mais tout autant du silence de la prière, de la supplication pour ce monde fracassé trop souvent, de notre amitié offerte, du partage de l’action avec tant de personnes de bonne volonté, dans l’Église et hors l’Église pour construire une société moins brutale et intransigeante.

Devant tous les crieurs de mauvaises nouvelles, ou devant des étendards élevés rageusement pour toutes causes, jusqu’au plus funestes, ces variations de la conversation sont bien modestes. Surtout alors qu’aujourd’hui, 13 novembre, nous faisons douloureusement mémoire des 130 morts et près de 500 blessés des attentats de Paris en 2015.

Mais au moins cette conversation, qui n’est ni la communication, ni le bavardage, ni le remplissage, mais une hospitalité, en chair et en os, peut-elle opiniâtrement retisser le lien que tant veulent défaire, et finir – un jour du temps enfin- par désarmer les fanatismes.

 

Véronique Margron op.  

 

Edito de RCF ce mardi 13 novembre 2018, à écouter ici.