Fête de la Sainte famille

Jésus vient d’avoir 12 ans.

C’est l’âge de quitter l’enfance, l’âge de s’intégrer à la vie sociale.

Quelle liesse … ce pèlerinage où l’on chemine ensemble par voisinage !

Car il y a de la route : quelques 150 kms, ce n’est pas rien.
Il peut s’en passer des choses !

Apprentissage d’un itinéraire : monter à Jérusalem pour la Pâques.

Il y a comme de la mort et de la naissance dans l’air !

Puisque c’est l’âge de quitter l’enfance, Jésus prend du large …

« A l’insu de ses parents » …

Il  crée de la distance…

Il prend au sérieux sa bar misva.
Il affirme sa liberté … de Fils …

Il reste à Jérusalem quand la caravane prend le chemin du retour.

Et pour Marie et Joseph quelle inquiétude !
Ils le croient devant ou derrière, mais non.
Il n’est pas non plus « parmi leurs parents et connaissances ».

Ils le cherchent 3 jours durant.

Peut-être le croient-ils mort ?

Et 3 jours plus tard, les retrouvailles !

Comme un jour de résurrection,

Un jour de sortie du tombeau.

« Vois comme nous avons souffert ! »

 

Marie et Joseph n’ont pas pris la vraie mesure du geste de Jésus.

Il est sorti de la famille, des liens de parenté.
Il est ailleurs.

« Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Il est dans le Temple « au milieu des docteurs de la Loi,

 Il les écoute et leur pose des questions ».

Débat d’égal à égal.
Sauf que la Loi  et le vrai Temple à venir, c’est Lui, Jésus.

On ne met pas la main sur Dieu.

Je dédie cette courte méditation

aux parents de Florian, Vinciane, Virgile, David …

à Lilou, 16 ans, dont on a enterré la maman cette semaine,

à Manon qui attend des jumeaux,

à toutes les familles en difficulté

et à celles dont l’amour transfigure la vie,

la leur et celle des autres.

 

Sœur Françoise-Chantal Lelimouzin o.p.    

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Exposition de crèches

Vous rêvez d’une promenade sur la presqu’ile de Quiberon ? Ne ratez pas l’exposition de crèches que nos soeurs ouvrent à ceux qui le souhaitent.

« Un rameau sortira de la souche de Jessé » (Is 11,1).

A travers cette exposition de crèches qui aura lieu de la fête de la Nativité à la fête de l’Epiphanie (le 6 janvier), nous venons adorer cette naissance du Fils de Dieu parmi nous. Vous êtes invités à venir découvrir plus de 200 crèches qui marquent de manières différentes, par l’œuvre d’artistes connus ou inconnus, ce mystère de la Nativité.

Cette exposition a lieu à l’Accueil St Joseph – communauté Dominicaine – 9 rue Pasteur – 56510 St Pierre Quiberon

 

« Marie se mit en route avec empressement »

Quelle joie habite si intensément Marie pour lui faire entreprendre un tel voyage ?

Est-ce le désir d’aider Elisabeth qui en est à son 6èmemois … et elle est âgée ?

Est-ce celui de partager un bonheur inouï avec une future maman qui comprendra son allégresse ?

Voilà deux êtres en présence qui dans leur intimité secrète savourent des moments inexprimables, et qui louent Dieu !

Qui nous dira l’émotion d’Elisabeth face à l’imprévu de Dieu, sinon ce cri d’adoration, de joie, de louange : «  Bienheureuse es-tu d’avoir cru ! ».

Elisabeth avait-elle eu connaissance du refus de croire de Zacharie ? Quel contraste entre les deux réponses !

Oui, Marie était bienheureuse entre toutes les femmes !

N’avait-elle pas cru, de suite, à l’accomplissement de ce qui lui avait été promis de la part de l’ange de Dieu ?

Et Marie de tressaillir de joie en Dieu, son Sauveur !

Un chant jaillit, qui a jailli, qui continuera de rejaillir pour célébrer ce Dieu de miséricorde qui secourt les pauvres et les petits au détriment des riches et des puissants, qui rassasie les affamés de justice et de paix, qui n’oublie pas son peuple choisi et qui lui pardonne.

La pureté du cœur de Marie lui fait découvrir comme autrefois les prophètes, « la Miséricorde divine qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ».

Et nous ? Quelle est notre allégresse, notre « empressement » à préparer la venue de notre Sauveur ?

Est-ce que nous croyons vraiment à l’étendue de cette Miséricorde ?

N’aurions-nous pas envie aujourd’hui de fermer la radio pour ne pas entendre tous ces cris de guerre, de vengeance, de haine, qui saturent les esprits et les cœurs ?

Marie, que nous dirais-tu ? … Comme le Pape François ? « En quoi consiste la Miséricorde ? Elle consiste à donner, à aider, à servir les autres, à comprendre, à pardonner (…) [1]».

Jésus ne dit pas : heureux qui planifient la vengeance mais il appelle « heureux » ceux qui pardonnent et qui le font soixante-dix-sept fois. Il faut savoir que tous, nous constituons une armée de gens pardonnés. Si nous nous approchons sincèrement du Seigneur et si nous tendons l’oreille, nous entendrons parfois, probablement ce reproche : ne devrais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi j’ai eu pitié de toi ? (…) [2]».

Comprendre, se mettre à la place de l’autre, comprendre pourquoi tels chemins ont conduit mes frères aux pures méfaits … à enseigner la vengeance … A nous, n’ont-ils rien à reprocher ?

Reprenons les versets d’Isaïe : «  Il a porté secours à Israël son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, ainsi qu’il l’avait promis à nos frères, en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais ». Notre descendance ! La promesse divine est pour tous ! Pécheurs que nous sommes !

Marie, Elisabeth avaient entendu cette promesse. Elles y ont cru, d’où cette allégresse, cet empressement de l’une vers l’autre, à reconnaître la Miséricorde infinie de Dieu.

Marie ! Soutiens notre foi si fragile, aide-nous à comprendre, à pardonner et la Joie du Seigneur dont tu fus pétrie jaillira parmi tous nos frères et sœurs, réconciliés et heureux !

Soeur Monique Wagner      

[1]Jubilate et exultaten°80.

[2]Jubilaté et exultaten°82.

Faiseurs de paix

Hier lundi 10 décembre, nous célébrions les 70 ans de la déclaration universelle des Droits humains de 1948. Après plus 60 millions de morts, dont plus de 45 millions de civils, 6 millions de juifs, Hiroshima et Nagazaki, les nations se décident enfin pour la paix, affirmant que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits… » Une promesse était ainsi faite : les droits des individus compteraient autant que les droits des États. « Un sombre anniversaire », pourtant, au regard de la vague réactionnaire qui s’étend et des “hommes forts” qui attisent la haine et bafouent les libertés fondamentales.

Mais il est aussi des visages qui éclairent cet anniversaire, donnent force et espoir.

Dimanche à Oran Pierre Claverie, évêque d’Oran, les 7 moines de Tibhirine, et les 11 autres religieuses et religieux ont été reconnus bienheureux. Bienheureux de n’avoir rien préféré à l’amour du peuple au milieu duquel ils vivaient, au nom de l’amitié du Dieu unique, le Christ pour eux. Bienheureux de ne pas s’être souciés d’eux-mêmes. Bienheureux d’avoir aimé la vie jusqu’à la perdre. Visages magnifiques d’une Église de proximité, de dialogue, de compassion. Une Église sans prétention, sinon celle d’être servante pour la dignité de tous.

D’autres visages encore. Comme ceux de Nadia Murad, 25 ans, et Denis Mukwege, 63 ans, qui se battent contre une même barbarie : le viol utilisé comme arme de guerre. Ils ont reçu ce lundi 10 décembre à Oslo, le Prix Nobel de la paix.

Nadia Murad, jeune Irakienne Yézidies a pourtant déjà vécu mille vies. Elle a survécu au génocide perpétré par l’État islamique en août 2014 dans son village natal. Après l’assassinat de ses frères elle devient une esclave sexuelle, vendue et revendue à différents bourreaux. Aujourd’hui, elle se bat pour les 3 000 femmes yézidies toujours captives de Daesh et « pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains ».

Denis Mukwege, dont j’ai déjà souvent parlé, chirurgien gynécologue congolais se bat depuis vingt ans pour réparer le corps de femmes, d’adolescentes, d’enfants brisées dans leur intimité sexuelle et leur intégrité psychique par des actes de torture, des viols et des mutilations atroces. Ces corps mutilés qu’il répare, sont des « terrains de guerre ». Il déclarait hier en recevant le Nobel, « Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard. S’il faut faire la guerre, c’est la guerre contre l’indifférence qui ronge nos sociétés ».

Les 19 bienheureux d’Algérie, Nadia Murad, Denis Mukwege, en ces temps troublés et incertains nous montrent le cap. Vivre à hauteur d’homme, rien de plus. Rien de moins.

 

Véronique Margron op. 

Chronique diffusée sur RCF mardi 11 décembre 2018.

Tout homme verra le salut de Dieu

Il est clair que l’Évangile d’aujourd’hui nous fait l’annonce de la venue d’une «  parole événement » engendrée en Jean le Baptiste. C’est justement cette parole de Dieu qui éveille en lui sa vocation de prophète. Jean est celui qui appelle à préparer le chemin du Seigneur. Sa mission est de proclamer Dieu à l’œuvre, mais en même temps d’inviter les hommes à la conversion, à se tourner vers Lui et vers les frères.

A vrai dire cet appel à la conversion, c’est un appel à laisser Dieu venir en notre histoire personnelle et en notre histoire commune, tenant compte que Dieu sort de lui-même pour venir de nouveau en cette année 2018 à notre rencontre, là où nous sommes, tels que nous sommes. Parce que l’œuvre de Dieu n’est pas de condamner, c’est de sauver. Il n’est pas possible que l’histoire humaine où Dieu agit se termine en impasse. «Même si nous semons aujourd’hui dans les larmes, la moisson viendra en chantant. »

Dans l’aujourd’hui de notre monde, Dieu vient encore chercher l’humanité qu’il aime ; il ne peut pas, il ne veut pas la laisser à ses propres forces, aussi importantes soient-elles.

La Parole de Dieu proposée par la liturgie de ce deuxième Dimanche de l’Avent, nous met en garde contre une attitude venant d’un cœur malveillant, tortueux, dévié, compliqué. Car cette conversion dont il est question n’est pas seulement une pensée intime, ni un sentiment cérébral, c’est une démarche signifiée, extériorisée. La  « metanoia » ou retournement, c’est une action réelle. Il s’agit bien de se tourner vers Dieu avec, il est vrai, des conséquences morales et sociales : lutte contre l’égoïsme, l’injustice, le matérialisme pratique, l’esclavage du plaisir et de l’argent, l’impureté, la paresse, la domination des autres.

Avec Saint-Paul, demandons la grâce de l’intelligence du cœur, la droiture et la clairvoyance qui nous feront discerner ce qui est essentiel dans notre vie chrétienne, pour marcher sans trébucher vers le jour du Christ.

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez o.p.   

Bienheureux

Aujourd’hui, en la fête de l’Immaculée conception, nous avons la joie de nous unir à la célébration de béatification de Pierre Claverie, o.p., des sept moines de Thiberine et de leurs compagnons.

Deux de nos soeurs, Marie-Lucie et Agnès qui ont vécu en Algérie et connu Pierre, sont présentes là-bas. Toute notre attention, notre amitié et notre prière les rejoignent.

« Bienheureux frères et soeurs béatifiés à Oran, intercédez pour nous et pour la paix entre les hommes et entre les peuples ! »

La célébration est retransmise sur KTO en direct à 13 h.