« Marie se mit en route avec empressement »

Quelle joie habite si intensément Marie pour lui faire entreprendre un tel voyage ?

Est-ce le désir d’aider Elisabeth qui en est à son 6èmemois … et elle est âgée ?

Est-ce celui de partager un bonheur inouï avec une future maman qui comprendra son allégresse ?

Voilà deux êtres en présence qui dans leur intimité secrète savourent des moments inexprimables, et qui louent Dieu !

Qui nous dira l’émotion d’Elisabeth face à l’imprévu de Dieu, sinon ce cri d’adoration, de joie, de louange : «  Bienheureuse es-tu d’avoir cru ! ».

Elisabeth avait-elle eu connaissance du refus de croire de Zacharie ? Quel contraste entre les deux réponses !

Oui, Marie était bienheureuse entre toutes les femmes !

N’avait-elle pas cru, de suite, à l’accomplissement de ce qui lui avait été promis de la part de l’ange de Dieu ?

Et Marie de tressaillir de joie en Dieu, son Sauveur !

Un chant jaillit, qui a jailli, qui continuera de rejaillir pour célébrer ce Dieu de miséricorde qui secourt les pauvres et les petits au détriment des riches et des puissants, qui rassasie les affamés de justice et de paix, qui n’oublie pas son peuple choisi et qui lui pardonne.

La pureté du cœur de Marie lui fait découvrir comme autrefois les prophètes, « la Miséricorde divine qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ».

Et nous ? Quelle est notre allégresse, notre « empressement » à préparer la venue de notre Sauveur ?

Est-ce que nous croyons vraiment à l’étendue de cette Miséricorde ?

N’aurions-nous pas envie aujourd’hui de fermer la radio pour ne pas entendre tous ces cris de guerre, de vengeance, de haine, qui saturent les esprits et les cœurs ?

Marie, que nous dirais-tu ? … Comme le Pape François ? « En quoi consiste la Miséricorde ? Elle consiste à donner, à aider, à servir les autres, à comprendre, à pardonner (…) [1]».

Jésus ne dit pas : heureux qui planifient la vengeance mais il appelle « heureux » ceux qui pardonnent et qui le font soixante-dix-sept fois. Il faut savoir que tous, nous constituons une armée de gens pardonnés. Si nous nous approchons sincèrement du Seigneur et si nous tendons l’oreille, nous entendrons parfois, probablement ce reproche : ne devrais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi j’ai eu pitié de toi ? (…) [2]».

Comprendre, se mettre à la place de l’autre, comprendre pourquoi tels chemins ont conduit mes frères aux pures méfaits … à enseigner la vengeance … A nous, n’ont-ils rien à reprocher ?

Reprenons les versets d’Isaïe : «  Il a porté secours à Israël son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, ainsi qu’il l’avait promis à nos frères, en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais ». Notre descendance ! La promesse divine est pour tous ! Pécheurs que nous sommes !

Marie, Elisabeth avaient entendu cette promesse. Elles y ont cru, d’où cette allégresse, cet empressement de l’une vers l’autre, à reconnaître la Miséricorde infinie de Dieu.

Marie ! Soutiens notre foi si fragile, aide-nous à comprendre, à pardonner et la Joie du Seigneur dont tu fus pétrie jaillira parmi tous nos frères et sœurs, réconciliés et heureux !

Soeur Monique Wagner      

[1]Jubilate et exultaten°80.

[2]Jubilaté et exultaten°82.

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