Aujourd’hui, tout cela s’accomplit

L’Evangile est une force de Dieu pour tous les croyants qui s’appuient sur les promesses de la Bible. Luc en a bien conscience avant de commencer son Evangile. Il avoue qu’il n’a pas connu Jésus mais qu’étant proche des évènements qui se sont passés, il les a recueillis avec précision et il désire transmettre ce qu’il a reçu pour affermir la foi de ses lecteurs, partager son expérience avec les chercheurs de Dieu, ceux qui ont mission d’annoncer la Bonne Nouvelle.

Lorsque Jésus dans la puissance de l’Esprit revient en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Dieu riche en grâce et en fidélité a visité son peuple, il accomplit la promesse faite à Abraham et à sa descendance. Il l’a fait au-delà de toute attente, Il a envoyé son Fils bien aimé pour sauver tous les hommes. Toute la vie et la mission de Jésus se réalisent dans une communion totale avec l’Esprit Saint que le Père lui donne sans mesure, l’Eprit est la source intérieure de Jésus. Il est en communion constante avec le Père, une source de prière permanente. Il ne fait rien de lui-même, Il a en lui le souffle même du Père ‘’En lui réside la plénitude de la divinité’’.

Il est grand ce mystère de notre Dieu fait chair pour nous sauver, nous libérer, donner sens à notre vie.

Jésus entra donc dans la Synagogue le jour du sabbat, Il se lève pour faire la lecture, Il ouvre le livre et trouve le passage où il est écrit : ‘’l’Esprit du Seigneur est sur moi’’ Jésus vient de donner son programme : dire la bonne nouvelle, libérer les prisonniers, apporter la délivrance aux opprimés, annoncer une année de bienfaits de la part de Dieu.

Le seul commentaire de Jésus c’est pour dire ‘’aujourd’hui tout cela s’accomplit’’. Devant son auditoire étonné Jésus affirme que sa personne comble toute l’attente du peuple d’Israël.

 

En libérant certains hommes de la famine, de l’injustice, de la maladie, de la mort Jésus a posé des signes messianiques, Il n’est pas venu abolir tous les maux ici-bas, mais Il est venu pour libérer l’homme de l’esclavage du péché, pour leur révéler un Dieu Père, plein d’amour et de miséricorde pour tous les hommes. Cette Parole de l’Écriture entendue c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit pour chacun de nous, elle appelle notre réponse de Foi comme consentement et engagement.

Deux petits articles glanés dans la presse ces jour-ci peuvent illustrer partiellement cet aujourd’hui pour nous. « Dieu s’abaisse et Il se sert de nous pour que nous soyons en Amour et sa compassion dans le monde malgré nos péchés, nos misères. Il dépend de nous pour aimer le monde et lui prouver à quel point Il l’aime ». Que nous travaillons à constituer un monde ou tous les chrétiens seraient partout à l’œuvre par la prière, la fraternité, le dialogue, la solidarité, la vie avec les personnes âgées, avec les pauvres et avec toutes les périphéries chères au Pape François.

Que Dieu notre Père en nous donnant l’Esprit de Jésus fasse grandir notre Foi et verse en nos cœurs la plénitude de l’Amour pour que puissions aujourd’hui et demain poser les gestes qui mènent et amènent à la Foi.

 

Soeur Marie-Françoise Neau

Tout ce qu’il vous dira, faites le.

«Ils n’ont plus de vin. » « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » Jésus vient de recevoir le baptême et de choisir ses premiers disciples. L’Eglise nous invite à vivre un autre rythme du temps ordinaire. Et cette année nous commençons le temps ordinaire avec l’Evangile des noces de Cana. Nous pouvons noter que c’est le commencement des signes que Jésus accomplit. Ce premier signe est bien riche en signification, puisque nous apercevons une annonce du Sacrement de l’Eucharistie. L’Evangile nous signale la présence de la mère de Jésus, qui sera en quelque sorte la première personne à mettre une confiance radicale et sans limite en son fils.

Nous pourrions dire que, Marie est la personne qui a entrainé son fils à l’acte, même si Jésus semble ne pas être d’accord de ce qui lui est demandé. Il le dira, « mon heure n’est pas encore venue. » Partant de là, nous apercevons le rôle de Marie comme médiatrice auprès de son fils Notre Seigneur. Marie est là pour nous, elle est là pour l’Eglise tout entière, elle est là pour confier nos joies et nos peines à son fils, afin de les transformer en grâce pour le salut de nos âmes. Jésus n’a jamais rien refusé à sa mère. La preuve est que au pied de la croix, il nous a confié Marie comme mère, mère de L’Eglise et mère de chacun de nous en particulier. Si Marie s’est tournée vers son fils qui n’a pas encore  réalisé de miracle, elle nous invite à notre tour à nous abandonner à lui quelle que soit la situation où nous nous trouvons ; de lui faire confiance, et de prendre pour modèle la démarche qu’elle-même a empruntée.  Pour nous, nous pouvons dire que Cana est une invitation à passer de l’eau au vin, d’une vie sans goût à une existence passionnée et passionnante d’amour et de miséricorde. Que Marie, mère de l’Eglise et notre mère, soit notre modèle de fidélité et de confiance totale à Notre Seigneur, pour notre monde déchiré par la haine,  la recherche du pouvoir et de l’argent, à la recherche du vrai amour et de la miséricorde qui est le Christ lui-même. Amen.

soeur Madeleine Dedoui o.p. 

Une voix proclame

 

« Il envoie sa parole sur la terre, rapide, son verbe la parcourt » (Psaume 147)

 

Une voix, proclame : « Que la lumière soit, et la lumière fut ! »

Une voix proclame : « Préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu […] Alors se révèlera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé »

Une voix venant du ciel proclame : « Toi, tu es mon Fils bien aimé, en toi, je trouve ma joie ».

La joie de Dieu est au commencement de tout. C’est d’elle que surgit tout être vivant et la création entière. C’est d’elle que surgit la promesse d’un chemin praticable pour tout être de chair, sans trop de ravins, sans trop de montagnes, sans trop d’aridité. Et c’est elle qui ouvre le ciel pour nommer Jésus « Fils Bien aimé », et offrir à chacun de nous la promesse d’être associés à cette nomination. Oui, en Jésus son Fils, le Père trouve sa joie. A sa suite, il la trouve en chacun de nous.

C’est lui le Fils unique, qui pour nous va affronter les ravins, les montagnes et le désert. C’est lui qui va descendre dans l’ombre de la mort, et ce dès aujourd’hui, en plongeant dans l’eau du Jourdain – et l’on connait la crainte des hommes de la Bible pour cette eau évocatrice de mort, et en remonter pour nous offrir la vie.

Il n’y aura plus d’autres paroles venant du ciel. En lui, tout est dit.

Dans le quotidien des jours ordinaires, il nous reste à l’écouter, à l’entendre, à en vivre. Sans crainte, puisque bien-aimés.

 

Anne Lécu o.p. 

Venez, adorons le Seigneur

Jean Poye, Adoration des mages, 1500.

Dieu se manifeste en ce petit enfant qui vient de naître  dans la ville de David : Bethléem. La lumière a chassé les ténèbres. Ce petit enfant apporte la révélation de Dieu que les ténèbres ne peuvent pas étouffer tant sa présence est grande, tant sa présence était attendue. Le prologue de Jean au chapitre 1erle montre bien, je ne peux que vous inviter à le lire, le relire et le méditer.

La lumière a pris notre condition humaine, cependant tout n’est pas acquis car le roi Hérode supporte mal un autre roi sur ses terres.

Des Mages vêtus d’une manière somptueuse, arrivant avec leurs chameaux de régions lointaines vont trouver le roi Hérode. Une étoile les ayant guidé jusqu’à Jérusalem. « Où est le roi des Juifs qui vient de naître. Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage ». A cette question, le roi est troublé. Les grands prêtres et les scribes indiqueront la ville où se trouve ce roi des Juifs : Bethléem. Voilà, trois étrangers se dirigeant vers le Fils de Dieu, ce bébé. Mais ils arrivent avec des présents : or, encens et myrrhe. L’or, métal précieux que l’on offre à un roi. L’encens dont la prière monte  vers le Seigneur. La myrrhe, ce baume qui sert à embaumer les corps et que l’on retrouve le Vendredi Saint.

L’ayant trouvé et adoré, ces Mages vont retourner chez eux par un autre chemin sans en informer le roi Hérode, sur le lieu où Dieu a choisi de se manifester, de rejoindre son peuple.

Et nous, en ce jour où nous fêtons l’Epiphanie, pouvons-nous apporter à notre monde cette Paix, cette Joie, cette Espérance tant annoncée, tant attendue.

Les premiers venus adorer le Fils de Dieu, ce sont les bergers, des personnes rejetées, vivant à l’écart près de leurs troupeaux. Les suivant, ce sont les Mages, des étrangers venus de pays lointains attestant la réalisation des Ecritures.

Aujourd’hui notre monde attend des chrétiens qu’ils témoignent de ce qui les habitent par leur manière de vivre, d’être. Ce ne sont pas des choses extraordinaires mais c’est le quotidien. C’est là que Dieu se révèle entre autre.

« Venez, adorons le Seigneur »

Sœur Corine op