Fêter notre soeur Elisa (80 ans de vie religieuse)

Notre soeur Elisa, bon pied, bon oeil et 105 ans, va fêter le 28 février 80 ans de vie religieuse.

Oui quatre-vingt ans.

Si vous voulez lui envoyer une carte, voilà son adresse

Soeur Elisa,

15 quai Portillon,

37081 Tours Cedex.

 

 

Charité sans frontière

Dans cet Evangile  de Saint Luc, Jésus nous livre tout un enseignement sur l’amour-charité, et spécialement ce qu’il entend par l’amour des ennemis. Cela va très loin, et pourtant ne tient qu’en trois mots :

. Faire du bien à ceux qui vous  haïssent,

. Souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent,

. Prier pour ceux qui nous maltraitent.

Selon un commentaire (Homélies en prison), « aimer son ennemi, c’est travailler à changer le regard qu’on porte sur lui. Ne pas voir en lui qu’un ennemi à abattre ». Il est, certes, celui qui est contre moi, qui me calomnie, qui me détruit et bien d’autres choses encore. Mais il n’est pas que cela. Il n’est pas que méchanceté, il ne se confond pas avec le mal qu’il fait. Il faut, envers et contre tout, maintenir en soi la conviction que cet ennemi peut changer et évoluer vers le meilleur de lui-même.  Aimer son ennemi, c’est le confier à Dieu. Prier pour lui, pour qu’il change et quitte le monde de la haine. Réfléchir avec d’autres chrétiens, en Eglise, en équipe, pour s’ouvrir soi-même à l’évangile, pour se convertir soi-même et peu à peu voir en tout homme, en mon ennemi aussi, un « fils du Dieu très haut »comme dit notre texte d’aujourd’hui.

Cependant, dans ce passage de l’évangile de Luc, Jésus ne fournit aucune recette pour régler nos problèmes avec nos ennemis, petits ou grands. Mais il montre une direction, il offre une lumière dans la nuit de la violence et de la haine. Et surtout, ce passage montre Jésus qui, finalement, est le seul qui ait su aimer au-delà de toute haine.

Dans ce même enseignement sur l’amour sans frontières, Jésus en vient à parler aussi de la non-violence, de la joue qu’il faut tendre, du manteau qu’il faut laisser prendre et des deux mille pas qu’il faut faire, c’est-à-dire du temps qu’il faut accepter de perdre avec un homme dans la joie ou la peine, avec ses frères ou ses sœurs  en communauté, sous le regard de Jésus.

Volontiers nous dirions : « Ce n’est pas réaliste, c’est même idiot! » du point de vue humain.  Mais c’est un nouveau style de vie que Jésus veut inculquer, un nouveau regard sur la vie, les événements, les personnes et sur Dieu même. Il s’agit en effet d’inverser nos réflexes ordinaires : réflexe du talion, qui nous fait rendre le mal pour le mal, la violence pour un oubli ; réflexe de l’égalitarisme, du donnant-donnant, du « rien pour rien », qui nous fait guetter en tout la récompense immédiate et mesurable.

Face au précepte que nous a laissé le Seigneur, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la gratuité, la vraie, celle qui ne sera connue de personne hormis Dieu.

En conclusion, l’Evangile nous invite à faire valoir ce qui pour nous est essentiel à notre vie de tous les jours. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment… Sommes- nous capables d’amour ? Pour réaliser pleinement le programme du Christ, il nous est demandé de faire confiance à l’agir de Dieu. Jésus nous commande d’œuvrer dans le monde comme Dieu le fait lui-même avec nous : vivre le pardon et être miséricordieux. Dieu ne juge ni ne condamne personne, il pardonne aux pécheurs et nous demande de l’imiter. C’est une immense responsabilité qu’il nous confie ; il laisse la liberté d’exercer notre propre jugement. Prions pour que le Seigneur nous apprenne  à pardonner comme Lui, à aimer comme Lui,à juger comme Lui, à être miséricordieux comme Lui et à être généreux comme Lui.

Soeur Catherine Ouedraogo o.p.

Heureux êtes vous !

Heureux êtes vous ceux qui cherchent Dieu, car vous trouverez le chemin conduisant au Règne de Dieu !!!

Vous me direz… mais ce règne n’est-il-pas qu’une illusion si nous regardons la réalité de notre monde actuel ? Cette Parole n’est-elle pas jeter de la poudre aux yeux envers ceux qui n’ont rien ?

Non, Jésus est là s’adressant à eux, les apôtres, la foule nombreuse des disciples et la grande multitude de gens venant des diverses horizons. Et s’adressant plus particulièrement aux disciples, il leur dit : « Heureux les pauvres…. Heureux ceux qui ont faim… heureux ceux qui pleurent….Heureux les persécutés….Heureux, car choisissant de suivre le Christ, ils choisissent la vie, le désir de construire avec Lui dès maintenant le Royaume de Dieu…. Bref, ils choisissent le bonheur !!! Mais pas un bonheur édulcoré comme le proposent nos sociétés de consommation. Un bonheur bien souvent fondé dans la domination, le rejet de Dieu, l’argent, le pouvoir, la compétition, sans prendre en considération les laissez pour compte de notre société. Oui, l’homme est libre de choisir le bonheur ou le malheur, la liberté véritable ou l’esclavitude – bonheur illusoire. Tout dépend, s’il désire entrer dans le plan de Dieu ou non. Le discours des Béatitudes est situé dans l’évangile de Luc après l’appel des disciples par Jésus et des guérisons…ou si nous préférons après des actes posés par Jésus aux yeux de tous. Maintenant, il se tient sur un plateau – entre une monté et une descente – et s’adresse à eux et à la foule. Ils ont tous vu ou entendu ce qu’il peut faire, Ils sont dans un entre-deux : monter/descendre, vie/esclavitude, bonheur/malheur, faim/ rassasiés…

Il est temps maintenant pour Jésus de passer à une nouvelle étape, celle d’enseigner à partir des Béatitudes. Il interroge l’homme sur sa quête de bonheur, de vie. Inclut-elle le bonheur des autres ou reste-t-elle égocentrique ? Est-elle respectueuse de l’autre ou seulement ma personne compte ? Est-elle centrée sur la confiance en Dieu ou en l’argent ? Cette quête est-elle nourrie par la foi et l’amour de Dieu ou par une soif de pouvoir pouvant aller pour certaines personnes en arriver à croire qu’ils peuvent écraser les petits, si chers au cœur de Dieu, sans connaitre l’impunité ?

Dans une société, à l’époque de Jésus comme à notre propre époque d’une autre manière, où la structure politique, économique, et sociale oublie trop souvent ceux qui sont chers aux yeux de Dieu, à savoir les plus humbles, les plus pauvres, ceux qui ont faim de justice, ceux qui souffrent, ceux qui sont devenus les « invisibles » de nos sociétés, Jésus nous questionne sur notre vie, nos relation avec Lui et avec les hommes, et particulièrement avec ceux qui connaissent telle ou telle carence dans leur vie, blessures, douleurs… Jésus n’est pas ici pour faire la révolution des pauvres contre les riches. Le verset d’évangile qui suit le texte qui nous est proposé nous le rappelle : « nous devons aimer nos ennemis ». Jésus est un homme  de dialogue, de tendresse, de miséricorde et non de violence et fermeture. Il est celui qui nous offre son épaule dans les moments difficiles pour pouvoir y reposer sa tête, celui qui écoute, est présent, est avec le plus petit, celui qui n’a plus de voix ou de force face à l’injustice.

A l’homme de désirer vivre en vérité de l’esprit des béatitudes dans le quotidien de sa vie, dans sa relation à l’autre – dignité, justice, solidarité, fraternité… dans le partage juste du bien commun,… un monde où « l’amour du Christ nous presse » (2 Co 5,15).

Les Béatitudes nous invite à contempler combien Dieu est à l’écoute de l’homme dans sa propre histoire, ses faiblesses, ses cris …. En Lui, tout homme peut espérer en un monde juste et dire en toute confiance avec le psalmiste au psaume 33, 9.18 : « Heureux qui s’abrite en Lui, Pour les justes, les yeux de Yahvé, Ils crient, Yahvé écoute, de toutes leurs angoisses il les délivre. Proche est Yahvé des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus. » En lui notre bonheur, la vie.

Soeur Pascale Moisy o.p.   

La conversion des jarres

 

Aujourd’hui 11 février, nous fêtons notre Dame de Lourdes, et célébrons la journée mondiale des malades.

L’évangile qui nous est donné à lire, nous l’avons déjà lu il y a peu de temps, c’est celui des noces de Cana. Lors d’une fête, la mère de Jésus invite les serviteurs présents à faire « tout ce que Jésus leur dira ».

Or, que dit-il ? de remplir d’eau des jarres dédiées à la purification. Pas de problème, car elles sont là pour cela. Puis, il invite les serviteurs à puiser dans ces jarres. Le maître de maison, amené à goûter le contenu de ces jarres découvre que c’est du vin.

Voilà le miracle de Cana : le rituel, les gestes de purification ont trouvé avec le Christ leur accomplissement. Il ne s’agit plus de protocoles qui garantiraient la validité d’une célébration, mais de fête et de joie. Les jarres ont trouvé leur accomplissement quand elles offrent du (bon) vin aux convives.

Il n’est jamais trop tard pour entendre la force de ce texte. A la fin de l’évangile de Jean, nous retrouverons la mère de Jésus (qui chez Jean n’a pas de nom) au pied de la croix de son fils, avec le disciple bien aimé.

Le disciple en question n’a pas de nom, lui non plus. Manière de dire que nous pouvons écrire le nôtre sur son front. Il n’est plus question de vin. Mais du côté du Christ sortira de l’eau et du sang. Il achève par sa vie le retournement et l’accomplissement de tout rite : il est le nouveau vin du monde. Plongés dans sa vie donnée, dans son amour offert, nous pourrons puiser de quoi vivre : la force de donner à d’autres des mots de consolation ou un geste de douceur qui signifient ce que Dieu dit depuis le commencement du monde. Il veut la vie des hommes. « Dieu n’a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la mort des vivants » (Sg 1).

La maladie et le malheur insensés, (et Dieu sait qu’ils peuvent l’être) ne nous retire pas la capacité d’offrir à l’autre une manière de présence qui adoucit l’épreuve. Voilà le vin de la dernière heure que nous pouvons tirer de ces vieilles jarres que nous sommes si nous nous laissons transformer par ile Christ.

 

Sr Anne Lécu o.p.  

Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin

Dans cet Evangile de Luc, Jésus Lui qui est venu annoncer une Bonne Nouvelle n’est pas accueilli, parce qu’Il l’étend aux païens, à tous ; ce message d’Amour de Dieu est pour tout homme, ce qui n’est pas accepté et le conduira jusqu’à la croix.

 Tout au long de la Bible on découvre l’Amour sans frontière de Dieu pour les hommes. Il a envoyé des prophètes comme Jérémie qui a fait la même expérience 10 siècles plutôt que Jésus, qui dira lui-même : « nul n’est prophète dans son pays », « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. » Les disciples de Jésus à leur tour doivent s’attende à subir l’incompréhension  ou l’hostilité de leur entourage. L’amour nous dit Paul dans l’Epitre, supporte tout, il endure tout ; mais dans le livre de Jérémie Dieu nous dit : « je t’ai consacré », « lève-toi », « ne tremble pas devant eux », « je ferai de toi une ville fortifiée », « ils ne pourront rien contre toi », « je suis avec toi pour te délivrer. »

Jésus nous invite à rentrer comme Lui avec son Père, dans une relation avec Lui, enracinée en Lui, où comme Lui nous recevrons et puiserons la force de l’Esprit et de l’Amour du Père. N’oublions pas que de par notre baptême l’Esprit a gravé en nous trois missions : prêtre, pour attirer sans relâche tous les cœurs à Dieu, prophète, pour inventer mille manières de faire connaître l’Amour de Dieu, ses actions, sa Bonne Nouvelle par Jésus, et roi pour endosser, revêtir, le tablier de service et apprendre à devenir petit.

Dieu d’Amour et de Miséricorde, donne-nous de rester à l’écoute de ta Parole,

Qu’elle ne devienne pas une habitude dans nos vies, dans nos cœurs,

Qu’elle soit toujours source de Bonne Nouvelle et nouveauté dans nos vies par ton Esprit.

Qu’Il nous rappelle que Tu nous précèdes toujours, que Jésus ton Fils marche avec nous,

Nous ne sommes pas seuls.

Lorsque ton appel, Ta Parole nous heurte, nous est difficile, nous dépouille, nous fait rencontrer

L’hostilité, l’incompréhension, donne-nous par Ton Esprit de rester à l’écoute et fidèle,

De reconnaître et d’entendre les prophètes que tu nous envoies et d’abord Jésus,

Ta Parole Eternelle fait homme, venue dans notre vie pour nous dire combien nous sommes aimés,

Mort sur la croix pour nous sauver, et Ressuscité, auprès de Toi dans Ta Gloire,

qui nous ouvre un chemin vers Toi, une relation d’Amour avec Toi, Dieu notre Père, par Lui, conduit par l’Esprit Saint.

Toi dont rien ne peut t’empêcher de poursuivre ton plan d’Amour sur le monde, sur chacun : « mais lui passant  au milieu d’eux, allait son chemin . »  (Lc 4,30 )

Soeur Catherine Arrondel

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