LE DÉSERT : TERRE FÉCONDE

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                   Evangile Luc 4, 1-13

En ce temps de carême qu’on vient de commencer, nous avons besoin de nous laisser pousser au désert. La communauté de Luc nous place en face d’un scénario qui nous fait peur : La tentation.

Jésus vient d’être baptisé -c’est sa confirmation de Fils de Dieu- aussitôt poussé au désert par l’Esprit et comme Fils de Dieu, Il est soumis à la tentation. « Mon fils, si tu t’offres à servir le Seigneur prépare-toi à l’épreuve. »Siracide.2, v.1. La tentation : elle s’en va et revient, jamais nous nous délivrerons totalement d’elle. « Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s’éloigna de Lui jusqu’au moment favorable ».

Le désert est propice à la tentation et pourtant aussi à la conversion, c’est en faisant l’expérience des forces mauvaises que se produit le processus dans lequel on parvient à l’expérience de la rencontre avec Dieu. Là s’obtient une transformation, une confrontation de salut, ou la tentation nous amène à nous enfermer en nous-même, en acceptant la fourberie qui séduit l’âme, pervers système de ce monde. Par ailleurs, elle peut faire choc au plus profond de notre intime, et en même temps nous réveiller de notre endormissement et susciter notre engagement en faveur de la Vie.

Dernièrement la situation de scandale, dans l’église et la société, les différentes situations du monde qui attristent notre cœur et frappent notre esprit, sont des moments très durs de l’histoire, qui touchent les plus fragiles. Quoi dire ? Quoi faire ? «Ne suffisent que sois pur et juste notre cause.  Il est précis que la pureté et la justice habitent en nous» affirma dans un poème Agostinho Neto.

Dans le désert, Jésus nous apprend à nous relever de toutes tentations, de l’égoïsmeet de l’indifférence. De fait que la tentation est individuelle mais qu’elle aboutit dans le collectif, la conversion étant personnelle s’exprime et est vécue socialement. Donc nous sommes appelés à être « autre Christ » qui regarde et s’approche avec tendresse pour guérir ou soulager les blessures de ceux que nous rencontrons ; à être constructeur d’une société solidaire et miséricordieuse, comme le dit Sr Véronique MARGRON : « Notre espérance, c’est de croire qu’il est possible de faire face à la réalité … et là d’être déterminée à ce que le mal ne puisse avoir le dernier mot». D’abord dans la simplicité des petits gestes qui deviennent des grandes actions.  Aujourd’hui les personnes ont besoin de tendresse et de miséricorde, d’écoute, de compréhension. Dalaï Lama nous rappelle : « Seul la solidarité compassionchangera le monde »

Jésus nous apprend le soin pour les autres, car l’être humain c’est quelqu’un qui a besoin d’être soigné, accueilli, valorisé et de lui permettre aussi  de soigner à son tour ;  comme le dit Sr Marie Christine dans son poème à l’occasion de la fête des droits des femmes: « Mais soyons vigilantes, toujours en garde des obstacles qui nous font trébucher… soyons bien attentives, bienveillantes à nos sœurs, à ses cœurs abîmés. »

Que la force de l’Esprit présent en tout ce qui vit et respire nous amène à vivre avec humanité au milieu de nos frères et sœurs et créer un autre monde possible.

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Sr. Ruth Esperanza TORRES CABEZAS op.

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