Qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers.

Nous voilà aux portes de Jérusalem, acclamant Celui qui vient au nom du Seigneur. Saint André de Crète commente, « C’est nous-mêmes que nous devons en guise de vêtement, déployer sous ses pas ».

Nous voilà aux portes de Jérusalem, réclamant Barabbas, l’autre « fils du père », et laissant là, livré, Jésus, le véritable Fils du Père.

Dans la foule des disciples qui acclament son Seigneur, celui qui crie et que les pharisiens rabrouent, c’est toi, c’est moi. Et celui qui rabroue le petit peuple de Dieu, au nom de je ne sais quelle bienséance, c’est peut-être toi, ou moi.

Celui qui pose la main sur la table, et se prépare à trahir Jésus, qui est-ce ? demandent les siens ? Oui, serais-ce moi ? Jésus accepte son baiser, comme pour sceller l’amour plus fort que la trahison, non sans lui faire remarquer qu’il n’est pas dupe. Mais voilà. Le traitre est embrassé par son Sauveur. Alors, qui retourne quoi ? Est-ce Judas qui trahit par un baiser son ami, jeu pervers s’il en est ? Ou bien est-ce Jésus, qui acceptant jusque là la trahison, scelle la victoire de son amour plu fort que la mort ?

Oui suis-je et où sommes-nous chacun, dans cette foule bariolée qui conduit Jésus à la croix ? Avec Pierre, au coin du feu, en train de renier lâchement Jésus ? Avec Pierre, bouleversé par le regard du Christ, conscient soudainement de sa misère, qui pleure, mais malgré tout garde au fond de lui une espérance plus forte que son désespoir, nourrie de la promesse de Jésus : « Quand tu seras revenu, raffermis tes frères ! » ? Avec Hérode, qui n’en a rien à faire et se moque cruellement de Jésus ? Avec Pilate, convaincu de l’innocence du Christ, mais piégé, et lâche aussi, au point de le livrer à ceux qui le réclament pour avoir la paix ? Sommes-nous dans la foule qui crie « Crucifie le » ? Ou dans la foule qui pleure, effrayée de ce qu’elle voit se dérouler sous ses yeux ? Sommes-nous du côté des soldats, obligés de faire leur travail, et comme le centurion convaincu de l’innocence du Fils ? Sommes-nous Simon, requis pour porter la croix du Seigneur, alors qu’il n’a rien demandé ? ou les femmes de Jérusalem, qui pleurent après que Jésus a pleuré sur cette ville qui n’a pas su reconnaître celui qui la visitait ? Sommes-nous du côté des responsables du Sanhédrin, qui livrent le Christ à la mort, ou bien avec Joseph, l’un d’eux qui pourtant prend sur lui d’offrir au Seigneur un tombeau digne ? Ou peut-être sommes-nous de ces bandits crucifiés, dont on ignore tout du crime, bandits que le Christ a accepté de rejoindre, lui l’innocent par excellence, qui va mourir du côté des coupables, confondu avec eux, afin qu’ils ne meurent pas seuls ?

A l’heure où nous avons quelqu’idée de ce qu’un péché collectif signifie, si nous n’avons pas su faire de nos vies un tapis pour ses pas, oui, sans doute ne nous reste-t-il qu’à tomber à genoux, en mettant notre foi dans la foi de tous ceux qui nous ont précédés, elle-même enracinée, tenue, par la foi du Christ. Car il est plus sûr de notre foi que nous-mêmes. A l’heure où tout s’effondre, le contempler, c’est encore croire. Et Paul, dans son épitre aux Philippiens l’a assuré : même aux enfers, on tombe à genou devant le fils de l’homme élevé de terre.

Anne Lécu o.p.     

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « Qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers. »

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