Notre Dame

 

Notre Dame

Éditorial du 23 avril 2019 RCF.

Rarement dans l’histoire cette invocation aura-elle été prononcée, en quelques jours, des dizaines et centaines de milliers de fois, par les médias, les religieux et politiques du monde entier, les réseaux sociaux, et surtout par chacun de nous.

En cette Sainte Semaine, Notre Dame de toutes douleurs fut invoquée sans cesse. Car elle est de toutes nos causes : notre Dame d’Espérance, Notre Dame des larmes, notre Dame de grâce, Notre Dame des affligés… Elle est notre compagne en toutes choses, les noces comme les drames.

La nommer, c’est en appeler à sa présence, à sa protection. Car en ce monde si brutal, où au jour de Pâques, des chrétiens, au Sri Lanka, se font assassiner en célébrant l’amour de Dieu venu vaincre la mort, nous avons infiniment besoin d’une protection du dedans du cœur et de l’âme.

Deux choses nous sont nécessaires pour vivre, intimement comme socialement : des liens et des lieux. Des liens, amoureux, amicaux, familiaux, sociaux. Des liens qui nous reconnaissent parmi les vivants, nous donnent une place en ce monde pour exister. Dans ces liens, il y a Notre Dame, une femme qui a aimé Jésus, cet enfant, plus que quiconque, qui a chéri le Christ, cet homme, comme personne. Une femme de chair et de sang, compagne de toutes les femmes désespérées et combattantes, de toutes les humiliées qui refusent de se résigner.

Des liens donc. Mais des lieux aussi.

Notre Dame est de ces lieux, ici à Paris, comme il y a des dizaines de milliers de Notre Dame dans le monde. Notre Dame est alors cette adresse qui raconte nos racines et nous rappelle que nous venons de plus que nous-mêmes. La foi comme la beauté ne se font ni en un jour ni en mille. En ce lieu, la prière au Dieu unique, en toutes langues, s’est infiltrée en chaque pierre.

Notre Dame du monde, qui est à Paris comme elle est aussi à Port au Prince, à Alep ou à Colombo, notre Dame est toujours celle des pauvres que nous sommes, mendiants de liens autant que de lieux pour consoler et reposer notre âme.

Si Notre Dame attend son relèvement, elle implore qu’il en soit de même pour tous les grands brûlés, victimes de son Église, victimes de notre injustice ou de notre indifférence. Faisons-lui cette promesse.

 

Véronique Margron op.  

 

 

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