Ne mets pas la main sur moi

Bas relief copte que l’on peut observer au musée du Louvre de Lens.

 

Quoi de plus normal que cet évangile nous parlant de paix à l’approche des fêtes de l’Ascension et la Pentecôte ?

Pour chacun de nous, l’attente de l’Esprit se fait paisible. Ne nous méprenons pas. Il n’en est pas de même pour les Apôtres qui entendent ces paroles de Jésus avant sa passion. Marqués par l’angoisse, l’invitation à recevoir la paix et à rester fidèles raisonne bien différemment pour eux.

Jésus, libre intérieurement et sachant son heure proche, tente de se faire rassurant : « Je m’en vais et reviens vers vous ».Quel décalage entre les Apôtres et nous ! Ce qui est apaisant pour nous, devait être bien énigmatique pour eux. Jésus parle ainsi d’un accomplissement de sa présence, d’une présence nouvelle.

Mais il va falloir mourir pour vivre, partir pour être autrement présent. C’est l’histoire de Jésus, mais aussi l’histoire des Apôtres, la nôtre, toutes les nôtres.  Histoire de toute vie qui avance vers son accomplissement !

« Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père » : Quelle folie que cette force de la liberté et de l’amour vrai, authentique ! Laisser l’autre partir librement, quel choix authentique et apaisant que celui de ne pas mettre la main sur lui afin de le laisser être toujours ce qu’il doit être ! Et la paix est là, force et fruit : « c’est ma paix … ». Visage de Dieu toujours plus proche et Tout Autre.

Nous le savons, être libre, c’est aimer !! … mais en gardant la parole, Sa Parole ! Là est le cœur de cet évangile. De quelle parole s’agit-il ? Aucun doute, même si elle n’est pas citée ici, une évidence s’impose : « aimez-vous les uns les autres », à la manière de Jésus au pied de ses disciples, aimer en servant.

Seul « l’Esprit fait de nous des hommes libres ». Lui seul peut nous conduire à l’amour authentique, libre, qui ne s’accapare pas, ne met pas la main sur, ne retient pas à soi coute que coute. C’est l’expérience que les Apôtres feront, c’est aussi celle à laquelle nous sommes conviés par le Seigneur dans nos relations avec Lui et avec les autres. J’ose dire que je vois peut-être là, une clé de réflexion pour l’actualité. Vous l’avez compris, je pense à Mr Vincent Lambert.

Aimer ainsi librement à la manière de Jésus, vouloir que l’autre grandisse en liberté, c’est avancer dans la lumière. C’est, comme nous le dit la 1èrelecture, tirée du livre de l’Apocalypse, « être illuminé par la gloire de Dieu », prémices de la Jérusalem céleste dans nos vies.

… Et bonne fête à toutes les mamans ! Seigneur prends soin d’elles et aide-les à grandir en liberté intérieure afin que l’amour vrai illumine le monde chaque jour davantage !

soeur Elisabeth Lemière o.p.

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