Pentecôte

21 Arcabas Trinité
Eglise de St-Vincent de Paul à Grenoble
180 x 180 cm
Huile sur toile 21
http://arts-cultures.cef.fr/
ARTS CULTURES FOI… Des artistes exposent

Absence.

Depuis dix jours déjà le Christ ressuscité est remonté vers le Père. Perte encore. Nous avions dû faire le deuil de Jésus de Nazareth en cet hiver du Vendredi Saint. Du cœur de la mort, il était ressorti victorieux. Son corps à nouveau, autre, et pourtant le même, nous était rendu. Une voix, une manière d’aimer, les marques des clous aussi. Et puis, 40 jours plus tard il s’en retourne, définitivement, vers le Père.

N’avez-vous pas senti, depuis l’Ascension, comme un vide, un silence ? Pourtant notre cœur ne demeurait-il pas brûlant ?

La Pentecôte arrive alors tel un accomplissement. Il ne nous a pas laissés orphelins, il vient. Promesse d’une présence intime autant et universelle, du cœur de l’absence.

Jésus nous livre son secret. Il nous le confie, don intime et précieux qu’aucune puissance se saurait nous arracher : son Esprit de vie et de vérité est pleinement en nous. Pour tout temps.

Car nous sommes au début du temps, inauguré par la résurrection. Temps de l’amitié du Fils. À l’ami est promis qu’il accomplira des œuvres aussi grandes que le Fils. Lui aussi connaîtra le Père, est aimé de Lui, vit en Lui. L’antique promesse biblique « je serai avec toi » est accomplie. Dans l’absence, sa présence ne saurait nous manquer.

Mystère divin.

Mystère humain. « Je m’en vais et je viens vers vous ». La mort qui n’est pas que séparation mais aussi communion. « Il a rendu son dernier souffle », disons-nous souvent devant la mort d’un proche. Oui, le dernier souffle est donné mais non perdu. Il est transmis. Mystérieusement légué. C’est avec une infinie pudeur, crainte, que nous l’écrivons, tant des séparations peuvent être tragiques et inconsolables.

Mais la Pentecôte, pas plus que les autres mystères de notre foi, n’est affaire seulement religieuse. Se dit de l’essentiel pour l’existence. Le plus réel, secret parfois, discret toujours, est là, disponible : L’esprit du Fils, donné par le Père, ne peut faire défaut aux croyants, à tous et à chacun, comme le si singulier des visages aimés continu à se faire tangible du sein de leurs retraits. Un réel qui nous rend meilleur.

Mais notre évangile évoque une autre promesse. La liberté. L’esprit de vérité nous enseignera, nous fera nous souvenir de « tout ce que je vous ai dit moi ». Le Paraclet, le Défenseur, a autorité pour transmettre une Parole vivante qui se donne en partage. Le souffle de Dieu, présent à notre esprit, n’est pas répétiteur du passé ; mais créateur fidèle pour l’aujourd’hui de l’Église. À qui écoute est ainsi promis qu’il saura répondre. Là où il se trouve ; en sa propre histoire et sensibilité. L’Esprit nous rend libre pour répondre de la justice, de la paix et de la vérité. Humblement. Aucune incertitude n’est épargnée au croyant. Mais il cherche avec la sûreté du compagnonnage du Défenseur, du cœur des tâtonnements, des égarements peut-être. Il ne fera pas défaut à qui l’implore. Il est tissé avec l’intime de notre conscience. Nous pouvons alors nous aventurer, chacun dans sa langue, sans perdre le souffle ! Sa présence est définitive.

Véronique Margron op  

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