Solennité de la sainte Trinité

Parler de la Trinité parait pour nous un risque, car nous risquons de déformer dans nos pensées la réalité de la personnalité de Dieu, et de faire de Dieu une idole. Nulle part, nous ne trouvons la Trinité. Et pourtant, Notre Dieu est celui qui, par excellence, se veut en relation avec les hommes. C’est le Dieu de l’Alliance. Que nous enseignent les lectures de cette solennité qui occupent une place centrale dans notre foi ?

L’aspect trinitaire dans la prière : la prière est une participation dans la vie de la Trinité. La dimension du père dans la prière est notre transcendance. C’est un don de soi ; un amour. La dimension de l’Esprit est une imminence. Nous sommes conscients que l’Esprit n’est pas l’objet de la prière mais le sujet de notre prière. L’Esprit Saint nous rend capables de prier et d’appeler Dieu, notre Père, « Abba ». La dimension du Fils est la transparence et l’ouverture. Par nature les êtres humains sont ouverts. Cette ouverture, cette disposition est nécessaire et primordiale dans la rencontre et la  découverte de l’autre. Tout chrétien doit mettre le Christ au centre de sa vie. Jésus a le Père comme le centre de sa vie. Qui  est le centre de notre vie ? Si Jésus est le centre de notre vie, alors notre vie doit changer. Elle doit se transformer. Ainsi nous pourrons dire avec Saint Paul dans la lettre aux Galates, « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Gal.2 :20). La dimension trinitaire dans la prière nous invite à avoir une vie centrée sur l’amour du Dieu Trinitaire ; qui est notre « source de vie » fondamentale.

La Sainte Trinité est un mystère. Nous ne pouvons pas le définir, le décrire ou l’expliquer avec des mots humains. Nous pouvons seulement faire l’expérience. En ce sens, l’amour du Dieu-Trinité reste la clé pour comprendre le mystère de la Trinité. Jésus nous le rappelle dans ces paroles : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » (Jn 14 : 22-23). Jésus continue de nous révéler la nature de Dieu le Père et Dieu l’Esprit Saint. Il nous montre son Père comme un Dieu de compassion ; un Dieu miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. Il est un Dieu aimant. Jésus rappelle à la foule réunie, « Voyez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? […] Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, mon Père les revêt. Ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! Alors je vous le déclare : Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi nous allons-nous vêtir ? Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroit. » (Mt. 6 : 26-34).

Jésus nous a appris à prier ainsi, « Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne arrive, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6 : 9-10).

Il nous exhorte à la perfection : « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Considérez tous comme vos frères et sœurs et aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt. 5 : 43-48).

Jésus nous présente son Père comme un Père miséricordieux qui attend le retour de son fils et lui accorde un pardon sans condition, tout en l’accueillant non pas comme un serviteur mais son fils ; et supplie le fils aîné d’accueillir et d’accepter son jeune frère que « voilà était perdu et il est retrouvé ! ». (Lc. 5 : 11-32).

Quand l’apôtre Philippe demanda à Jésus, « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit ». Jésus a  répliqué, « Qui m’a vu a vu le Père. Croyez en moi ! Je suis dans le Père et le Père est en moi ». (Jn. 14 : 8-11).

Jésus nous rappelle dans l’Evangile de Jean que, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn.3 : 16).

Au baptême du Seigneur, nous avons la présence du Dieu Trinitaire. « Aussitôt baptisé, Jésus remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. » (Jn. 3 : 16-17). Toute chrétienne, tout chrétien est invité(e) à avoir son expérience personnelle de Dieu avant de commencer sa mission de la proclamation de la Bonne Nouvelle ; du message d’amour de Dieu miséricordieux.

Maintenant, posons un moment notre réflexion sur Jésus, la deuxième personne dans la Trinité. Paul nous présente le Christ crucifié d’une manière belle dans l’Epître aux  Philippiens en ces termes, « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus : Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans cieux, et que toute lange proclame, de Jésus Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2 : 6-11).

Méditons un tout petit peu sur le Saint Esprit. Il est le second plus grand don envoyé par le Père après Jésus. Il est le vent qui souffle, la langue de feu descendu sur les Apôtres et Marie la mère de Jésus à la Pentecôte. Il est le chemin et la force des Martyrs. Il est l’eau qui donne vie ; cette source intarissable ; celui qui nous fortifie. Il est le conseiller qui prend un total contrôle sur nous si nous nous mettons entièrement à sa disposition. Sommes-nous conscients que le Saint Esprit soit déjà au travail parmi les gens à qui nous prêchons la bonne nouvelle ? Pendant que Paul prêchait, le Saint Esprit ouvrit les cœurs des fidèles afin qu’ils puissent accueillir la Parole de Dieu. Avant de commencer notre prédication, l’Esprit du Seigneur agit en nous et dans nos interlocuteurs. Jésus continue de nous envoyer l’Esprit du Père pour que  nous soyons témoins de son amour jusqu’aux extrémités de la terre.

Aujourd’hui, nous faisons toujours l’effort avec la grâce de l’Esprit Saint de comprendre le mystère de la sainte Trinité en commençant et en terminant nos prières et nos rassemblements par « Au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». De même, le prêtre bénit l’assemblée lors des célébrations avec la prière suivante : « La grâce de Notre Seigneur Jésus, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec vous, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Sœur Catherine ZONGO   

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