La Parole qui divise

 « Pour ou contre ? »

                       Choisi par le Seigneur dès le sein maternel pour porter la Parole, Jérémie reconnaît son impuissance devant une telle mission « Je ne sais pas parler, je ne suis qu’un enfant ! », mais elle était en lui, comme un feu dévorant, la Parole du Seigneur ! « Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais ; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur… » Jr 15,16

            Jérémie s’est laissé séduire… le Seigneur a été le plus fort !

            Il porte la parole à un peuple qui refuse de l’entendre… Accusé de démoraliser Israël qui espère encore échapper à l’exil, il est persécuté… Jeté dans une citerne, condamné à la mort, c’est par un étranger qu’il est sauvé… un éthiopien, qui, lui, est à l’écoute du Seigneur !

            Non ! Israël n’échappera pas à l’exil… Le Seigneur qui conduit l’histoire a choisi ce moyen pour l’inviter à la conversion et sceller avec lui une Alliance Nouvelle : « Je mettrai ma loi au plus au plus profond d’eux même, je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

« Pour ou contre ? »

            « Le Christ, n’a pas été à la fois, ‘oui et non’, il n’a été que ‘oui’ ! »… la Parole même est venue  en notre monde… « Le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous. »

            « Oui » à sa propre identité divine : JE SUIS »…

Je suis le chemin, la vérité, la vie… Je suis la lumière du monde… Je suis le pain vivant… je suis la résurrection et la vie…

            « Oui » à sa condition de Fils Bien Aimé du Père… image du Dieu invisible et resplendissement de sa gloire… Dieu, né de Dieu, tellement uni au Père et nous accueillant en son mystère :  « En ce jour là, vous connaîtrez que je suis dans le Père, et moi en vous, et vous en moi. »

            « Oui » à sa venue en notre chair :  « Jésus, de condition divine, ne retint pas jalousement qui l’égalait à Dieu… devenu homme, reconnu homme à son aspect, Il s’est abaissé… »

            Et c’est la fidélité jusqu’au bout… jusqu’à la fin… à ce « OUI » par obéissance au Père, par amour pour nous, qu’Il a été persécuté, traité de fou, d’imposteur, qu’il est mort sur la croix…

 « Lui qui était sans péché, Dieu l’a, pour nous, identifié au péché !…

Pour ou contre ?

                        « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à ceux qui l’ont reçu, Il donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu… »

            « Bien aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu… » car Il nous a choisi dans le Christ dès avant la création du monde… pour faire de nous des enfants d’adoption…

            Au jour de notre baptême, d’autres se sont prononcé à notre place : je crois… je renonce…

Il nous appartient, maintenant, de ratifier ce choix… de prendre position, d’être pour ou contre, de vivre en « oui » à la suite du Christ..

            Le Seigneur sème la division car la Parole de Dieu, donc la présence même du Christ, Verbe fait chair, est tranchante !

            Il sème la division dans le monde, entre nous, en nous…

            Le bien que j’aime, je ne le fais pas et le mal que je hais, je le fais !

            Et malgré tout, nous sommes le corps du Christ !

            Nous le savons bien : sans Lui, nous ne pouvons rien faire ! Mais…

                                   « Je puis tout en celui qui me fortifie. »

            20ème dimanche T.O    18 août 1919                        Sr Michel de la Présentation

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Luc 12, 35-40

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins ; et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maitre à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera a la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maitre, à son arrivée ; trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autours des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux vont-ils ! Vous le savez bien : si le maitre de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez- vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

L’évangile de ce dimanche nous invite à découvrir l’espérance de Dieu au cœur de notre propre vie, au quotidien. Pour cela, comme Jésus le disait à ses disciples « restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins et vos lampes allumées ». Par son Fils, Dieu le Père nous a dévoilé son Royaume. Par la mort du Christ et sa résurrection, le Royaume est là, il est tout proche. Cependant, si nous espérons sa venue, ces deux paraboles nous rappellent comment s’y préparer : c’est tout simple : rester en tenue de service, la ceinture autour des reins et les lampes allumées, c’est-à-dire demeurer sans cesser à son service, annoncer sa Parole, en témoigner chaque jour dans le quotidien… être vigilent. Personne ne sait à quel moment le Maitre de maison ouvrira pour nous les portes du Royaume afin d’y entrer et participer à la noce. Jésus ne nous enseigne pas une morale, il nous annonce simplement quel est notre vie de croyant après avoir revêtu le Christ.

Le Seigneur nous espère éveillés, éveillés sur les souffrances de ce monde. A nous d’être revêtus de son amour et sa miséricorde. Il ne nous demande pas d’être passif face aux évènements douloureux et injustes que vivent nombreux de nos frères et sœurs. Au contraire, il nous demande, comme Lui l’a montré à ses disciples par le lavement des pieds (Jn 13, 4-5), à nous mettre humblement à leur service afin qu’ils puissent retrouver leur dignité d’homme et de femme. Ainsi se laisse percevoir peu à peu son Royaume. Car ce Royaume qu’il nous promet et qu’il nous invite à construire dès ici-bas est un Royaume où règne la paix et la justice, le respect, l’amour et la miséricorde. Ainsi pourrons-nous rencontrer Dieu face à face dans le visage de chacun de ceux qui retrouveront la joie de vivre et la paix en attendant sa venue finale lorsqu’il viendra frapper à la porte de chacun le moment venu.

En attendant, ne perdons pas notre temps, soyons vigilents ! Comme le disait Jésus à ses disciples, ne nous endormons pas, gardons nos lampes allumées. Face à un monde en recherche d’espérance, de fraternité, l’amour de Dieu demeure notre force. Par la victoire de la vie sur la mort, la victoire de l’amour sur la haine se dévoile le Royaume de Dieu, se révèle Dieu à notre monde.

La vigilance si chère à notre Seigneur ne peut se vivre sans la conversion du cœur tout au long de notre vie jusqu’à sa venue lors de notre mort. Nous ne savons pas l’heure mais nous savons qu’il peut venir à chaque instant. Alors ne nous éteignons pas peu à peu en l’attendant, mais vivons dès maintenant comme signe de sa résurrection dans chaque rencontre que nous faisons, par un geste de tendresse ou un regard plein d’amour et de miséricorde….

                                               Sr. Pascale MOISY

                                               Capture d’écran 2019-02-17 à 12.38.47

Clôture du chapitre général

En ce jour de fête pour notre Ordre, nous célébrons notre père saint Dominique.

en Colombie à Bucaramanga, il est 16 h, quand il est 23 h à Paris, et les soeurs ont célébré ce matin la fin du chapitre.

Soeur Maria Escayola préside l’Assemblée de clôture :

Et l’on peut voir ci dessous les préparatifs de la fête.

Bon retour à chacune de nos soeurs. Merci à Véronique de nous avoir envoyé quelques photos ! Merci aux lecteurs du blog de nous avoir soutenues, par l’amitié et la prière.

Dernière ligne droite pour le chapitre général

Les soeurs continuent de travailler au chapitre général, et nous leur souhaitons bon courage pour la dernière ligne droite. A la suite du chapitre, les prieures provinciales et le nouveau gouvernement général se réuniront quelques jours supplémentaires.

Les nouvelles qu’elles nous envoient sont bonnes, et l’atmosphère très sympathique, ce qui est déjà beaucoup.

 

Sur la photo ci dessous, Sister Deepa, prieure provinciale de l’Inde raconte la collaboration avec les laïcs dominicains devant le chapitre et des représentants des laïcs op engagés ds la congrégation en Amérique Latine.

La mesure de nos jours

«  Apprends nous la vraie mesure de nos jours, que nos coeurs pénètrent la sagesse » (Ps 89)

 

Sans aucun doute, un des éléments les plus marquants de l’Evangile de Saint Luc, proposé par la liturgie de ce Dimanche, est celui de la modestie, de la prudence de Jésus.

Comme dans d’autres occasions, Jésus marche au milieu d’une foule, mais voilà qu’à un moment donné un homme sort de cette foule et s’adresse à lui avec une certaine confiance en lui demandant d’intervenir dans une question d’héritage : « Maitre, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ».

Cet homme est convaincu que Jésus est juste, il a beaucoup de raisons pour penser qu’il est un juge juste, capable d’indiquer clairement la solution la plus conforme à la justice…Toutefois, nous constatons que Jésus n’accepte pas de répondre à cette demande el qu’il dit : « qui m’a établi pour être juge ou pour faire vos partages ? »

En s’exprimant ainsi, Jésus veut faire comprendre qu’il respecte la compétence de chacun. En réalité il a bien conscience d’avoir une mission bien plus importante que celle de rétablir la justice dans des questions d’héritage et qu’il n’est pas venu dans ce monde pour être un juge ou un médiateur dans un tribunal, raison pour laquelle c’est avec modestie et sagesse qu’il refuse de répondre à l’invitation que cet homme lui fait.

Par sa  manière d’agir, Jésus nous laisse un grand enseignement : savoir respecter toujours les limites de notre rôle et de nos compétences ; ne pas croire que nous sommes si intelligents au point de pouvoir apporter des solutions à toutes les questions qui peuvent nous être présentées à différents niveaux.

Jésus profite de l’occasion que représente cette question, pour accomplir sa mission qui consiste à inviter  les  personnes qui l’écoutent à chercher le Royaume de Dieu et non les biens matériels. Il ajoute donc : « Gardez-vous  bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. »

 Cette mise en garde est vraiment nécessaire, car il nous est difficile de nous tenir éloignés de toute avidité. Il nous est tout à fait naturel de chercher à toujours plus posséder. Dans la vie quotidienne, nous trouvons un certain bonheur dans les biens matériels et nous  cherchons à accumuler toujours plus de richesses. Et à vrai dire, lorsque nous ne pouvons pas le faire, nous sommes envieux de ceux qui sont plus riches que nous. Il faut reconnaitre qu’en cela nous ne sommes pas meilleurs qu’eux, car nous manifestons les mêmes tendances.

Pour nous libérer de la cupidité, Jésus nous fait réfléchir sur le caractère éphémère des biens matériels, sur l’insatisfaction dans laquelle ils nous placent. La richesse ne préserve pas de la fatalité de la mort. Lorsque survint l’heure de celle-ci, il est de peu d’importance d’être riche ou pauvre, et en réalité, au cours de la vie, la recherche égoïste de la richesse rend pauvre et malheureux  sur le plan de la vie spirituelle.

Pour détacher ses auditeurs de cette recherche effrénée, Jésus prend l’exemple d’un homme riche qui croit être heureux car il a fait une bonne récolte et se sent sûr de lui. Il se dit en lui-même : « Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. » Mais cela n’est pas possible car cette nuit même il doit mourir. Le riche ne le sait pas encore mais Dieu lui dit : « Tu es fou : cette nuit même on te redemande ta vie… et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? »

Jésus reprend ici l’enseignement du livre de l’Ecclésiaste que nous avons dans la première lecture de ce jour. Dans ce passage, l’auteur insiste sur la vanité de la quête de la richesse: « En effet, que reste-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. »

 

Dans la seconde lecture, Saint Paul nous indique plus clairement ce que nous devons chercher avec insistance : « Recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre ». En d’autres termes, Jésus nous invite à porter tout notre intérêt sur ce qui a une vraie valeur : la justice, l’amour, la charité, la vraie fraternité. Notre vie doit être toujours inspirée par les deux commandements de l’amour : aimer Dieu de tout notre cœur et aimer notre prochain comme Jésus lui-même l’a aimé. Telle est la valeur essentielle de notre vie ;  tout le reste doit être subordonné à la recherche du progrès dans l’amour !

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez op