La mesure de nos jours

«  Apprends nous la vraie mesure de nos jours, que nos coeurs pénètrent la sagesse » (Ps 89)

 

Sans aucun doute, un des éléments les plus marquants de l’Evangile de Saint Luc, proposé par la liturgie de ce Dimanche, est celui de la modestie, de la prudence de Jésus.

Comme dans d’autres occasions, Jésus marche au milieu d’une foule, mais voilà qu’à un moment donné un homme sort de cette foule et s’adresse à lui avec une certaine confiance en lui demandant d’intervenir dans une question d’héritage : « Maitre, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ».

Cet homme est convaincu que Jésus est juste, il a beaucoup de raisons pour penser qu’il est un juge juste, capable d’indiquer clairement la solution la plus conforme à la justice…Toutefois, nous constatons que Jésus n’accepte pas de répondre à cette demande el qu’il dit : « qui m’a établi pour être juge ou pour faire vos partages ? »

En s’exprimant ainsi, Jésus veut faire comprendre qu’il respecte la compétence de chacun. En réalité il a bien conscience d’avoir une mission bien plus importante que celle de rétablir la justice dans des questions d’héritage et qu’il n’est pas venu dans ce monde pour être un juge ou un médiateur dans un tribunal, raison pour laquelle c’est avec modestie et sagesse qu’il refuse de répondre à l’invitation que cet homme lui fait.

Par sa  manière d’agir, Jésus nous laisse un grand enseignement : savoir respecter toujours les limites de notre rôle et de nos compétences ; ne pas croire que nous sommes si intelligents au point de pouvoir apporter des solutions à toutes les questions qui peuvent nous être présentées à différents niveaux.

Jésus profite de l’occasion que représente cette question, pour accomplir sa mission qui consiste à inviter  les  personnes qui l’écoutent à chercher le Royaume de Dieu et non les biens matériels. Il ajoute donc : « Gardez-vous  bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. »

 Cette mise en garde est vraiment nécessaire, car il nous est difficile de nous tenir éloignés de toute avidité. Il nous est tout à fait naturel de chercher à toujours plus posséder. Dans la vie quotidienne, nous trouvons un certain bonheur dans les biens matériels et nous  cherchons à accumuler toujours plus de richesses. Et à vrai dire, lorsque nous ne pouvons pas le faire, nous sommes envieux de ceux qui sont plus riches que nous. Il faut reconnaitre qu’en cela nous ne sommes pas meilleurs qu’eux, car nous manifestons les mêmes tendances.

Pour nous libérer de la cupidité, Jésus nous fait réfléchir sur le caractère éphémère des biens matériels, sur l’insatisfaction dans laquelle ils nous placent. La richesse ne préserve pas de la fatalité de la mort. Lorsque survint l’heure de celle-ci, il est de peu d’importance d’être riche ou pauvre, et en réalité, au cours de la vie, la recherche égoïste de la richesse rend pauvre et malheureux  sur le plan de la vie spirituelle.

Pour détacher ses auditeurs de cette recherche effrénée, Jésus prend l’exemple d’un homme riche qui croit être heureux car il a fait une bonne récolte et se sent sûr de lui. Il se dit en lui-même : « Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. » Mais cela n’est pas possible car cette nuit même il doit mourir. Le riche ne le sait pas encore mais Dieu lui dit : « Tu es fou : cette nuit même on te redemande ta vie… et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? »

Jésus reprend ici l’enseignement du livre de l’Ecclésiaste que nous avons dans la première lecture de ce jour. Dans ce passage, l’auteur insiste sur la vanité de la quête de la richesse: « En effet, que reste-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. »

 

Dans la seconde lecture, Saint Paul nous indique plus clairement ce que nous devons chercher avec insistance : « Recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre ». En d’autres termes, Jésus nous invite à porter tout notre intérêt sur ce qui a une vraie valeur : la justice, l’amour, la charité, la vraie fraternité. Notre vie doit être toujours inspirée par les deux commandements de l’amour : aimer Dieu de tout notre cœur et aimer notre prochain comme Jésus lui-même l’a aimé. Telle est la valeur essentielle de notre vie ;  tout le reste doit être subordonné à la recherche du progrès dans l’amour !

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez op   

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