O Dieu, monte toi favorable au pécheur que je suis

L’évangéliste Luc en 15, 2  écrit : «  Tous les collecteurs de taxes et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’entendre. Les pharisiens et les scribes maugréaient : Il accueille les pécheurs et mange avec eux ! ». Luc signale que ces auditeurs, aux attitudes d’écoute opposées, étaient bien connus de Jésus. Dans la parabole qu’il nous offre ici, (Luc 18,9-14), Jésus veut amener ses auditeurs du moment à se situer en vérité face à eux-mêmes et devant la justice de Dieu.

La  scène est localisée au temple où chacun est monté pour parler au même Seigneur.

Le pharisien, debout, ce qui est la posture normale de la prière, mais, qui ici, tend à souligner l’orgueil de sa certitude  d’être juste, prie en lui-même : « Mon Dieu, je te rends grâce… », la belle formule liturgique de louange qui introduit sa prière, lui donne l’illusion d’être entré dans la relation  avec le  Dieu de l’Alliance. En fait, il prie « devant lui-même », car  son motif de rendre grâce, le centre sur lui-même. Il n’a rien à demander ; il se construit par ses œuvres parfaitement accomplies ; Il s’estime totalement fidèle à la loi et il en rajoute même aux observances, puisqu’il jeûne et s’acquitte de la dîme bien plus que ce qui est prescrit…

Bref, il semble ne rien connaître de la sainteté du Seigneur qui  remplit ce temple de la rencontre ! Une telle suffisance et autosatisfaction le comble de mépris pour les autres hommes qu’il juge moralement coupable tel le publicain monté en même temps que lui.

Celui-ci  « se tient à distance ». Peut-être se garde-t-il du regard du pharisien, et surtout  se sait-il  indigne de s’avancer dans ce haut lieu de sainteté divine. Mais il est là, avec pour toute offrande sa misère qu’il exprime de ses mains nues, dans le geste du pécheur.  Il vient mendier un regard de miséricorde, lui « qui n’ose pas lever les yeux » tant la conscience de son péché est aigüe. Il s’abandonne à la bonté du Père qu’il  connait, peut-être, par l’enseignement de Jésus.

Les deux hommes n’ont pas de nom ; ils sont moi, ils sont nous, ils sont les deux en nous !

Et Jésus veut réveiller les auditeurs que nous sommes, en nous exhortant à affiner la conscience que nous avons de notre être pécheur, à examiner la manière dont nous nous percevons face a notre Dieu,  la vérité de l’estime  que nous portons aux frères et à nous-mêmes : «  Je vous le déclare… qui s’élève sera abaissé et  qui s’abaisse sera élevé »

Dans sa magnifique simplicité et justesse, la belle prophétie de Michée, accompagne notre méditation «  On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer avec tendresse, et marcher humblement avec ton Dieu »  Mi 6,7.

 

Soeur Viviane Martinez op

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