Avent

Le mot Avent vient du latin Adventus qui signifie Avènement. Et qui dit avènement, dit nécessairement un évènement qui peut être la venue de quelqu’un ou de quelque chose. L’ensemble des textes  de ce premier dimanche de l’avent attirent notre attention sur la venue d’un jour. Mais de quel jour s’agit-il ? Le prophète Isaïe nous dit dans la première lecture qu’il s’agit des derniers jours où « le Seigneur rassemblera toutes les nations dans la Paix éternelle du Royaume de Dieu». Dans ce texte, Isaïe nous dit qu’il viendra un jour où après avoir épuisé toutes les ressources des sciences, de l’économie et de la politique, les hommes comprendront enfin qu’ils ont vraiment besoin de Dieu. Ce jour-là, ils diront : « Venez ! Montons à la montagne du Seigneur, à la maison de Jacob ! Qu’il nous enseigne ces chemins et nous suivrons ses sentiers » (Is 2, 3). C’est lorsque toutes les nations accepteront d’écouter la Parole de Dieu et de la mettre fidèlement en pratique, que notre monde connaîtra la Paix véritable. Le jour où tous les hommes écouteront véritablement Dieu, la voix des armes se taira pour faire place à celle de l’amour. Toutes nos forces et nos armes de combat seront converties en outils de travail comme le voudrait Dieu dans cette vision d’Isaïe : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre ».Vivement qu’arrive ce beau jour que nous souhaitons toutes pour notre monde d’aujourd’hui balloté par toutes sortes de tempêtes.

Dans l’attente de ce Jour, Saint Paul nous invite dans la deuxième lecture à sortir de notre sommeil en nous conduisant honnêtement comme on le fait en plein jour, sans débauche, ni gourmandise, ni ivrognerie… C’est malheureusement ce que faisaient les gens au temps de Noé : « en ces jours-là, dit l’Evangile, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait… Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis. » (Mt 24, 38).

On serait tenté de dire mais qu’ont-ils fait de mal ? Jésus ne dit pas que ces gens du temps de Noé étaient forcement mauvais. De fait, manger, boire et se marier sont des besoins essentiellement humains et normaux. Mais, ce que Jésus reproche à ces contemporains de Noé, c’est le fait qu’ils se sont laissés surprendre par la catastrophe : « Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis ».

Jésus leur reproche la superficialité de leur attitude, la légèreté et l’insouciance avec laquelle ils menaient leurs vies. Ils croyaient que leur vie terrestre durerait toujours et ils ont oublié la fragilité de la condition humaine. C’est ce que font beaucoup de gens aujourd’hui. Ils vivent sans penser à leur fin, comme s’ils étaient maîtres incontestables de leurs vies. Ils entreprennent des projets sans tenir compte de Dieu, ni des contraintes du temps et de la vie qui ne nous appartient pas.

C’est pourquoi Jésus nous dit aujourd’hui : « Veillez et soyez prêts car vous ne savez pas quand ces événements peuvent se produire ». Voici le cœur du message de l’Avent. Le chrétien doit rester éveillé et se préparer à toutes les éventualités, non pas par crainte ou par peur, mais parce qu’il veut utiliser le temps à sa disposition pour construire une société qui tienne compte de la présence de Dieu, le seul qui peut maintenir l’équilibre de notre vie et de notre monde soumis à toute sorte de catastrophes.

Voilà le sens du temps de l’Avent. Un temps qui nous est donné pour construire un monde plus juste, plus humain et plus fraternel ; un temps pour relire notre vie et l’orienter vers « La Venue du Seigneur ». 

L’avent est surtout un temps d’attente. Mais comment devons-nous attendre ? Nous devons  faire en sorte que cette attente ne soit pas passive mais active. Il s’agit pour chacun d’agir de sorte à donner un sens noble à son existence et à tout ce que nous faisons. Comme l’affirmait notre Pape émérite Benoit XVI que je cite : « si notre temps n’est pas rempli par un présent doté de sens, l’attente risque de devenir insupportable. Si notre présent reste vide et passif, chaque instant qui passe apparaît exagérément long, et l’attente se transforme en un poids trop lourd, parce que l’avenir reste tout à fait incertain ». Vivons-donc intensément ce temps de l’Avent en posant des actes qui ont une valeur d’éternité et nous serons toujours sereins, prêts à répondre à l’appel de Dieu à tout instant.

 

Que Dieu nous donne la force de rester toujours vigilants pour ne pas être surpris par la venue du Maître, Lui qui est venu, qui vient et qui reviendra dans les siècles et des siècles. Veillons , car nous ne savons ni le jour ni l’heure ».

Fructueux Temps de l’Avent à vous chacune et à toutes !

 

 Sœur Patricia YAMEOGO