Quand Jésus appelle

L’évangile de ce dimanche nous invite à tourner nos regards vers les débuts de la vie publique de Jésus et de sa prédication. Jean le Baptiste s’efface par son arrestation pour lui laisser la place. Le temps des promesses cède à l’accomplissement de toutes les prophéties. Dieu par son Fils parle désormais avec son peuple en direct, sans intermédiaire. Jésus annonce que le Royaume de Dieu est tout proche, il est même là. Le Royaume s’est davantage approché des hommes, il vient dans notre monde, dans la réalité de chaque homme, là où il vit. C’est lui Jésus qui manifeste cette proximité de Dieu par son action. Dans ce texte il commence tout de suite, car le contenu de sa prédication est la libération de l’homme. Il guérit les malades et toute infirmité du corps. Il va initier les disciples qu’il appelle à venir derrière lui à cette mission. Sortir les hommes de ce qui les entrave vers la vie nouvelle qu’il inaugure par sa présence. Il prend Pierre et son frère André, ainsi que les deux fils de Zébédée comme collaborateurs de ce nouveau projet. De pêcheurs de poissons, il fera d’eux des pêcheurs d’hommes pour le Royaume qu’il annonce. De la mer à la terre, les nouveaux appelés laissant tout derrière eux, (le métier, la famille) suivent le nouveau Maître ; il va leur apprendre non seulement comment pêcher des hommes, mais surtout comment nouer une relation forte avec Lui, celle de la confiance qui implique un changement de vie, de regard sur le monde, autrement dit, une conversion, l’unique condition pour entrer dans le Royaume. Tirer les hommes de la terre vers le Royaume, c’est leur donner le salut.

Aujourd’hui encore, le Seigneur choisi des collaborateurs pour l’accomplissement de sa mission. Il appelle chacun, chacune de nous.

Sommes-nous d’accord pour tout quitter pour lui ?

 

Sœur Henriette Kaboré op    

 

 

 

 

C’est lui le Fils de Dieu

 

       OUI, J’AI “VU” ET JE RENDS CE TEMOGNAGE : C’EST LUI LE FILS DE DIEU  

 

Alors que nous venons de quitter le temps de Noël, en célébrant dimanche dernier la fête du baptême du Seigneur et que nous sommes entrés dans le cycle liturgique du Temps Ordinaire, la figure de Jean le Baptiste continue à nous accompagner. En effet nous écoutons de nouveau aujourd’hui le Précurseur qui parle de Jésus. D’ailleurs, ces paroles rapportées au début de l’évangile de Jean sont reprises dans chaque célébration eucharistique lorsque nous nous préparons à recevoir le corps du Christ:  » Voici l’Agneau de dieu qui enlève le péché du monde ».

Le Messie qu’il avait annoncé, pour qui il avait préparé le chemin est là, il s’avance au milieu de la foule. C’est Jésus de Nazareth. Il est vrai que  rien ne distingue Jésus des autres, mais Jean, inspiré d’en haut, reconnaît en lui le Messie, l’Envoyé de Dieu, et il en témoigne. Si Jésus, qui est l’Agneau de Dieu, enlève le péché du monde, c’est parce qu’il porte ce péché : autrement dit, Dieu, en la personne de Jésus, est venu s’unir à chacun de nous, il est venu toucher chacun de nous, en tout ce qui fait notre humanité, afin de réveiller, de stimuler et de porter vers le haut les talents, les  bonnes aspirations que nous avons au creux de nos vies, afin de guérir, de sauver, et d’abolir l’obscurité cachée au fond de notre cœur.

Historiquement, et humainement Jean a été conçu et il est né avant Jésus.  Mais en réalité, théologiquement parlant, Jésus vient  d’ailleurs. S’il peut nous sauver, c’est parce qu’il est plus qu’un homme. Si nous reprenons la méditation de son prologue, Jean l’Évangéliste nous redit la  « préexistence  » du Verbe par qui tout a été fait « , éternellement né du Père, Jésus reprend l’acte créateur. Ainsi donc, l’univers pourri par le péché, meurtri par toutes sortes de violence, empoisonné par le non-amour, va être « re-créé » de fond en comble.

 » Je ne le connaissais pas  » dit Jean-Baptiste, et pourtant c’était son cousin. Nous non plus, nous ne connaissons pas Jésus, tant que nous restons  seulement sur le plan humain.

 Alors, Jean rendit ce témoignage : j’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit:  » l’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint ».

Derrière l’apparence banale de cet homme de Nazareth, tout un mystère se cache. Il est oint, consacré, imprégné. L’Esprit de Dieu est descendu sur lui et demeure en lui. Présence ignorée, cachée, méconnue. Je ne le connaissais pas… Il est venu chez les siens dira l’Evangéliste, et les siens ne l’ont pas reconnu. ( Jean 1,5.10 ). A notre tour, nous qui prétendons parfois connaître Jésus, nous n’aurons, en fait, jamais de cesse de le découvrir. Il faut nous faire tout petit, tout pauvre, tout ouvert à la révélation.

Par son prologue, Jean l’Evangéliste nous avait d’emblée entrainés au sommet : Jésus est le Verbe fait chair ; la lumière du monde ; le Fils unique de Dieu-Père que personne n’a jamais vu ; le Fils de Dieu sur qui descend et demeure l’Esprit ; celui dont parlent la Loi et les Prophètes.

Ce contexte éblouissant, qui durant trois ans “brûle”  littéralement toutes les étapes de la lente découverte par les disciples de la véritable identité de Jésus, nous avertit que nous ne pouvons pas rester à une lecture  superficielle et anecdotique de la Parole de Dieu, mais qu’il faut vraiment nous laisser transformer par elle, dans le quotidien de notre existence,  pour faire de ce temps liturgique « ordinaire » un temps « extraordinaire »  de rencontre avec le Seigneur et avec tous nos frères.

Hier nous avons commencé la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le Christ  révélé par Jean, doit être notre unique lumière. Demandons au Seigneur que nos divisions entre chrétiens n’empêchent pas les autres de  voir cette lumière et de se laisser guider par elle.

Soeur Maria Fabiola Velasquez  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

,

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser Jésus nous sauver

Mosaïque du père Marko-Yvan Rupnick
Basilique ND du Rosaire – sanctuaire de Lourdes

 

La semaine dernière nous fêtions l’Epiphanie, la manifestation de Dieu comme petit enfant faible et roi universel.

Cette semaine, la fête du baptême du Seigneur complète celle de l’Epiphanie en manifestant cette fois-ci la divinité de Jésus et non plus son humanité. Théophanie, « manifestation, révélation de Dieu » ; c’est bien cela qu’il s’agit de célébrer aujourd’hui. Il nous faut adorer Dieu fait homme dans sa divinité qui se révèle à nos yeux.

Alors que sur les rives du Jourdain Jésus demande à Jean de le baptiser dans le fleuve, celui-ci ne manque pas de lui répondre, stupéfait de sa demande : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ».

Pourquoi Jésus se ferait-il baptiser par Jean ? Ce baptême est une démarche de conversion, une façon de préparer son cœur à la venue du Messie.

Pourquoi Jésus, le Messie, l’agneau sans tâche, agirait-il ainsi ? N’est-ce pas plutôt moi, Seigneur, qui dois me retourner vers toi, faire le premier pas, t’ouvrir mon cœur ? N’est-ce pas à moi d’apprendre à aimer ?

Telle est la grande œuvre de Jésus : accomplir toute justice en prenant notre place, en prenant sur lui nos péchés, et, ainsi, nous faire entrer dans la vie même de Dieu. Jésus prend sa place dans la file des pécheurs, décidés à changer de mentalité et à produire des fruits de conversion, et qui demandent pour cela d’être immergés dans le Jourdain par le Baptiste.

Scandale : celui que Jean avait annoncé et qu’il venait de définir comme « plus grand que moi » lui demande le baptême ! OUI, répond Jésus, c’est ainsi « qu’il convient que nous accomplissions toute justice. »

La justice de Dieu est cette cohérence particulière par laquelle Dieu réalise sa miséricorde envers nous, hommes pécheurs, pour manifester son dessein universel de Salut, et Jésus en est le médiateur. C’est là une étonnante et  surprenante œuvre d’amour, fruit d’un cœur libre, aimant, obéissant.

Ce « petit » baptême d’eau, que Jean-Baptiste accepte de donner, annonce déjà le grand baptême de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ. Celui-là même dans lequel nous sommes plongés au jour de notre propre baptême.

Comme Jean, laissons-le nous sauver. Laissons-nous aimer par Lui en nous ouvrant à Lui. Telle est notre part. Nous entrerons alors un peu plus avant dans la vie de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.

Le baptême du Christ nous rappelle, à nous aussi, que par notre baptême, par la grâce de son Esprit, Dieu continue de nous murmurer jour après jour : « Tu es mon fils ».

 

Sœur Claudine Perquin op  

 

Nous avons vu son étoile

Nous avons vu son étoile à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur. (Mt 2, 1-12)

Nous voici le jour de l’Epiphanie, fête qui signifie : « Révélation » ou « manifestation », c’est à dire « Dieu se laisse voir », Dieu se montre à l’homme dans la personne de Jésus. L’Epiphanie, dans un sens profond, est l’annonce du salut pour tous les hommes. Cette fête a pris importance dans l’Eglise dès le XIIe siècle, et l’Evangéliste saint Matthieu, est l’unique à rapporter la visite des mages venus d’orient, pour adorer l’enfant.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode…

Hérode semble être né pour régner et dominer. L’historien juif Flavius Joseph, le décrit comme un homme intelligent et passionné, tyran, comme quelqu’un qui vivait seulement pour ses intérêts, n’hésitant pas à se défendre au prix du sang. Hérode toujours a cherché à préserver son prestige, sa sécurité, et son pouvoir. Voilà l’homme qui a reçu l’annonce par les mages, de la naissance du « Roi des juifs ». Matthieu met en scène la royauté terrestre avec Hérode et la royauté divine, avec Jésus, le roi promis par Dieu. Le Roi des juifs n’était qu’un petit enfant humble et impuissant. Jésus est le Roi qui est venu non pour être servi, mais pour servir (Mt 20, 28). Matthieu utilisera à nouveau cette expression « Roi de juifs » pour sa crucifixion. Jésus : Roi de sa naissance à sa mort.

Or, voici que des mages venus d’Orient…

Qui sont ces mages ? D’abord, les mages n’étaient pas du peuple élu. Leur pays d’origine demeure imprécis, saint Matthieu les dit « venus d’Orient ».  Certains pensent qu’ils sont rois, trois rois : Melchior, Gaspar et Balthazar. Mais les évangélistes ne disent rien de ça.  Sûrement le chiffre trois est dû aux trois présents qui ont été apportés.  Les noms Melchior, Gaspar et Balthazar, n’apparaissent qu’au VIIe siècle.

Le moine anglais Bède, dans « Exposition  in Matthaei Evangelium », indique l’origine de ces trois mages. Les mages représenteraient les trois continents : L’Asie, l’Afrique et l’Europe, c’est-à-dire le genre humain. Ils sont trois comme les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. C’est à partir de ces trois fils que toute la terre fût peuplée. (Gn. 9,18-19).

Quelle que soit l’origine, les noms, le nombre, ce qui est important, c’est que Dieu rencontre l’homme, il se manifeste à tout homme, sans tenir compte de son origine et sa condition ; et c’est à l’homme de savoir écouter et comprendre les signes par lesquels Dieu se manifeste. Les mages ont vu dans l’étoile une manifestation, ils se sont mis en route, et sans le savoir, sont allés annoncer à Hérode la  Bonne Nouvelle de la naissance du Roi des juifs.

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Le prophète Isaïe, l’avait annoncé « Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière » (Is.9.2). Il évoque ainsi la lumière que Dieu apporte et qu’il est lui-même. La lumière de Dieu ne peut que produire de la joie dans le cœur de chaque homme, la lumière ne peut que conduire à la vérité, à la vraie clarté.

Tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui…Ils ouvrirent leurs coffres et lui offrirent de l’or, de l’encens, et de la myrrhe.

Pas de paroles des mages, au moment de la rencontre de Jésus, « le Roi de juifs », seulement des gestes : « Tombant à ses pieds » avec ce gestes des mages, ils reconnaissent avec humilité la grandeur de Dieu. Les visiteurs portent des présents, qu’ils avaient pris pour le petit roi : de l’or, de l’encens, et la myrrhe. L’or, métal précieux par excellence, synonyme de beauté, de richesse et de gloire : En Jésus, il honore le roi. L’encens, qui dégage une fumée odorante qui s’élève et se répand par tout, est synonyme de prière et adoration : Il manifeste la divinité de Jésus. La myrrhe, parfum précieux, utilisé pour les noces et des ensevelissements : ainsi ce parfum évoquait-il l’humanité de Jésus destinée à la mort et sa sépulture.

Dieu veut nous sauver de la tyrannie de ce monde, pour cela il se manifeste à l’homme de tous les temps,  et nous sommes invitées à méditer sur les desseins de Dieu, pour l’humanité. Et pour nous sauver, il envoie son unique Fils.

 

Sr Maria Esperanza OLARTE-MATEUS.OP