Un rêve fait d’eau

Le Pape François dans son exhortation apostolique post-synodale « Chère Amazonie », utilise ce sous titre, pour parler de la grande richesse que représente l’eau dans ces régions.

En lisant cette exhortation, j’ai vu dans l’Evangile de ce dimanche : « La rencontre de Jésus avec  une femme de Samarie », comme un fil rouge pour mieux nous faire comprendre, le sens de la rencontre dans l’annonce de l’Evangile aujourd’hui.

Les quatre rêves dont parle le Pape : Un rêve social, un rêve culturel, un rêve écologique et un rêve ecclésial, nous pouvons les analyser à la lumière de ce texte.

Nous ne pouvons pas ici, prétendre  tout voir, mais je voudrais vous partager le rapprochement que je vois avec ce rêve culturel.

Sur ce texte, mieux connu sous le titre de « la Samaritaine », beaucoup de commentaires ont été faits. Nous savons déjà que le milieu culturel de Jésus et celui de la Samaritaine étaient opposés. Il ne pouvait pas y avoir de rapprochement entre eux. Des différences qui séparent : une femme, un homme, les lieux de culte et la compréhension du culte, « où adorer », par exemple.

Malgré cela, il y a un lieu et un rêve qui les unissent. Le lieu est le puits de Jacob, vénéré de tous les deux et le rêve de l’eau.

Jésus rêve de désaltérer sa soif. Il est fatigué de la marche, c’est le plein midi, il fait très chaud. Je peux imaginer sa joie en voyant une femme s’approcher du puits, avec les moyens nécessaires pour puiser l’eau. Pour la femme c’est un rituel quotidien d’aller au puits. Elle et les siens ont besoin d’eau.

Jésus ose rompre les protocoles déjà établis. Il lui adresse la parole ; il lui fait part de son besoin. L’étonnement de la Samaritaine enclenche le dialogue. Elle lui rappelle les barrières qui les séparent.  En quelque sorte, elle remet Jésus à sa place.

Mais Jésus va plus loin. Du besoin physique d’eau, il l’emmène vers le vrai rêve qui l’habite elle, même si elle n’en a pas conscience.

Cette femme porte en elle le rêve de nourrir sa soif spirituelle, sa soif de comprendre. Sa soif d’une rencontre avec elle-même en vérité, dans sa réalité de femme,  de membre d’un peuple, d’une tradition.

Jésus et la femme vont rentrer dans un profond dialogue et Jésus va l’entrainer sur le lieu du culte qui est le sien à lui : « Adorer le Père en esprit et en vérité », c’est-à-dire entrer dans une relation personnelle avec Dieu, le Vrai, celui qui peut combler sa soif spirituelle.

La femme fait part à Jésus de son désir de  recevoir  l’eau vive qu’il  lui propose. En effet, elle ne veut plus avoir à venir au puits : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser ». Le quiproquo est total.

Alors Jésus va lui faire une demande très particulière : « Va chercher ton mari ». C’est là qu’elle va prendre pleinement conscience de la singularité du personnage qui est là devant elle : Jésus la connaît. Il sait que sa vie  n’est pas tout à fait conforme à sa tradition et pratique religieuse.

Mais elle comprend que face à elle il y a quelqu’un qui lui veut du bien. Et voilà le grand signe, elle court au village en laissant la cruche. Son premier besoin devient secondaire devant  la grandeur de la rencontre qu’elle vient de faire.

Elle ne peut pas garder cela pour elle et  sans crainte ni pudeur,  elle partage cette rencontre.

Jésus n’a pas calmé sa soif, il n’a pas obtenu de cette femme l’eau qu’il avait demandée, mais cette femme est rentrée chez elle en sachant maintenant où puiser l’eau vive.

Voilà pour moi, un véritable exemple d’évangélisation. L’annonce de l’expérience de Dieu dans nos vies doit commencer par rejoindre l’autre dans sa propre réalité culturelle de penser et d’agir.

Je voudrais finir avec ces mots du pape François dans l’exhortation apostolique « Chère Amazonie » n° 67 : « Une foi qui ne se fait pas culture est une foi non pleinement accueillie, non pleinement pensée, non fidèlement vécue » et le n° 68  qui est une reprise d’Evangelli Gaudium « la grâce suppose la culture, et le don de Dieu s’incarne dans la culture de la personne qui le reçoit ».

Je nous souhaite, pendant ce temps de carême, de méditer cette exhortation apostolique à la lumière de ce beau texte d’Evangile.

 

Sr Amanda Mancipe

Une réflexion au sujet de « Un rêve fait d’eau »

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