Voici, je viens, pour faire, ô Dieu, ta volonté

Le Christ entre dans Jérusalem acclamé par des personnes dont on ne sait si demain elles le pleureront ou si elles seront sur la place pour réclamer sa mort. Mais aujourd’hui nos rues sont vides et nous l’acclamons sans rameaux et peut-être bien sans enthousiasme.

La distanciation physique que nous éprouvons ces jours-ci vient nous atteindre au cœur de ce qu’elle la foi chrétienne. Le Christ est relation. Il est l’entre-nous de nos vies. « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là ».

Beaucoup d’entre nous sommes tendus entre la peur pour nos proches dont nous sommes désormais loin, l’angoisse pour ceux qui sont malades, et un violent sentiment d’impuissance.

Peut-être est-ce là qu’il faut nous tenir à l’orée de cette semaine sainte unique en son genre, au sein de cette impuissance, pour rejoindre le Christ qui entre dans Jérusalem. Car lui, le tout proche, le toujours proche, vient nous visiter dans nos éloignements comme il vient accompagner les habitants de Jérusalem dans leur ambivalence. Nous ne pouvons pas venir à lui, il vient à nous. Mais n’est-ce pas justement toute l’histoire de sa vie ?

Il vient rejoindre l’impuissance des hommes, se garer là, au milieu de nos inquiétudes, et s’y tenir, pour toujours. Il n’est plus dès lors ni question de péché, ni question de rite, ni question de prédication. Encore moins de triomphe.

 

L’office des lectures nous a donné ce matin le magnifique chapitre 10 de l’épître aux Hébreux

« En entrant dans le monde, le Christ dit : ‘‘Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation, mais tu m’as façonné un corps. Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. Alors j’ai dit : Voici, je viens, pour faire, ô Dieu ta volonté […] C’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

[…] Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. L’Esprit Saint, lui aussi, nous l’atteste dans l’Écriture, car, après avoir dit : ‘‘Voici quelle sera l’Alliance que j’établirai avec eux quand ces jours-là seront passés’’, le Seigneur dit : ‘‘Quand je leur donnerai mes lois, je les inscrirai sur leurs cœurs et dans leur pensée et je ne me rappellerai plus leurs péchés ni leurs fautes’’. Or, quand le pardon est accordé, on n’offre plus le sacrifice pour le péché ». (10,4…18)

 

Il nous reste d’y croire.

Il sera temps demain, plus tard, de confesser la résurrection de toute chair. Pour l’heure,

Il nous reste de nous tenir là, dans le silence et la solitude, dans ce grand silence pendant lequel le Père retient son souffle pour accueillir celui de son Fils. Il nous reste d’entrer dans la prière de Dieu, chacun comme il peut, pas à pas, pour veiller le Christ et à travers lui toutes celles et ceux qui dans la solitude, le silence et la nuit s’éteignent.

 

Anne Lécu op      

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