Viens, consolateur souverain

 

Viens, Esprit-Saint,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.
Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.
Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.

Tous, d’un même coeur

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus , et avec ses frères » Ac 1, 14.

Aujourd’hui dernier dimanche du temps pascal, Jésus est parti au ciel vers le Père, les Apôtres se retrouvent dans la solitude et le vide comme ils l’ont déjà expérimenté au moment de la mort en croix du Maître.

Mais leur solitude est habitée d’une double expérience celle de la présence terrestre de Jésus et celle si particulière de la résurrection. Il n’est pas difficile d’imaginer tout ce qui peut leur passer par la tête, aussi bien dans leur histoire collective, groupe des douze, que dans leur histoire personnelle.

Je pense particulièrement à Pierre : à sa proclamation de foi en Jésus, son émerveillement à la Transfiguration, son reniement et sa déclaration d’amour inconditionnel lors d’un dernier dialogue avec Jésus ressuscité. Et encore à la douce présence de Marie, sans doute apaisante au milieu des souvenirs qui s’entrechoquent dans la tête de tous, elle aide, car elle en a fait l’expérience, à vivre ce temps qui s’ouvre plein d’inconnus : comment aller porter cette Bonne nouvelle au monde entier, pour accomplir les dernières volontés de Jésus réaffirmées au moment de son Ascension ?

Dans ce temps de grande vacuité, non seulement liturgique, mais encore sociale crée par la crise sanitaire, réentendre la prière de Jésus à son Père, pour essayer d’entrevoir quelle sera la vie d’après pour chacun des futurs témoins de la vie, la passion et la résurrection de Jésus, peut éclairer nos pas et assurer notre marche incertaine.

Se réapproprier ces mots si denses de sens, un testament spirituel pour ancrer définitivement en eux l’assurance que Jésus est venu d’auprès du Père pour que « tout être de chair » reçoive la vie éternelle. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». La prière de Jésus est encore plus explicite : Moi, je prie pour eux, ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi ».

Un dimanche qui rejoint singulièrement, l’aujourd’hui de chacun, nous ne savons rien ou presque de l’avenir qui nous attend personnellement et en Eglise, dans ce monde de l’après pandémie que nous venons de vivre. Une chose est sûre nous devons changer et traverser la crainte qui voudrait nous saisir ; mais la prière de Jésus nous invite à vivre entre mémoire et espérance, continuité et peut être rupture pour reprendre inlassablement le chemin qui conduit au bonheur, la rencontre du Père.

Il me semble qu’il est bon et c’est ma conviction, en ce moment, où l’Esprit nous est promis de s’accrocher aux paroles de Jésus, là seulement est l’unique espérance de voir que la vie n’est pas terminée, le chemin n’est pas disparu, la mission est toujours là et qu’il est possible de balbutier au plus profond de nous-même, « Abba, je viens vers toi ».

Dans un contexte bouleversé je crois que les relations tissées au jour le jour, dans la confiance, le respect et la douceur de la foi partagée quand c’est possible, sont préludes de cette vie éternelle auprès du Père.

Encore une fois Jésus ressuscité, glorifié dans ton ascension auprès du Père Envoie à ce monde que tu aimes tant ton Esprit Saint !

Monique Colrat op  

Quelle présence dans l’absence ?

Concrètement parlant, aussi bien dans le passé que par les temps que nous vivons aujourd’hui, nous constatons qu’aucun fondateur ou fondatrice d’une oeuvre, ne peut espérer que celle-ci se perpétue, si ses « disciples »n’accueillent pas son message dans un esprit d’amour compréhensif, de fidélité à la tradition qu’il est en train d’innover, ainsi que dans une dynamique d’obéissance à ses premières intuitions.

Toutefois, loin de brider les forces de créativité et d’éteindre les initiatives qui peuvent survenir au cours de l’histoire, une telle fidélité suscite nécessairement une adaptation à la vie.

Etant donné en particulier ce que nous vivons actuellement, je suis  convaincue, peut être  plus qu’auparavant, que vivre de l’esprit et de  l’exemple d’un fondateur, permet vraiment de surmonter les difficultés et les épreuves qui se présentent dans la vie quotidienne, pour avoir la sagesse, le courage et la force d’aller de l’avant sur le chemin emprunté, avec réalisme, audace et espérance, à l’exemple des premiers disciples de Jésus.

Avant de retrouver vers son Père, Jésus avait donné mission à ses Apôtres d’être ses  témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’ aux’ confins de la terre (Ac 1,8).. .. C’est dans ce sens alors que Philippe, à la suite d’une persécution qui ravage l’Eglise de Jérusalem descend en Samarie et y baptise tous ceux qui croient en Jésus. Afin de confirmer l’authenticité de cette évangélisation, Pierre et Jean se déplacent pour aller imposer les mains aux nouveaux baptisés, pour leur conférer le don de l’Esprit, et pour achever ainsi leur initiation chrétienne.

La  deuxième lecture nous explique de quelle manière les premiers chrétiens se heurtent  à la calomnie et à la persécution de leurs adversaires ; mais comment aussi,  Pierre leur indique la ligne de conduite à tenir: ils ne doivent jamais renoncer à témoigner de leur foi et de l’espérance qui les habitent. Ils doivent toujours réagir avec douceur, respectant leurs ennemis. En agissant de cette manière, ils imiteront de près le comportement de Jésus au moment de sa passion.

Certes,  c’est avec une bonne pédagogie que Jésus  fait progressivement pénétrer ses disciples dans la réalité de la foi.  D’ailleurs, pour les rassurer dans leur engagement,  au moment de les quitter, il leur promet de rester présent parmi eux. C’est pourquoi il implore filialement de son Père, l’envoi de l’Esprit: celui-ci ouvrira les yeux de leur foi pour les établir dans la communion de pensée et d’amour qui lie le Père et le Fils. Mais concrètement, pour les disciples, quel est le chemin à suivre dorénavant?  Jésus leur dit clairement:  » Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements ».

Il est fort intéressant de constater qu’après leur avoir souvent  demandé « qu’ils croient « en lui, Jésus  demande aux disciples  de  » l’aimer ». D’ailleurs, rappelons-nous que ce thème revient souvent au cours du dialogue d’adieux. Nous remarquons également que  » l’amour » est lié à l’obéissance, parce qu’aimer Jésus, c’est observer dans la pratique ses commandements et garder fidèlement ses paroles.

Nous avons tous l’expérience que lorsqu’on aime quelqu’un, on « sent, on perçoit » ce qui lui ferait plaisir, et sans aucune contrainte on fait tout pour lui faire plaisir, pour accomplir sa volonté…

Moi, je prierai le Père…

Sans aucune impression de contrainte, Jésus est totalement soumis au Père, dans une attitude d’amour filiale fidèle. A aucun moment durant sa vie, il ne se met au centre du monde, bien au contraire, Jésus faisait toujours référence au Père, raison pour laquelle aussi, souvent il le prie.

Et Il vous donnera un autre Défenseur, qui sera pour toujours avec vous: c’est l’Esprit de vérité

C’est curieux de constater que parmi les évangélistes, Jean est le seul a nommer le Saint Esprit comme un « défenseur ». Ce mot traduit un mot grec de la langue juridique. Le « Parakletos » dont on a fait « Paraclet » signifie « celui qui est appelé près de quelqu’un pour le défendre »… en d’autres termes:  « l’avocat, le conseiller, le consolateur, le défenseur ».

Nous devons remarquer aussi que ce « défenseur » est aussi lié à la « vérité »…donc, le procès dans lequel les disciples sont engagés, et nous aussi aujourd’hui  dans tout ce que nous vivons, c’est en vérité le procès de Dieu.

 BONNE ROUTE  POUR  L’ASCENSION….

                                                                      Heureux chemin pour LA PENTECÔTE

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez     

Le bon pasteur et les mercenaires

Jésus est bon pasteur. « Bon », non comme une appréciation moralisante, paternaliste. Il est le bon pasteur car sa bonté est primordiale, essentielle, elle qui ne peut être découragée. Par trois fois, le récit le dit : il se dessaisit de sa vie, non comme un défi ou pire un goût du morbide. S’il affronte la mort, c’est pour ceux qu’il aime, il « met sa vie dans la paume de sa main » tel le petit berger David qui met sa vie en jeu pour défendre les brebis de son père Jessé (1 S 17, 34 ; 19, 5). Au contraire des faux bergers, des mercenaires qui exploitent le peuple. Rappelons-nous le chapitre précédent : l’aveugle-né, chassé de la synagogue et traité de menteur et de pécheur par les pharisiens qui préfèrent leurs certitudes à la vérité, leurs prérogatives à la vie retrouvée de cet homme perdu dans la nuit depuis sa naissance.

Drames d’aujourd’hui, comme d’hier et de toujours : faire du bien pacifiquement n’augure pas d’une existence qui coulerait des jours tranquilles. Dans beaucoup d’endroits du monde, de la violence, de la calomnie se déchaînent trop souvent. Pourtant nous affirmons, opiniâtres, sans nous voiler le cœur, que l’avenir l’emportera. Car c’est ce qu’annoncent le tombeau vide, la croix déjà, d’où coulent le sang et l’eau. Est-ce pour cela que la proximité avec le Christ nous apprend ce mystère de l’existence ? Que la mort est au cœur de la vie et non à son terme seul. La vie peut alors devenir – redevenir – vivante, ouverte, en affrontant la mort, au-dedans. La vie qui jaillit à travers la mort et devient, maintenant, pépite de vie divine.

Il s’agit de rester dans le creux de la main du berger. Car lui jamais ne nous quittera, roc de notre humanité. Rien ne peut nous séparer de son amour, de son amour qui fait du bien et jamais ne nous utilise. Il connaît chacun par son nom, avec tout ce que nous sommes. Il sait lire en nos cœurs, en nos peurs, en nos ombres, avec une infinie bonté. Rien ne l’effraie, veilleur inquiet du bonheur des siens.

 

Un chemin si nous le voulons : apprendre à reconnaître sa voix, unique parmi mille autres, en nous mettant à l’écoute de sa Parole par les Écritures, par le témoignage de la foi. Alors nous pourrons identifier les mercenaires qui profitent de nos incrédulités, de nos peines, de notre malheur, pour nous livrer à des loups modernes, y compris en prétendant venir à notre secours. Le bon pasteur mène à la liberté, eux à la dépendance, à la perte du désir, de la confiance intime. Voilà aussi pourquoi « il y a d’autres brebis ». Jésus va voir ailleurs, pour offrir à tout un chacun son amour, sa sûreté. Invitation à faire de même : sortir. Dehors, à l’air libre. « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » prophétisera Caïphe, décidé, avec les grands prêtres et les pharisiens, à le tuer. (Jn 11, 51) L’unité tend désirée par Jésus ne ressemble pas à une colonne militaire. Mais à des mains qui se serrent, se soutiennent, se respectent. Et demeurent ouvertes, accueillantes.

Véronique Margron, op.